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 ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?

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Senju Kamakiri
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Senju Kamakiri


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MessageSujet: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeDim 12 Avr - 10:34


SENJU KAMAKIRI

Moine Ermite

Nom : Senju
Prénom : Kamakiri (Anciennement Inari)
Âge : 22 ans
Sexe : Masculin
Classification : Moine, Ermite

Principales qualités : Enthousiaste, passionné, intuitif
Principaux défauts: Irresponsable, imprévisible, têtu

Taille : 193,1
Poids :89,4
Groupe Sanguin : B

Rang Ninja : A
Grade : Indépendant
Capacité Spéciale : Mokuton (木遁 - Libération de bois), est l'art de manipuler le bois et plus généralement les arbres. C'est un Kekkai Genkai, un pouvoir héréditaire, propre au Clan Senju.
Affinités : Suiton, Doton & Katon
Spécialités: Kekkai Genkai (Perfection), Ninjutsu (Expertise), Senjutsu (Maîtrise), Fuinjutsu (Base)


Village : Aucun
Nindo : La vie est une aventure, alors mieux vaut être bien préparé.

DESCRIPTION
Décrire une personne n'est pas un exercice aisé, mais décrire Senju Kamakiri est un exercice tout bonnement impossible ! Une personnalité aussi complexe ne saurait être dépeinte dans son intégralité et c'est comme si un nouveau jour apportait de nouvelles facettes à sa psyché. Je veux bien essayer, mais après des jours à vous narrer son histoire…

Le plus simple serait de commencer par son physique et quel physique d'ailleurs, difficile de ne pas le remarquer. Grand, plutôt charmeur et musclé, il aurait tout d'un apollon si seulement les choses de l'amour l'intéressaient réellement. Attention qu'on se le dise, il y a fort à parier que Kamakiri ait eut plus de conquêtes que le Daimyo n'a de maîtresse, mais il ne saurait dire s'il a été amoureux un jour ou même ce que cela signifie. Pourtant un châtain aux yeux ambrés comme celui-là ça ne court pas les rues, il hérité du charme incontestable de sa mère. Au contraire de cette dernière il ne s'en sert pas pour arriver à ses fins, ou pas consciemment en tous cas, le Senju n'en est tout bonnement pas conscient. Pour lui, et lui seulement, ce n'est que le banal vagabond qui vit d'aventures et de saké. Encore une fois c'est plus complexe que ça… mais dans les grandes lignes ce n'est pas si éloigné de la réalité. Kamakiri porte une tenue de ninja comme on en voit peu, entre un style décontracté et traditionnel, il a su garder la tenue des moines du Temple du feu même si celle-ci ne lui ressemble plus. Au fil de ses voyages il a parfait cette tenue de babioles récupérées ici et là. Le résultat est surprenant, mais tout bonnement parfait. C'est à croire que lorsqu'on a décidé de faire absolument tout ce qu'on veut, que ce soit de sa vie, de son destin ou de sa tenue vestimentaire, on est détaché du regard des autres et de leur jugement. Libéré de ce fardeau, Kamakiri révèle une saisissante insouciance et une joie de vivre inconditionnelle.
Oh bien sûr comme tout à chacun il a cette partie sombre en lui, insidieuse, elle se manifeste quand on le pousse à bout… mais si ça arrive, alors c'est que vous avez vraiment fait quelque chose d'impossible pour le mettre en rogne. Vraiment. Non, mais vraiment, vraiment. Kamakiri prend tout avec légèreté et philosophie, ce n'est pas que ça ne le touche pas, non, simplement il préfère positiver et garder les idées claires. Il a toujours eu une certaine maîtrise de ses émotions, même à son plus jeune âge, c'est bluffant de réalisme d'ailleurs. Un trait de sa personnalité qui s'est un peu plus accentué au contact des moines du Temple du Feu. Lesquels lui ont enseignés la méditation pour se recentrer et se détacher des entraves, mais ils lui ont aussi appris à préparer de la viande sécher et différencier un saké d'un autre. Tout est toujours en deux teintes avec Kamakiri et ça offre une personnalité haute en couleur. Par exemple il aime manger, comme on dit : mieux vaut l'avoir en photo qu'à table. Pourtant il lui arrive durant ses voyages de jeuner pendant plusieurs jours et même s'il se rattrape allégrement une fois à une table, il incarne toutes les oppositions à la fois. Ombre et lumière. Lune et soleil. Pain au chocolat et chocolatine… on s'égare. C'est en cela que Kamakiri est un être à part, parce qu'il est tout simplement impossible de le catégoriser ou de réellement saisir l'intégralité de sa personnalité. Imaginez une explosion de couleurs, toutes les couleurs, ajoutez-y des étoiles, un peu de paillettes et quelques nuages en guimauve et peut-être, en insistant sur le peut-être, que vous aurez une esquisse de sa personnalité.
Au fond on ne sait jamais qui est Senju Kamakiri et il use et abuse en révélant souvent une nouvelle facette de sa personnalité. Surprenant donc, mais aussi et surtout imprévisible, ce qui dans son cas relève à la fois du défaut et de la qualité. Trop souvent cela le pousse à enfreindre les règles, lesquelles il prend un malin plaisir à contourner. Irresponsable ? Oh que oui, mais à contrario on peut toujours compter sur lui pour trouver de l'aide. À vos risques et profits bien sûr, cependant vous ne devriez pas le regretter – ou pas trop en tous cas. Et de toutes façons dès lors que vous lui avez parlé de votre problème il fera tout pour vous aider, c'est qu'il est buté et têtu lorsqu'il s'y met. Kamakiri sait faire de ses défauts des qualités et inversement, car cet enthousiasme débordant est parfois trop. Il le doit à sa passion pour la vie et les choses simples. Pour lui une journée réussie c'est une aventure pleine de surprises et de rebondissement, une bonne bouteille de saké et un bon repas juste avant le tomber de rideau. Prenez le risque de le suivre dans l'une de ses quêtes et vous découvrirez alors un monde insoupçonné dont vous ne pourrez plus vous passer. Guidé par son instinct, il se laisse porter par le courant et agit sur le moment plutôt que de prévoir. L'avenir est trop incertain pour être défini, alors il préfère ne pas y penser et profiter de l'instant présent. Quand bien même Kamakiri saurait qu'il mourrait demain qu'il se lèverait de son lit et partirait pour une nouvelle épopée dont lui seul a le secret.

En résumé je dirais que Kamakiri est un personnage surprenant et complexe, il vous faudra surement des années pour le cerner, mais pendant ce temps il vous aura prouvé maintes fois qu'il est un homme de confiance. Oh bien sûr il vous aura fait regretter au moins tout autant cette confiance, cependant au final dans la balance ça penche du bon côté. Puis qu'est-ce que c'est quelques ennuis pour une aventure inoubliable ? Kamakiri n'a qu'une chose à l'esprit : vivre sa vie comme il l'entend, sans entraves.

HISTOIRE
Le Pays du Feu regorge de paysages verdoyants et idylliques où l'on trouve des structures qui semblent toujours avoir été là, comme le méconnu Temple du Feu. Un lieu de culte et de prière oui, mais aussi de maîtrise de soi et d'entraînement. Les résidents de ce temple ne sont pas appelés "Moines Ninjas" sans raison, ils ont d'ailleurs pour vocation de protéger le pays. Non pas comme un fier ninja de Konoha qui terrasserait ses ennemis par la force, mais plutôt comme un guide spirituel qui connait tous les secrets du Ninshû. Œuvre architecturale d'un autre temps, le Temple du Feu est peut-être plus ancien encore que Konoha. L'entrée est gardée par un Tengu Corbeaux et un Yamabushi qui ne sont rien d'autre que des statues, mais qui impressionnent par leur simple présence. Plus hautes encore que l'immense porte du temple. Néanmoins ce n'est pas en cela que ce lieu est unique en son genre. En effet, le Temple du Feu est protégé par un puissant Ninjutsu Barrière : Sceau du Mur de Fer. Une puissante défense qui n'a encore jamais été brisée. Maître des lieux et portant le titre de "Moine en Chef", Jûro est au service du Temple du Feu depuis trente-trois longues années maintenant. Cela remonte à loin, mais un jour où il a franchi les portes de ce temple, jamais plus il n'a pu en repartir. Une époque où le monde était en guerre et où vendre sa lame au plus offrant était un métier certes dangereux, mais des plus rentable. Seulement cela eut un coût et Jûro ne put endurer la torture psychologique que cela lui infligeait. Encore aujourd'hui même après toutes ces années il voit le visage de ses victimes. Comme son prédécesseur aimait à lui rappeler "Veille sur ces âmes, un jour tu les rejoindras. C'est ton fardeau.". Shinran aimait parler en énigmes et disposait d'un immense savoir. Jûro aurait aimé en apprendre plus à ses côtés, mais alors âgé de cent-onze ans il s'est éteint paisiblement dans son sommeil. Certains pensaient que cette longévité lui venait de sa méditation des plus investie, alors que d'autres le disaient héritier du Clan Uzumaki.
Jûro aime à penser que ce temple l'a accueilli et que Shinran l'a guidé à travers les tourments de son passé. C'est à son tour aujourd'hui, mais sa patience est souvent mise à rude épreuves et il n'a pas la sérénité de son défunt mentor. Une fois encore il va devoir garder son calme, car un invité particulier s'est installé dans le temple.

— Qu'est-ce que…

Sous les yeux écarquillés de Jûro, un cochon de bois traverse le hall d'entrée dans un couinement aigüe résultant du frottement du bois, mais des plus réaliste. L'animal s'empale dans un mur pour stopper sa course, puis se relève pour tourner à droite et disparaitre dans un couloir. Une seule personne est capable d'une telle chose à la connaissance du Moine en Chef : Senju Kamakiri. Moine il n'en a que le titre dorénavant, mais jadis lui aussi priait et s'entraînait dans ce temple. Jûro laisse échapper un soupir avant de rejoindre sans se hâter la grande salle. Là, il aperçoit le jeune homme installé sur l'échine d'un dragon taillé dans le bois. Une œuvre somptueuse et presque aussi vieille que le temple. Maintes fois rénovée et indissociable de ce lieu. C'est d'ailleurs l'un des fondateurs de Konoha qui l'a sculpté, lui aussi un héritier des Senju.

— Kamakiri, quelle surprise, aux dernières nouvelles tu courrais après les rumeurs du Pays des Démons, lance Jûro d'une voix forte qui porte alors qu'il se fige en bas du dragon.
— Oni no Kuni est ennuyeux à mourir, soupir Kamakiri qui se relève avec lenteur. Puis j'avais oublié comme il est bon de revenir chez soi.
— Parce que tu considères encore cet endroit comme chez toi ? À la bonne heure, moi qui pensais que ce serait plutôt un bar ou un bordel.


La réplique de Jûro peut faire rire, mais c'est bien un reproche que le moine lui fait là. Sakazuki esquisse malgré tout un sourire, heureux de retrouver son ami et mentor. Tout comme ce dernier, lui aussi un jour s'est égaré et a finalement trouvé sa place dans ce temple – plutôt à mi-temps ces dernières années.

— Tu m'as manqué Jûro, lance Kamakiri avec sincérité et respect. La récolte se passe bien ? J'ai aperçu les moines dans les bois, je n'ai pas voulu les déranger.
— Évidemment, sinon tu aurais été obligé de les aider,
soupir Jûro qui affiche malgré lui un sourire. C'est bon de te revoir mon garçon, tu restes au moins pour le déjeuner ?
— Et même plus, je suis là pour quelques semaines, peut-être même davantage.


Surprenant pour un esprit aussi dissipé que celui du jeune Senju. Habituellement il passe un jour ou deux, si ce n'est que quelques heures. Puis repart à l'autre bout du monde dans une nouvelle quête dont lui seul a le secret. Une vie enviable c'est vrai, mais Jûro aime la tranquillité de ce temple. Particulièrement aujourd'hui alors que ses frères sont à la récolte du miel. Cela étant il n'est pas exempté de tâches et doit encore préparer le repas.

— Raconte moi tout ça en cuisine, tu veux ? Un peu de compagnie ne me fera pas de mal, dit finalement Jûro pour obtenir l'aide du jeune homme.
— Deviendrais-tu sociable mon ami ? Moi qui pensais que tu aurais préféré être seul encore un peu, répond Kamakiri qui s'amuse de la situation.
— Oui, mais un coup de main ça ne se refuse pas et puis tu sais bien que je ne me lasse jamais de tes aventures.

Le compliment aura au moins le mérite de faire descendre Kamakiri de son perchoir. Une fois les deux pieds au sol, il baille bruyamment et s'étend comme si ça lui avait demandé un effort surhumain, puis d'un pas lent il suit Jûro jusqu'aux cuisines.
Rien n'a changé après toutes ces années, le temple est toujours le même. Les murs finement décorés par des scènes de guerre comme des scènes de paix, sont indissociables de ce lieu riche d'histoires. Une volonté assumée par l'artiste qui a tenu à représenter cet éternel recommencement. Très bien entretenu, le Temple du Feu survie aux affres du temps mieux que quiconque. Les cuisines sont pour Kamakiri un lieu de souvenirs. Combien de fois il est venu partager une bouteille de saké avec le Moine Ainé Tonkatsu. Plus qu'il n'aimerait l'admettre, mais la gourmandise qu'il partageait avec son frère et ami n'avait pas de limites. Principalement lorsque le moine sortait la viande séchée dont il est le seul à détenir la recette. C'est que le Senju a un sacré appétit, plus grand encore que le Moine Tonkatsu. Pourtant lui-même un grand gourmet à en juger par sa réputation. La séquence nostalgie tourne court pour Kamakiri qui voit Jûro le sortir de ses rêveries.

— Occupes-toi des légumes veux-tu, au moins comme ça je suis sûr que tu ne mangeras pas tout avant le repas, ricane le moine qui surveille le ragout. Et sinon, qu'est-ce qui te ramènes au Pays du Feu ? Serais-tu possédé par un démon ?
— J'ai bien essayé d'en apprivoiser un ou deux, mais ils ne tiennent pas l'alcool,
soupir le jeune Senju avec une pointe d'humour. En vérité, le Daimyo tient à me voir.

Voilà une annonce qui ne manque pas de surprises et elle a le mérite de laisser Jûro sans voix. Bien évidemment il a son idée sur la raison de cette convocation, mais il préfère feindre l'ignorance. Sans même lâcher sa cuillère en bois, il interroge Kamakiri sur ce que peut bien lui vouloir le Daimyo. Toujours avec les yeux rivés sur son ragoût, pour ne pas avoir à croiser le regard du jeune homme.

— Pourquoi le Daimyo demanderait-il à te voir ? C'est vrai après tout, tu n'es pas du genre à rester sagement dans un coin, confit Jûro dont le ton est plus maladroit que drôle.
— Parce que je suis une légende ? Ironise Kamakiri qui se reprend avec plus de sérieux. Il aimerait faire de moi l'un des Douze Ninjas Gardiens.

L'annonce lancée sans détours ne manque pas de jeter un froid sur la conversation, mais les deux hommes s'en doutaient. Jouer de l'humour pour s'en sortir ne les sauvera pas de la dispute qui va éclater. Le Daimyo n'est pas à son premier coup d'essai avec l'héritier du Clan Senju. C'est précisément pour cette raison qu'il cherche à s'approprier les services de Kamakiri. Au fait que ce dernier n'est pas le plus fidèle de son clan, il espère le rallier dans sa protection rapprochée. Jûro s'y opposait jusque-là, mais cette fois-ci il s'est passé de l'avis du Moine en Chef et a directement contacté l'intéressé. Sans doute pensait-il que cela serait plus facile, mais c'est mal connaitre Kamakiri. Un libre-penseur qui dans un monde fait de diktats passe le plus souvent pour un marginal et un excentrique. Personne ne veut être associé à lui, c'est une source d'ennuis – c'est là l'une des raisons pour laquelle il se tient à l'écart de Konoha. Visiblement ça ne semble pas être le cas du Daimyo qui s'entête depuis plusieurs années maintenant. Là est toute la complexité de cet épineux problème.

— Mieux que quiconque tu sais qu'on ne peut pas refuser éternellement les exigences du Daimyo, tente le jeune moine pour se justifier devant son ami et mentor.
— Et depuis quand Senju Kamakiri suit les ordres d'un vieillard oisif et cupide ? S'emporte le moine avec une rare colère.
— Depuis que… et je n'ai encore rien accepté, ce n'est qu'une convocation et rien d'autre, se reprend finalement Kamakiri.

Une courte seconde, Jûro a cru percevoir de l'inquiétude dans le regard de son jeune ami. C'est assez rare pour être signalé, car à sa connaissance rien ni personne ne fait peur à Kamakiri. Non pas qu'il se pense supérieur, certainement pas, disons plutôt qu'il fait preuve d'une légèreté et d'une insouciance à toutes épreuves.
La colère de Jûro est retombée en même temps que la fin de cette discussion, mais l'inquiétude demeure. C'est maintenant une certitude : le jeune Senju cache quelque chose. Il ne serait pas étonnant que le Daimyo cherche à faire pression sur lui, quitte à lui proposer monts et merveilles ou au contraire un véritable enfer. Le retour de leurs frères met définitivement fin à cette conversation et ses conséquences. Forçant le départ de Jûro quand les moines constatent avec une grande joie la présence de Kamakiri.

— Pincez-moi je rêve, regardez qui nous fait l'honneur de sa présence, s'exclame un moine bien portant qui s'offre une révérence surjouée.
— Très drôle Tonkatsu, mais n'oublie pas : je sais où tu caches ta réserve de viande séchée, lance le plus jeune des moines avec une carotte dans la main.
— Touche à ma précieuse viande séchée et je te briserais le moindre de tes os.

Le Moine Ainé Tonkatsu garde jalousement la recette de la viande séchée au miel. Il s'agit d'une viande de porc fermenté dans le saké puis séchée avant d'être trempé dans le miel. Un délice dont il se gave dès qu'il le peut. Parfois, lorsqu'il est dans un bon jour, il en fait profiter ses frères. Néanmoins il garde le plus gros de son stock pour sa consommation personnelle. Une cache connue de Kamakiri qui a passé le plus clair de son temps ici à rechercher cette précieuse viande séchée.

An 726.


Au printemps, lorsque le temps se fait plus doux, une grande fête est organisée à Ta no Kuni pour les premières plantations de riz. Un rituel ancestral qui ne se perd pas malgré les cultures plus modernes, comme la riziculture sèche que l'on retrouve au plus proche de la frontière commune avec Hi no Kuni. Récoltes plus abondantes certes, mais de moins bonne qualité que les rizicultures irriguées. Seulement pendant la guerre il a bien fallu répondre à la demande croissante et trouver des alternatives. Plus à l'ouest du pays on pratique encore une culture traditionnelle avec des bœufs pour retourner la terre et une main d'œuvre colossale pour planter le riz. Cela demande un savoir faire unique, mais avant tout une météo favorable. C'est pour ça qu'au cours de cette grande fête on honore Inari, divinité du riz à Ta no Kuni. À travers le pays on trouve de nombreuses statues à son effigie, il s'agit d'un renard généralement sculpté dans la pierre et dont le sourire malicieux est caractéristique. Au pied de cette statue on dépose les offrandes, puis un grand festin est organisé et tout le village veille jusqu'au levé du jour. La légende prétend qu'apercevoir un renard à l'orée du bois aux premières lueurs du soleil offrira une récolte abondante et de grande qualité. Ainsi les habitants, le matin précédent les festivités, surveillent l'horizon dans l'espoir de voir ce renard.
La première utilisation du riz est bien sûr pour se nourrir, mais à Ta no Kuni on sait qu'un bon riz fera un bon saké et c'est donc à Ta no Kuni que l'on trouve le meilleur alcool de riz. Certains se vendent d'ailleurs à prix d'or, tandis que d'autres sont fait pour les boit-sans-soif sans palet. Le riz utilisé est souvent de piètre qualité et acheté au prix le plus bas, mais il fait son office dans les bordels de la région. La guerre a laissé derrière elle beaucoup de veuves et de filles orphelines qui n'ont que pour seule alternative une vie de luxure dans des établissements glauques et peu scrupuleux. L'un des plus connus est la "Rose Noire", un bordel tenu par un dénommé Razan. Charismatique et avisé, il a su tirer profit des affres de la guerre en débauchant les plus jolies filles du pays. Personnel qu'il payait une misère au début, puis au fil des années et de la renommée grandissante de son établissement il a augmenté les salaires pour éviter de se retrouver baignant dans son propre sang. Femmes désespérées oui, mais certainement pas idiotes et pleinement consciente de la valeur de leur corps. La jeune et indomptable Hanako avait d'ailleurs une devise à ce sujet : quitte à se retrouver au fond du trou autant que ce soit rentable. Difficile de dire si c'est dans cet optique qu'elle a tenue à garder l'enfant qui grandissait en elle ou si c'est parce qu'elle raconte à qui veut bien l'entendre que c'est le fils d'un ninja célèbre.

— Tu as choisi un nom ? Demande l'une des jeunes femmes alors que l'accouchement ne devrait plus tarder.
— Inari.

An 704.


Fille de paysans, Hanako n'a pas une histoire tragique devenue banalité dans la bouche des filles de la Rose Noire. Ambitieuse, elle aspirait à une vie plus noble que celle à se tuer à la tâche les deux pieds dans la boue. Quitter sa famille semblait donc être une nécessité et elle n'allait manquer à personne avec cinq frères et trois sœurs. La seule chose que pourrait regretter son père c'est de ne pas l'avoir vendu avant qu'elle fugue. Pour autant cela ne lui a jamais fait oublier ses racines et ces nuits d'ivresse dans la cour du village à festoyer jusqu'à l'aube pour espérer apercevoir cet impossible renard. Au fond personne ne se souciait vraiment de voir ou non cet animal, c'était avant tout une excuse pour boire et faire la fête jusqu'au bout de la nuit. La légende d'Inari l'a en revanche bien plus marqué et honorer son fils du nom de cette divinité lui paraissait être légitime. Doté d'une grande beauté et d'une ambition féroce, elle avait de grands projets pour sa descendance alors même qu'il n'avait pas encore vu le jour. Jalousement protégé par sa mère et chouchouté par les autres femmes du bordel, Inari a grandi dans un environnement constamment en deux teintes. Parmi les filles il y avait toujours cette chaleureuse solidarité et en même temps aucune d'elle n'oubliait leur condition et leur devoir. Au besoin Razan le leur rappelait pour être sûr que son lucratif bisness ne s'effondre pas.
Pour le plus grand plaisir de sa mère, Inari du haut de ses sept ans était un véritable petit roi au sein de la Rose Noire. Les clients, habitués à sa présence, lui donnait souvent quelques pièces pour débarrasser leur table ou bien le service. L'une des conditions pour que Hanako garde sa place c'était que le petit se rende utile et il a fait mieux que ça, Inari a su se rendre indispensable. La joie de vivre et l'énergie de ce petit était contagieuse, tant sur les filles que sur les clients. Un bordel parmi tant d'autres pensaient certains, mais il y avait en réalité une atmosphère particulière. Consciente de cela, Hanako tirait profit de la situation. Les filles en avaient fait leur représentante, alors même qu'elle se réservait les meilleurs clients. Razan n'avait pas vraiment le choix, certains d'entre eux payaient rubis sur l'ongle pour une heure de son précieux temps. Il était donc dans son intérêt de traiter la plus précieuse de ses filles avec les égards qu'elle prétendait mériter. Forçant même parfois Razan à prendre le parti de la jeune femme devant les clients, sauf peut-être lorsque ceux-ci sont plus important que le confort d'Hanako. Un jour comme autre au Pays des Rizières, un homme noblement vêtu, Roroko disait-il se prénommer, entra dans la Rose Noire comme si tout lui était dû, rien d'étonnant c'était un proche du Daimyo. Enfin pour être exact il connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui connaissait le Daimyo, mais jamais il ne l'avait rencontré en personne. Détail dont il ne s'encombrait pas dans ce genre d'établissement où il se pavanait comme un roi.

— Razan ! S'exclame-t-il avec une familiarité qui frôle le vulgaire. J'espère que tu es à la hauteur de ta réputation, tu ne voudrais pas que mon ami le Daimyo rase cet endroit.

Esbrouffe ou faits avérés, difficile de juger sur le coup et Razan fidèle à lui-même se mit en quatre pour son nouveau client. Un rapide coup d'œil lui avait permis de déduire que proche du Daimyo ou pas cet homme était aisé. Le problème c'est que la plus demandé de ses filles était au repos pour s'occuper de son fils. Pour l'or de ce Roroko il était prêt à se mettre à dos toutes les filles de son établissement. Montant à l'étage, Razan rejoint la chambre particulière d'Hanako et frappe timidement avant d'entrer – chose qu'il ne fait pour aucune autre.

— Ma chère Hanako, aurais-tu une petite heure à me consacrer ? Deux tout au plus, supplie presque Razan sur un ton mielleux.
— Tu sais bien que je passe la journée avec mon fils, répond sèchement la jeune femme sans lui adresser un regard. Si c'est Tomo ou Oga, ils comprendront et sinon, alors envoie les vers Asako.
— Asako est déjà occupée et il s'agit là d'un nouveau client… exigent,
dit-il quelque peu mal à l'aise avant de murmurer. Un proche du Daimyo.

Hanako soupir, elle ne s'en sortira pas dès lors que ce mystérieux client ait prétendu être un proche du Daimyo, quand bien même ce serait un clochard ou un simple vagabond, Razan l'aurait cru. Déposant un baiser sur le front de son fils qui affiche une mine déçue, elle lui glisse quelques mots à l'oreille pour le rassurer.

— Promis, je me rattraperais et puis Razan va nous offrir un séjour à Konoha après cette faveur, s'amuse Hanako avec un sérieux habilement dissimulé sous cette légèreté.
— Quoi ? Je… oui, évidemment, se reprend Razan qui est convaincu par le regard de la jeune femme.
— Puis je suis sûre que Sachi sera contente de passer une petite heure avec toi.

Derrière le comptoir pour aujourd'hui, la dénommée Sachi ne prend aucun client et son jeune âge fait d'elle la plus proche de ce diablotin aux cheveux bleus.
Tout va très vite et avant que tout le monde réalise la gravité des événements, il est déjà trop tard. Hanako n'a rien à envier à personne, un regard, une caresse et voilà qu'elle parvient à séduire ce ténébreux client qui se fait tout de suite plus docile. Moins de quinze minutes avec lui et elle l'emmène dans sa chambre. Les minutes passent, puis bientôt une heure et là un premier cri suivi d'un bruit sourd comme quelque chose de lourd qui tombe sur le sol. Le bruit des talons sur le parquet précède la descente accélérée des escaliers. Hanako apparait le visage marqué et folle de rage, elle s'en prend à Razan sans ménagement.

— La prochaine fois que tu as un client comme ça, tu m'oublies ! S'emporte-t-elle devant une clientèle sous le choc. Tu me fais sortir cette raclure, si je m'en charge ce sera les pieds devant !

Razan n'a pas le temps de mesurer la situation, le client fait à son tour irruption avec une plaie sanguinolente sur le sommet du crâne. Visiblement il a abusé de la gentillesse de la jeune femme, mais il ne tarde pas à rappeler qui il est et ce qu'il peut faire de cet endroit.

— Vous êtes finis ! Tous autant que vous êtes ! Je vais faire raser cet endroit ! S'énerve Roroko qui retourne tables et chaises avec colère. Et toi, je vais te corriger comme il faut !

Saisit par la gorge, Hanako voit son souffle coupé par la poigne ferme de cet homme. Razan ne bouge pas, figé par les menaces lancées précédemment. Prendra-t-il le risque de s'opposer ? Il hésite trop longtemps et voit le pire se produire. Téméraire et courageux, Inari bondit hors du comptoir comme un fauve et se précipite pour défendre sa mère. Un revers de la main suffit à ce prétendu proche du Daimyo pour envoyer le pauvre petit sur le sol. Tout le monde est choqué, mais personne n'ose intervenir. Hanako se débat avant de perdre peu à peu ses forces. Puis sorties de nulle part des racines s'élèvent et entourent le client mécontent qui lâche finalement sa prise.

— Qu'est-ce que…
— Je t'ai dit de lâcher ma mère !

An 711.


Les choses avaient bien changé à la Rose Noire, mais les prédictions de ce beau parleur en colère n'avaient finalement pas eu lieu. Peut-être parce qu'il avait terminé six pieds sous terre au milieu des rizières, là où personne ne viendra jamais le chercher. Complètement dépassé par la situation, Razan avait montré ses limites et au plus bas il apparaissait comme une cible fragile. Il n'en fallait pas moins pour Hanako pour saisir sa chance une bonne fois pour toute. Puis après les révélations sur son fils, vraisemblablement un Senju, personne ne semblait en mesure de s'opposer à elle, pas même Razan. Heureusement pour ce dernier il ne partait pas les poches vides, Hanako lui avait racheté l'établissement certes en dessous de sa valeur marchande, mais à bon prix. Changement de propriétaire qui força le départ de plusieurs filles, quelques-unes seulement. La jeune femme avait su préserver la confiance d'une grande partie des filles et celles-ci ne le regrettèrent pas une seconde. Sous le règne d'Hanako la Rose Noire devint plus florissante que jamais et pour cause : elle développa un véritable réseau d'information. Étonnamment, un homme se montre très bavard sur l'oreiller et avec les noms qui circulaient dans ce bordel il était aisé de trouver là une opportunité en or. Hanako était la plus populaire des filles et elle n'avait eu aucun mal à trouver à qui revendre les informations qui filtraient. Faisant ainsi de la Rose Noire et de sa propriétaire un danger insidieux pour les pays alentours encore fragilisé par la guerre. Un Pacte de Non-agression avait beau être en discussion, il ne serait pas actif avant une dizaine d'années.
Tout allait bien dans le meilleur des mondes pour Hanako, mais Inari lui mis un certain temps à oublier le meurtre violent de cet homme. Les os qui craquent, le sang qui coule sur les racines qui resserrent encore un peu plus leur étreinte sur un amas de chair difforme. Impossible de se retirer les images de la tête et chaque fois qu'il fermait les yeux c'était le même cauchemar qui recommençait. Hanako ne cessait de lui dire que c'était pour la défendre, pour le bien de tous, que c'était nécessaire, mais rien n'y changeait. Puis elle avait fort à faire avec ses nouvelles responsabilités et gérer les états d'âme de son fils ne faisait pas parti de ses priorités. Le jeune Inari fut donc élevé par les autres filles après cet événement traumatisant. C'est d'ailleurs elles qui ont su trouver les mots pour le rassurer et le voir enfin passer à autre chose. Un travail de longue haleine, mais nécessaire à leurs yeux. Sauf qu'il avait sans le savoir acquis un nouveau statut que celui de joyeux commis, il était maintenant une arme de dissuasion pour Hanako. Maintenant remis sur pieds, il était donc tout disposé à jouer son nouveau rôle. La jeune femme aimait son fils, ce n'était plus à prouver, mais elle aimait par-dessus tout le pouvoir et ce sentiment d'invincibilité qui en découle. Inari voulait que sa mère soit fière de lui, alors il se pliait au moindre de ses caprices. Sans s'en apercevoir Hanako manipulait son propre fils, alors même qu'elle s'était toujours battue pour lui offrir une vie meilleure que la sienne. La situation ne plaisait pas aux filles, mais que pouvaient-elles bien faire ? Si ce n'est prendre soin de ce petit bout d'homme qui devrait être à l'académie ou avec des enfants de son âge, certainement pas dans un bordel.
Au sommet de son art Hanako se montrait de plus en plus possessive et paranoïaque, certaines filles en subissaient les conséquences. La main d'œuvre ne manquait pas et toutes les semaines elle trouvait de nouvelles filles, un peu de sang neuf ça n'a jamais fait de mal se défendait-elle. Hanako pensait ainsi éviter la rébellion des anciennes, alors qu'elles avaient pour leur patronne une confiance aveugle. Très peu issues du règne de Razan restèrent, beaucoup d'entre elles raccrochèrent après toutes ces années, tandis que d'autres se faisaient purement et simplement congédiées. Inari se renfermait peu à peu sur lui-même et devenait méconnaissable en manque de repères. Une chance qu'il trouvât une oreille attentive parmi les nouvelles venues : Hisaishi Seiko. Fille d'un très estimé chef de clan, elle a été confiée aux bons soins d'Hanako pour être instruite et éduquée. Jouissant d'un traitement de faveurs, elle n'avait pas la côte auprès des autres filles. Au contraire du jeune protégé de la Rose Noire, Inari, qui appréciait l'esprit rebelle et dissipé de la très jeune femme. Tout juste âgée de seize ans, alors que lui n'en avait encore que huit, une proximité qui les rapprochait. Une histoire similaire jouait grandement dans ce lien qui se créa, car tout comme Inari, Seiko est très vite devenu l'instrument de son père dans ses manœuvres politiques. Asako, Sachi… elles avaient toutes pliés bagages, il ne bénéficiait plus du même soutient, car la plupart des nouvelles avaient peur de lui et de ce que sa mère pourrait lui ordonner de faire. Un mal pour bien, aucune d'elle n'oserait défier Hanako, mais de son côté Inari était à l'écart et ne trouvait plus sa place, hormis les rares moments qu'il passait avec Seiko.
Les informations qui circulaient dans la Rose Noire relevaient parfois de secret d'état et visiblement très peu apprenais les leçons de leurs erreurs. Une catin aurait raconté de vilains petits secrets ? Impossible, qui croirait une femme ! Et celles-ci tout particulièrement ! Insoupçonnable grâce au machiste des hommes, Hanako menait une vie de rêve dans son imposant bordel. Pour autant cela ne durerait pas éternellement et bien qu'elle inventât toujours de nouvelles manières ingénieuses de se couvrir, elle ne soupçonnait pas que le pire pouvait se produire à tout moment. Pourtant habituée à naviguer dans des eaux troubles, Hanako se fit surprendre comme Razan avant elle. Le karma est parfois capricieux.
Un soir où le bordel est quasiment vide de clients, trois chunins de Konoha entrent pour se reposer et profiter de la chaleur des lieux. Une escale qui était venue aux oreilles d'Hanako, mais qui ne voyait là aucun problème. Bien nourri, alcoolisé et soignés par ses filles, aucun ninja de Konoha ni d'ailleurs ne venait fourrer son nez dans ses affaires. Sauf que ce soir-là précisément, tout son empire allait sombrer. Les chûnins veillaient tard et chacun d'eux avec une jolie femme sur les genoux, contant leur périlleuse et secrète mission au Pays de la Pluie. Puis soudain l'un des ninjas se sent nauséeux, puis un second et sans prévenir voilà qu'ils vomissent trippes et boyaux avant de s'écrouler dans leur propre vomi.

— Ils… ils sont… mort ? Demande l'une des filles tétanisées par la vue d'un cadavre.
— Manquait plus que ça… Azahi, vient ici ma chérie, demande Hanako à sa serveuse avec douceur.

Hésitante et mal à l'aise, la dénommée Azahi s'approche doucement. Craintes justifiées puisqu'Hanako la saisit par le cou pour lui placer une lame courte au niveau de la jugulaire.

— C'est toi qui as préparé leur saké ? Ne me mens pas ! S'emporte Hanako qui se montre convaincante.
— Non… enfin oui… mais j'ai fait comme d'habitude…

Hanako hésite une seconde avait d'enfoncer la lame, puis se ravise face au regard désapprobateur de son fils. Celui-là a beau être encore jeune, il a de qui tenir et la tenancière des lieux ne résiste pas et relâche la pauvre fille qui se réfugie dans les bras d'une autre. La colère d'Hanako est pourtant justifiée, le saké chaud qu'ils ont commandé a été empoisonné et ce n'est certainement pas une erreur à en juger par la subtilité du poison utilisé.

— Bien, j'imagine que personne n'a rien vue ? Alors dans ce cas allez me chercher de grands draps, on a des corps à transporter, explique Hanako avec le plus grand des calmes.
— Attends une seconde… tu ne veux pas qu'on… et si on prévenait Konoha ? C'est peut-être l'un d'eux le coupable ou un autre client ! Proteste Seiko qui se voit mal balader des corps en pleine nuit.

Les plaintes de la plus jeunes des filles ne suffit pas pour faire entendre raison à Hanako. Si Konoha se déplace ils vont mener une enquête et il est hors de question que la Rose Noire soit inquiétée. Personne n'ira se coucher tant que le problème ne sera pas réglé. Paranoïaque et sur les nerfs, Hanako est méconnaissable et soupçonne tout le monde. La nuit promet d'être courte.
Dissimuler des corps deviendrait presque une marque de fabrique à la Rose Noire et heureusement qu'Hanako peut compter sur une connaissance, le même nukenin qui a bien voulu lui débarrasser du corps de Roroko. Sauf que là ce n'est pas la même tisane, on parle de ninjas tout ce qu'il y a de plus officiel et de Konoha de surcroit. Le renégat ne peut pas simplement enterrer les corps, surtout pas après qu'ils aient été vues et entendus par les clients de la soirée. Non, lui ce qu'il propose ce serait plutôt de maquiller ça en attaque et de préférence seulement à quelques kilomètres de là.

— Tu n'y penses pas Ochobo, Konoha viendra fouiner ici en premier ! S'impatiente Hanako qui se demande bien pourquoi elle le paie aussi cher.
— Justement, ils sont alcoolisés et sortent d'un bordel… le traquenard idéal.

C'est un peu gros pour être plausible, mais au point où en est Hanako on ne peut pas dire qu'elle peut faire la difficile et il lui parait impensable de fermer l'établissement une journée ou deux. Ochobo se met donc à l'œuvre et pour ce genre de tâche il est très doué. Ninja Médecin durant la guerre, il a vue assez de cadavres, de membres arrachés et de sang pour être devenu complètement insensible. Le Nukenin met ainsi ses compétences et son expérience pour dissimuler des corps de multiples façons, on pourrait dire que c'est un artiste dans son domaine. Une mission des plus aisée pour lui, puisqu'Hanako insiste pour que les filles se salissent les mains, ainsi en qu'à d'enquête elle ne sera pas la seule à tomber. La paranoïa dans toute sa splendeur, même Ochobo en a des frissons, il a côtoyé les pires raclures du monde shinobi et c'est pourtant de cette femme dont il a le plus peur.
Trois jours passent. Puis une semaine. Et bientôt cela fera deux semaines, Hanako n'a cessé de s'inquiéter et surveiller l'extérieur depuis la fenêtre de son bureau qu'elle n'a pas quitté depuis. Au moment précis où elle pense pouvoir souffler, voilà que la rue devant son établissement s'anime. Plusieurs clients quittent la Rose Noire de peur de se faire repérer par l'escouade de Konoha, car cette fois-ci rien à voir avec quelques chûnins qui font une halte. Un jônin de l'ANBU a été dépêché pour s'occuper de cette affaire, il est déjà dans la salle et s'impatiente alors que l'une des filles est aller chercher sa patronne.

— Hanako, il y a…
— Je sais !
S'emporte vivement Hanako qui réfléchit aux nouveaux mensonges qu'elle pourrait inventer. Hors de ma vue imbécile !

La jeune femme ne se fait pas prier et disparait dans une chambre alors qu'Hanako sort de son bureau. Jamais auparavant elle n'avait descendu les marches de cet escalier avec autant de lenteur, pas même lors de sa première soirée ici. Une fois le jônin en vue elle retrouve tout son aplomb et son charme.

— Un jônin de Konoha dans mon humble établissement et charmant en plus, ajoute-t-elle avec un rire cristallin.
— Gardez vos yeux de biche et votre ton mielleux pour votre habituelle clientèle de rade puant, je suis là pour une affaire sérieuse, répond le jônin qui met tout de suite au pas la tenancière.
— Si vous savez le nombre de client qui m'a dit ça, s'amuse Hanako qui retrouve malgré tout son sérieux. Bien, bien, alors qu'est-ce qui vous amène ?

Peu importe l'angoisse et la peur qui lui ronge les entrailles, Hanako se montre à la hauteur et ne fléchit jamais. Sauf qu'elle joue sans savoir que c'est perdu d'avance. Persuadée que ce n'est que le scenario d'Ochobo qui se déroule comme prévu, elle joue le jeu du jônin et se retrouve trop vite dos au mur.

— J'ai ouïe dire que trois chûnins avaient passé la soirée ici il y a onze jours, vous confirmez ? Demande froidement le ninja.
— Oui, je confirme et ils ont passé une agréable soirée, croyez-moi.
— Donc vous confirmez qu'ils ont passés la soirée ici ?
Reprend aussitôt le jônin qui enchaîne sans attendre la réponse. Et quand ils sont repartis… vous n'avez rien noté de spécial ?
— Hormis un sourire satisfait ? Non, bien sûr que non.


Le jônin ne parait pas convaincu et après un soupir il se lève sans même un mot ou un regard. Puis une fois dehors, alors qu'il laisse la porte ouverte, il demande à quatre ninjas d'arrêter la propriétaire de la Rose Noire. C'est la stupéfaction auprès des filles, une seconde sous le choc Hanako ne tarde pas à protester et vociférer, mais elle ne fait qu'aggraver une situation déjà dramatique. Maintenu avec force par deux ninjas alors qu'elle se débat et profère des insultes envers Konoha, elle ne voit personne intervenir. Hormis Inari qui refuse de voir sa mère dans les prisons de Konoha, comme investi d'un devoir il se lève, mais voit Seiko le retenir brièvement – le suppliant du regard de ne pas intervenir. Écoutant que son courage le garçon sort de là comme un beau diable et réalise même l'exploit de prendre un chûnin par surprise. Le pauvre ne voit rien venir et se retrouve au sol maintenu par des racines. Issu de l'enseignement drastique de l'ANBU, le jônin est un adversaire impossible pour le garçon qui ne se démonte pas. Pourtant il se retrouve sèchement envoyé au sol par un ninja qui ne ménage pas ses coups.

— Qu'avons-nous là, un Senju ? Dans ce cloaque puant ? Et comment allez-vous expliquer ceci ? Demande-t-il à l'attention d'Hanako.
— Allez vous faire foutre ! Ne touchez pas à mon fils !

Tout va très vite, trop vite, même pour le jônin. Hanako se débat et se défait de l'emprise des gardes pour saisir une lame dissimulée dans ses cheveux. La jeune femme blesse un ninja à la gorge avant de se ruer vers le jônin qui maintient son fils au sol. Hélas elle n'a pas le temps de l'atteindre et voit un autre jônin en retrait intervenir, celui-ci enfonce sa lame dans le corps de la pauvre Hanako, sous le regard impuissant d'Inari qui emporté par sa colère dévoile à nouveau son pouvoir.

— Tu vas pouvoir le gérer celui-ci, Saeko ? Ou je dois aussi m'en occuper, s'impatiente l'épéiste avec froideur.
— Bordel Tenshi ! Mais qu'est-ce que tu as foutu !

An 713.


Le destin est parfois capricieux, mais difficile de dire si Inari aurait voulu que les choses se passent différemment. Jamais il n'a souhaité la mort de sa mère et pas un jour ne passe depuis son décès tragique sans que son cœur se serre lorsqu'il pense à elle. Rien que l'idée de savoir qu'il a intégré le village de son assassin lui donne la nausée. Pourtant il est bel et bien là, à Konoha, pour tenter de trouver sa place. Une place qu'il n'a jamais su trouver, pas même durant les plus glorieuses années de la Rose Noire. Tout ceci lui paraissait à la fois si loin et si récent. Deux ans ne s'était même pas écoulé et voilà qu'il se retrouvait à vagabonder dans un cimetière où il serait certain de ne pas trouver la tombe de sa mère. La Rose Noire se devait d'être son ultime demeure, Seiko le lui a juré alors qu'il se débattait contre le jônin qui le maintenait avec force au sol. Le même jônin qui le rejoint dans le cimetière alors qu'Inari est installé sur un banc à laisser vagabonder son regard sur les noms inscrits sur les pierres tombales. Imprégné d'un étrange sentiment qui ne l'a plus jamais quitté depuis son arrivée.

— Regarde dans quel état tu t'es encore mis, lance Sakae dans un long soupir. Tu t'es battu avec qui cette fois, Botan ? Ou Souta peut-être ?
— Les deux,
peste Inari pour répondre au jônin.
— Et alors ?
— J'ai gagné.


Un immense sourire vient illuminer le visage de Sakae qui s'installe aux côtés de celui qui est devenu son jeune disciple. C'est assez improbable, mais se sentant terriblement coupable le jônin a tout fait pour se racheter auprès du garçon. Non sans ménager ses efforts étant donné la rancune et la colère, tout à fait légitime, qu'éprouvait Inari. Puis à force de persévérance il a su l'apprivoiser et gagner sa confiance. Bien trop peu aux yeux de Saeko, mais pas un jour ne passe sans qu'il s'inquiète du jeune Senju et il a de quoi se faire des cheveux blancs avant l'âge. Les rumeurs vont vite, même dans un village aussi grand que Konoha. Le pauvre Inari avait rapidement hérité d'un surnom : l'héritier maudit des Senju. Un nom qui faisait référence à son passif, car même s'il était avéré qu'il partageait le précieux pouvoir de ce clan, personne ne saurait dire avec exactitude qui était son père. Forcément avec un tel bagage difficile de s'intégrer et Inari ne tarda pas à donner raison à ses détracteurs. Comme à l'académie ce matin lorsqu'il s'est battu avec ses camarades.
Étonnamment là où Inari mettait tout le monde d'accord c'est en cours, que ce soit en pratique ou en théorie il excellait avec des résultats surprenants. Difficile d'imaginer qu'un gamin élevé dans un bordel puisse être aussi intelligent, mais quand on s'intéresse un peu à ce garçon rien n'est étonnant, sauf que personne ne prend cette peine. Ancienne kunoichi, Asako lui a appris les bases qu'elle avait elle-même acquise avant de finir mariée de force à un inconnu choisi par son père. Sachi elle lui avait appris la botanique et les rudiments pour préparer des onguents ou des relaxants – et bien évidemment des poisons et leurs antidotes. D'autres lui ont elles aussi appris des choses, comme Umeko qui était instructrice avant la guerre et plus récemment, Seiko, qui avait une grande connaissance de la politique et de la géographie. Un savoir précieux qui aujourd'hui permet à Inari de se hisser parmi les meilleurs avec un minimum d'efforts, car on ne peut pas dire qu'il se donne à fond. Il lui arrive très souvent de sécher les cours, s'il ne dort pas pendant ceux-là. Les professeurs ne s'en soucis même pas, pour eux il n'a même pas sa place à Konoha. Seulement difficile pour eux de le saquer quand le plus jeune de leurs élèves brille au moindre exercice. Quant à le renvoyer d'où il vient, ils ont déjà tenté leur chance, mais trouve sur leur chemin Akimichi Saeko, membre influent de l'ANBU et du village. La tâche est difficile, Inari redouble d'inventivité pour énerver professeurs et camarades. Point commun que ne saurait nier le jônin, lui qui a passé son enfance à se battre contre les préjugés et les moqueries. Pourtant devenu un grand ninja que peu hormis l'Hokage peuvent se vanter d'égaler. Sauf peut-être Tenshi, mais le duo qu'il formait avec ce dernier a pris fin suite aux événements survenus à Ta no Kuni. L'épéiste a toujours été ingérable et Saeko n'a pas su le couvrir cette fois-ci, une chance que l'enquête ait révélée les manigances d'Hanako, sans quoi il aurait certainement été banni pour cet énième écart de conduite qui aurait pu emporter son coéquipier dans sa chute.
Senju, Inari n'en avait que le nom et un nom qu'il n'avait jamais accepté de toute façon. Puis personne ne l'appelait ainsi, en plus de le prétendre maudit on lui avait affublé du surnom de "Kamakiri". Son corps fin et élancé laissait penser à une mante religieuse. Reprit en cœur par son propre clan et le village tout entier, mais ça ne semblait pas lui déplaire. L'insecte dont on lui avait donné le nom n'avait rien de la bestiole fragile qu'on pouvait croire, elle est d'ailleurs dans certaine culture désignée comme un totem puissant. Détail que peu de gens pouvaient savoir et dont ils se fichaient complètement, ce genre de surnom est fait pour être blessant or rien ne semblait atteindre ce garçon. D'ailleurs le jour de l'examen pour devenir genin il n'a pas hésité une seconde.

— Nom et prénom, demande l'examinateur qui ne lève même pas les yeux de son parchemin.
— Senju Kamakiri.

Surpris le chûnin lève les yeux et reconnait aussitôt le garçon, il esquisse un sourire amusé et inscrit le nom donné par celui-ci sur le parchemin. Jamais Inari n'avait pu se faire à ce nom, Senju, pour lui ça ne lui inspirait rien, alors autant se réinventer complètement. Sous cette nouvelle identité il pouvait plus facilement oublier son passé et tout ce qui l'empêchait d'avancer, une idée de Saeko évidemment. Très rapidement, cela portait ses fruits et une fois à l'examen Kamakiri était comme métamorphosé, il ne se retenait plus. Théorie, pratique, il obtenue la note maximale et récupéra son bandeau devant des professeurs et élèves remonté en voyant ce garçon intégrer les forces de Konoha. Seul lot de consolation ils ne l'auraient plus dans les pattes. Au moins son passage à l'académie aura été bref et à seulement dix ans le voilà genin. Saeko fut bien entendu le premier à le féliciter alors que le jeune ninja se tenait à l'écart des festivités.

— Félicitations ? Lança le jônin avec humour. Pas mal finalement les Senju, tu verras tu auras ta place parmi eux un jour.
— Et toi ton optimisme te perdra,
s'amuse Kamakiri avec cette pique bien sentie. Je me fiche pas mal du nom que je porte, ce n'est certainement pas ce qui va me définir et d'ailleurs… je bosse sur une toute nouvelle technique ! Des cochons explosifs !

L'annonce figea un instant le pauvre Saeko qui n'en croyait pas ses oreilles, puis il se mit à rire si bruyamment qu'il attira tous les regards vers eux.

— Si avec ça tu ne deviens pas le plus grand ninja de Konoha !

An 714.

LE JOUEUR
Pseudo : Pop
Âge : ... je compte plus !
Sexe : Masculin
Comment avez vous connu le Forum ? C'est une longue histoire... c'est qu'il s'en est passé des choses entre temps ! Vous voulez une réponse ? Bon ok... DC de Kazuo ! Z'êtes pas drôle !
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MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeDim 12 Avr - 10:34


HISTOIRE (SUITE)
Kamakiri, Nobu et Junko composaient la Team 7 dirigée par Aburame Mae et on ne peut pas dire que leurs débuts furent très glorieux. La jônin se souciait peu du passif des genins qu'elle avait sous sa coupe, en revanche elle tenait à ce qu'ils soient irréprochables. Peu importe leur histoire, une nouvelle vie remplie d'opportunités s'offrait à eux. Tout à la fois dure, mais sage, Mae ne semblait pas très pédagogue et avait des techniques bien à elle, sauf que ça faisait son effet sur des élèves aussi dissipés et ingérables. Nobu était un éternel flémard et partisan du moindre effort, il n'avait rien contre ses camarades parce qu'il ne voulait qu'une chose : faire la sieste sous un arbre, son passe-temps favoris. On ne pouvait pas en dire autant de Junko qui apparue très remonté envers Kamakiri et ce dès le premier jour. Comme chien et chat, ces deux-là passaient leur temps à se disputer. Alors leur sensei les mettait constamment en compétition, pour la moindre tâche. Donnant parfois lieu à des situations cocasses et qui de façon tout à fait inattendue resserrait les liens. Une rivalité qui inspira même Nobu, mais seulement parce qu'il avait compris que plus vite il finirait le travail plus vite il pourrait retourner à sa sieste. La Team 7 n'avait rien de comparable : brouillonne, désordonnée et excentrique, la réputation qu'elle se taillait n'était pas des plus enviable, mais étonnamment l'efficacité était au rendez-vous. D'ailleurs équipiers et sensei découvrit un aspect de la personnalité de Kamakiri qu'ils n'auraient jamais soupçonné. Le jeune genin, si on pouvait se poser encore des questions sur sa loyauté envers Konoha, était pleinement dévoué à son équipe. Bien sûr il passait son temps à se disputer avec Junko et il n'écoutait pas les consignes, mais il avait une volonté inébranlable. Mae n'avait pas vu ça depuis ses jeunes années et ses premiers pas de ninja dans la même équipe qu'un certain Akimichi Saeko. Un parallèle qui ne manque pas de malice.
C'est au cours d'une mission en particulier que cette étonnante synergie s'est révélée. Kamakiri et ses coéquipiers étaient en route pour une Mission de Rang C, leur première hors du village. Le monde shinobi n'avait pas connu de guerre depuis longtemps, cependant ça ne voulait pas dire pour autant qu'il était en paix. Envoyé en renfort pour l'escorte d'un prisonnier, les trois genins n'imaginaient pas que cette simple mission prendrait des proportions inédites. Sauf peut-être Kamakiri qui se figea à l'annonce du nom du prisonnier en question.

— Matsutaka Ochobo, surnommé le Fossoyeur… charmant, ironise Mae dans un soupir.

Dès lors Kamakiri se tenait en retrait et se faisait étonnamment silencieux, même devant les moqueries de sa camarade. Une attitude qu'il avait déjà eue auparavant, son lunatisme n'inquiétait plus personne, mais Junko était déçue de ne pas trouver un adversaire à sa valeur dans leurs habituelles joutes verbales. Kamakiri échappera pour cette fois à l'interrogatoire de sa camarade, les voilà au point de rendez-vous. Sur le papier cette mission a plus des airs de classe découverte avec le nombre de ninjas prévus pour cette escorte, trop au goût de la jônin. Enfin c'est ce qu'elle pensait, car à son arrivée elle trouve deux fois moins de ninjas. Un drôle d'impression interpelle Mae lorsqu'elle les aperçoit. Sans vouloir alerter ses jeunes élèves, elle leur glisse une ultime consigne.

— Mission de Rang C ou pas, soyez sur vos gardes et fiez-vous à votre instinct, ça vous sauvera peut-être la peau.

Il n'est pas rare que leur sensei soit trop prudente et rappelle inlassablement les consignes de base, attitude que ne relève même plus Nobu et Junko, au contraire de Kamakiri. Depuis l'annonce du nom du prisonnier ce dernier craint le pire : Et si Ochobo venait à le reconnaitre ? Et s'il avouait tout ? Hanako est morte et ses secrets avec elle, mais les témoins du passé de la Rose Noire sont nombreux. Les aveux du prisonnier sont en réalité le dernier de leurs problèmes, sur la défensive Mae s'approche avec méfiance des gardes pour saluer leur chef.

— Omatsu ? Je suis Aburame Mae et voici mon équipe, l'Hokage nous envoie vous escorter jusqu'à Konoha, explique avec sérieux la jônin.
— Et c'est avec ça que vous voulez nous aider ? Lance le garde en découvrant les trois genins. Heureusement pour vous qu'on a la situation bien en main.
— Évitons les excès de zèle tant que la mission n'est pas terminée.


Le garde hausse les épaules et demande à ses hommes de lever le camp pour se remettre en route. Soucieuse du bon déroulement de la mission et de la sécurité de son équipe, Mae inspecte les alentours et s'assure à plusieurs reprises que le prisonnier n'aura pas l'occasion de s'échapper. Solidement attaché, bâillonné, elle ajoute un Fuinjutsu de son cru pour être sûre qu'il ne lui viendrait pas l'envie de filer. Discrète, elle voit pourtant Kamakiri s'approcher timidement, mais visiblement ce n'est pas pour s'inquiéter des mesures drastiques qu'elle prend.

— Sensei, je pourrais vous parler une minute ? Demande Kamakiri qui cherche ses mots.
— Je préférerais qu'on attende notre retour à Konoha, c'est si important que ça ?
— Le prisonnier, je…


La discussion tourne court quand soudain l'un des gardes s'en prend à un second, puis un autre une fois que celui-ci est inconscient. Le regard vide et un langage incohérent : un Genjutsu. Mae est une sensorielle et parmi les meilleures de Konoha, elle peut le sentir. Forte de son expérience elle utilise ses insectes pour neutraliser le coupable, mais rapidement c'est un autre garde qui prend le relais. C'est comme si le Genjutsu passait d'une personne à l'autre. Tandis qu'elle se retrouve à se battre contre les gardes, trois kunais explosifs se plantent à proximité de Junko et Nobu. La jônin tente bien d'intervenir avec ses insectes, mais elle est devancée heureusement par un Kamakiri qui se montre efficace en dressant un mur de bois. L'explosion le fait voler en éclats, limitant une grosse partie des dommages. Mae fait un rapide constat. Les gardes sont au tapis, comme le prisonnier qui apparait inconscient suite à l'explosion. L'ennemi est quant à lui invisible, sans doute attend-t-il le bon moment pour intervenir. Pour sauver la situation, la jônin tente par tous les moyens de récupérer les prisonniers, sauf que celui-ci est hors d'atteintes, à chaque pas de nouveaux kunaïs sont plantés dans le sol. Une erreur de leur part qui leur coûte cher face à un adversaire de la trempe de Mae. Dissimulés dans les arbres ils sont maintenant des cibles faciles et c'est toute l'équipe qui passe à l'offensive.

— Nobu à droite ! Junko et Kamakiri à gauche !

Mae a juste à donner les directives et les trois genins passent à l'offensive. Adepte du Bukijutsu, Nobu se montre à la hauteur du nom qu'il porte et coupe la branche ou est perché son ennemi avec son naginata et un peu de Fûton. Une technique Doton pour le maîtriser définitivement et il porte son regard plus loin pour voir ses deux camarades à l'œuvre. Propulsée par une racine qui s'élève du sol, Junko s'élance et insuffle une grande quantité de chakra dans son poing pour faire tomber l'arbre. Le tronc explose sous le choc et le troisième ninja se retrouve à découvert tandis que son camarade est emporté dans sa chute, il tente alors de s'en prendre à la jeune genin, mais voit l'héritier des Senju intervenir. Usant à nouveau de son Mokuton pour freiner sa course en lui brisant une cheville avant que les lianes le recouvrent. Pendant ce temps Mae a eu tout le loisir de disperser ses insectes et sonder les environs. Le prisonnier est maintenant sécurisé, elle le récupère et se repli avec son équipe dans une bâtisse en ruine à proximité de la zone de combat. La jônin a besoin de réfléchir à la suite, mais en attendant elle envoie l'un de ses insectes à Konoha pour des renforts.
Sans être catastrophique, la situation n'est pas évidente. Grâce à ses insectes Mae a su révéler la position de cinq ennemis supplémentaires, mais aucune trace de celui qui utilise du Genjutsu, sans conteste de son niveau ou même plus. Les trois genins sont doués, ils l'ont encore prouvé, mais ils finiront dans le même état que les gardes avec un peu trop d'imprudence. Junko est remonté à bloc et ne comprends pas la raison de ce repli, déterminée à passer à l'offensive.

— Qu'est-ce qu'on fait encore là ? On sait où ils sont ! On les explose ! S'impatiente la jeune fille.
— Je n'ai pas trouvé le ninja au Genjutsu et je ne suis pas sûre de leur nombre, répond Mae qui jette un œil à l'extérieur sans voir aucun autre mouvement que celui du vent dans les arbres. Et je ne sais pas s'ils veulent tuer celui-là ou le récupérer.
— À cette question je peux y répondre,
lâche soudain le prisonnier qui retrouve ses esprits. Pourriez-vous lever ce tissu puant qui me cache la vue ?
— Non !
S'exclame Kamakiri avant que toute décision soit prise.

La réplique ne manque pas de surprendre le groupe, mais pas Ochobo qui a reconnu le petit Senju depuis qu'il a senti son chakra si particulier. Le nukenin affiche sa satisfaction et un sourire narquois illumine son visage, il a peut-être là sa porte de sortie.

— Tu as peut-être changé de nom mon garçon, mais je te reconnaitrais même les yeux bandés, reprend Ochobo qui sème le doute au sein de l'équipe.
— Et comment tu connais cet ordure, Kamakiri ? Demande Junko qui se veut suspicieuse.
— Peu importe, répond fermement Mae qui coupe court au débat. Kamakiri est un membre du village et de la Team 7, je ne laisserais personne ternir son nom en ma présence, alors si tu veux garder ta langue tu as intérêt à nous dire ce que tu sais.

La première chose que voit Ochobo quand la jônin lui redonne la vue, ce sont les insectes sur son corps. Un avertissement de la part de l'intraitable Aburame qui n'est pas connue pour sa patience. Forcé de coopérer, le nukenin n'a pas à réfléchir bien longtemps, il préfère nettement les prisons de Konoha à ce qui l'attend dehors.

— Hisaishi Seiko, elle a envoyé son assassin personnel pour me réduire au silence, révèle finalement Ochobo qui se délecte de la réaction de Kamakiri.
— Impossible ! Seiko ne ferait jamais ça !
— Toujours aussi naïf, Inari,
s'amuse le nukenin pour torturer le garçon avec son passé.
— Donc tu sais quelque chose, quelque chose d'assez important pour que Konoha veuille te récupérer et le Clan Hisaishi te tuer, intéressant, répond Mae qui commence à cerner la situation.

Hormis son goût prononcé pour les mises à mort théâtrale, on trouve dans les crimes d'Ochobo de nombreuses associations avec des pontes du crimes ou des nukenins notables. Un homme qui choisi avec soin ses partenaires, sauf peut-être lorsqu'il s'agit du Clan Hisaishi, un clan que connait brièvement Mae. Pour avoir mené plusieurs missions au Pays des Rizières, elle sait que ce clan tient le pays d'une main de fer. Le chef est soupçonné de tremper dans plusieurs complots politiques, c'est un stratège et un manipulateur né, nul doute que sa fille suive le même chemin. Maintenant la question est : jusqu'à quel point les secrets qu'il détient sont important ? Question à laquelle la jônin espère bien avoir une réponse, pour savoir si elle doit s'encombrer encore longtemps de ce criminel.

— Et j'imagine que tu ne vas pas nous dire ce que tu sais ? Demande Mae sans grand espoir.
— Conduisez-moi à Konoha et je vous dirais tout, absolument tout, conclu Ochobo qui fixe Kamakiri.

Dos au mur, le jeune Senju ne voit qu'une échappatoire et celle-ci pourrait lui coûter sa place si chèrement acquise au sein du village caché par les feuilles d'arbres. Pour la réussite de la mission il est prêt à faire ce qu'il faut, même si cela lui coûte de se replonger dans son passé.

— Ma mère, Hanako, a loué plusieurs fois les services d'Ochobo et notamment pour… dissimuler un meurtre que j'ai commis.
— Stupéfiant ! Je dois bien reconnaitre que ça me la coupe,
le nukenin n'a pas le temps de finir sa phrase que des insectes s'immiscent dans sa bouche pour le faire taire.
— Écoute attentivement Kamakiri, ou Inari peu importe, on a tous fait des erreurs, on a tous franchit la limite, c'est le fardeau des shinobis, explique Mae avec beaucoup de retenue. Tu le sais non, regarde Saeko, tu n'as pas idée à quel point il a souffert des événements survenus à Ta no Kuni.
— Tout ceci ne concerne pas que moi, mais aussi ma mère et les informations qu'elle a vendu à des ennemis de Konoha, je suis complice de ça ! S'emporte le pauvre Kamakuri au bord des larmes.
— Si cela te coûte tant que ça, alors fait tout pour te racheter, après tout tu as bien pardonné Saeko.

Une leçon difficile à encaisser pour Kamakiri, mais il est soulagé que le lourd secret qui pesait sur son passé soit enfin révélé, même s'il ne saisit pas encore la compassion de sa sensei.
La situation n'a pas changé, mais maintenant ils connaissent la valeur de leur prisonnier. L'ennemi qui est sur leur dos ne reculera devant rien pour le récupérer. Consciente de ces informations, Mae propose un plan audacieux, mais murement réfléchit. Quelques clones, une ou deux transformations et ça devrait bien se passer jusqu'à l'arrivée des renforts. Pendant qu'une équipe de clones avec un faux Ochobo sort par derrière, une autre équipe sort par devant. Bien sûr l'ennemi couvre les deux côtés, mais c'est mal connaitre Mae qui redouble d'efforts et parvient avec de simples genins à se sortir de ce traquenard grâce à un ennemi prévisible. Les clones sont pris pour cible et rapidement neutralisé, cependant ça a laissé tout le temps qu'il faut à l'équipe d'en faire autant avec le groupe ennemi qui les a pris pour cible et s'éloigner. Sauf qu'au moment où ils pensent être hors de portée, un ninja leur fait front et pas n'importe quel ninja.

— Orino, soupir Mae qui avait eu des soupçons sur l'identité de l'assassin quand elle a vu le Genjutsu passer d'une personne à l'autre.
— Mae, ça faisait un bail pas vrai ? Je ne pensais pas qu'ils enverraient un jônin de ton niveau, soupir la nukenin de Konoha et ancienne sensei de la jeune Aburame. Tu ne vas pas me livrer le prisonnier je présume ?
— Et toi tu ne vas pas te rendre.


La confrontation est inévitable et honnêtement Mae n'est pas sûre de pouvoir prendre le dessus sur son ennemi cette fois, mais elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour offrir du temps. Sans hésiter elle passe à l'offensive en distillant son dernier ordre : conduire le prisonnier jusqu'à l'escorte ou jusqu'à Konoha si nécessaire. Les trois genins ne s'attardent pas plus longtemps en voyant le choc de l'affrontement. Par le passé Mae a déjà affronté sa sensei le jour même de sa désertion et ça ne s'est pas bien terminée pour l'héritière du Clan Aburame, mais ça ne l'a pas empêchée de remettre ça et montrer ainsi la voie à ses jeunes élèves.
Filer entre les doigts d'Orino n'est pas une mince affaire, mais avec le concours de Mae et de ses insectes les trois genins parviennent à s'extirper de ce face-à-face, non sans quelques remords. Abandonner ainsi leur sensei, même sur ordre, ça parait un peu dur. Sauf qu'ils ont autre chose à penser, rapidement plusieurs ennemis leur font face. Au nombre de sept, ils semblent tous plus déterminés les uns que les autres et cette fois-ci la surprise ne sauvera pas les jeunes ninjas.

— Bordel ! Si on ne passe pas, Mae-sensei aura peut-être fait tout ça pour rien, peste Junko qui se voit mal tenir tête à ces sept ennemis tout en gardant un œil sur le prisonnier.
— Libérez-moi et je vous aiderais, propose Ochobo qui tente sa chance.
— C'est ça oui, on est des genins, pas des crétins non plus, rétorque Junko qui garde la tête sur les épaules malgré la situation.

Kamakiri est bien silencieux, il observe son environnement et réfléchit à un plan. Tout comme sa sensei précédemment, il se demande s'il ne pourrait pas les retenir assez longtemps pour que ses camarades poursuivent la mission.

— Nobu garde un œil sur notre prisonnier, commence par expliquer Kamakiri avec un sérieux méconnu. Moi et Junko on se chargent de ceux-là et s'il bouge… passe lui l'envie de recommencer.
— Gamin, tu penses vraiment t'en sortir contre ceux-là ? Tu es inconscient,
ricane Ochobo qui a du mal à mettre sa vie entre les mains de ces trois-là.
— Tu dis ça parce que tu n'as pas vue ces deux-là en action, lui répond Nobu qui a toute confiance en ses partenaires et amis. Vous pouvez le faire les amis, je m'occupe du croquemort.

Il n'en fallait pas moins pour que Junko et Kamakiri soient gonflé à bloc. Souvent en compétition pour les missions, ils ont aussi développé une certaine synergie dans leurs techniques. La force colossale et le taijutsu de la kunoichi sont une combinaison idéale avec le Mokuton du Senju et ils ne tardent pas à le prouver. Ochobo lui-même veut bien reconnaitre que le petit à fait du chemin. Écoutant que leur courage, sans jamais oublier les consignes de leur sensei, ils passent à l'offensive. Synchronisation parfaite lorsque tous deux font apparaitre chacun un clone pour équilibrer les forces. Bien sûr l'ennemi ne se fait pas avoir par le subterfuge, mais à sa grande surprise ce n'était que des clones face à eux. Junko réapparait sur leur flanc et frappe le sol avec puissance, créant un mini tremblement de terre autour d'elle. Pendant ce temps Kamakiri à tout le temps de suivre le tempo avec ses techniques de bois. Plusieurs lianes s'élèvent du sol et emprisonnent deux adversaires. Tandis que deux autres, plus à l'aise en ninjutsu et à distance, s'attaque à Junko, les trois autres restants se tournent vers le Senju. Il a montré depuis le début qu'il était l'élément fort de ce groupe. Le combat se complique, impossible pour la kunoichi de briser la distance qui les sépare, jusqu'à ce que Kamakiri dresse un mur de bois entre eux. Cela lui vaut de se faire prendre de vitesse par son ennemi, mais il offre à Junko une occasion qu'elle saisit sans sourciller. Insufflant du chakra dans ses pieds elle court sur le mur et se retrouve vite au sommet pour sauter de ce dernier et s'abattre sur les deux ninjas. Le choc est brutal lorsqu'elle retombe au sol avec rage, envoyant au tapis deux ennemis avec ce coup. Pendant ce temps Kamakiri est aux prises avec le dernier ennemi qui fait de la résistance, les deux autres ont été imprudent et il les a corrigés, non sans perdre des forces dans la bataille, mais le dernier semble plus expérimenté. Fort de son avantage de force sur son adversaire, il met à mal la défense du genin qui parvient à esquiver in-extremis le sabre qu'il manie avec aisance. Junko parvient à le rejoindre, mais si elle réussit à toucher sa cible, elle est blessée par le sabre qui touche son épaule. Au sol, leur ennemi se relève un peu sonné, mais sur ses deux jambes.

— Junko ! S'écrit Kamakiri qui la rejoint.
— Tout va bien, ce n'est qu'une égratignure, grimace Junko qui doit voir du sang couler à travers ses doigts alors qu'elle fait pression sur la plaie.

Au loin Nobu hésite à intervenir, mais il voit à nouveau Kamakiri se surpasser et avec une rare colère il déchaîne son Mokuton et blesse mortellement son ennemi. Chose rare pour être soulignée, car jusqu'à présent ils n'avaient jamais attaqué pour tuer, mais plutôt pour se défendre. Un clap de fin qui plait beaucoup au nunkenin qui a assisté à toute la scène. Le calme revenu, il est temps de se remettre en route, mais pas pour le jeune Senju.

— Continuez sans moi, je ne peux pas laisser Aburame-Sensei…
— Junko ça va aller pour toi ?
Demande Nobu qui voit la kunoichi acquiescer. Sois prudent, ok ? Tu me dois toujours un bol de nouilles !

Parmi les choses qu'aiment Nobu il y a bien entendu dormir, mais il aime aussi manger, peut-être autant. Un jour que Kamakiri avait oublié son argent, il a pu compter sur son camarade pour lui offrir un bol de nouilles après un entraînement éreintant. Souvenir qui réchauffe l'héritier des Senju qui frappe le point de son camarade avec un large sourire.
Aucun état d'âme à tuer sa sensei pour Mae, encore faut-il que ce soit réalisable, car face à elle c'est un ennemi encore plus déterminé que par le passé qui se dresse. Tout au long du combat où les deux adversaires se rendent coups pour coups, quelques souvenirs refont surface. Orino n'a pas toujours été ainsi, mais la perte de son époux au cours de la guerre a tout changé. Jamais plus elle n'a pu faire confiance à Konoha après ce triste événement, rendant ainsi responsable tout un village. Durant sa fuite elle s'est appropriée plusieurs rouleaux de techniques interdites, fauchant la vie de plusieurs ninjas sur sa routes, ninjas qu'elle avait pourtant entraîné par le passé. Nul besoin de plus pour Mae qui mesurait sans mal la folie qui habitait sa respectée sensei, sauf que ce jour-là elle n'a pas su aller au bout lorsque l'occasion se présenta et aujourd'hui elle n'a plus l'ombre d'une occasion. Au sol et gravement blessée, elle peine à se relever alors qu'Orino s'approche d'un pas serein vers elle.

— Tu te ramollis ma fille, serait-ce ces gamins incompétents ? Tu espérais quoi, prouver que tu es meilleure que moi ? Leur apprendre les valeurs de Konoha ? Les mêmes qui ont envoyés Juichi dans la tombe.
— Juichi a donné sa vie pour sauver toute son escouade,
réplique difficilement Mae qui crache le sang dans sa bouche. C'est un héros. Toi tu es lâche et tu fais honte à son nom.
— Quelle naïveté ! Tu crois tout savoir ? Mais ma pauvre, ce monde est pourri ! L'Hokage, le Daimyo et même parmi tes plus fidèles camarades de Konoha, certains œuvrent dans l'ombre pour la chute de ces valeurs que tu défends,
révèle Orino pour déstabiliser son adversaire.
— Même si je dois être le dernier debout, je me battrais pour défendre Konoha et tout ce qu'il représente… ça ne te rappelle rien ?

La nukenin se fige devant les paroles de son ancienne élève, ce sont là les mots exacts que Juichi a prononcé avant de se lancer à corps perdu dans la bataille. Conscient que la mort lui tendait les bras, il n'a pas hésité à donner sa vie pour sauver le plus grand nombre. Un sacrifice honorable, mais parmi tant d'autres au cours de la guerre. Personne n'a honoré personnellement Juichi alors que sa mort a permis de donner un répit inespéré aux troupes. Jamais le jônin qu'il était n'aurait espéré un quelconque honneur pour ce qui était à ses yeux un devoir.

— Je ne compte plus le nombre de fois que j'ai pris ta défense, même après ton départ, confesse Mae qui se prépare à une ultime offensive. Tue-moi, mais je mourrais comme Juichi, certaine que mon sacrifice aura servi une plus grande cause.
— Pauvre idiote, pour qui te prends-tu pour me cracher ce genre de morale !


Mae déploie une grande quantité d'insecte, mais à l'aide de son Katon, Orino se précipite dans cette nuée. Le corps égratigné par ce qu'il reste d'insectes ne l'arrête pas et lorsqu'elle espère enfin ôter la vie de la jônin, voilà qu'un mur de bois se dresse entre eux.

— Tu ne toucheras pas à Aburame-sensei !

Un cri plein de courage, mais certainement le dernier de Kamakiri qui voit la nukenin faire volte-face. Impossible pour cette dernière de profiter pleinement de son Genjutsu face à l'un des meilleurs ninjas sensoriels de Konoha, en revanche contre un genin. Une fin tragique parfaite pour ce combat qui n'a que trop duré. À sa grande surprise Kamakiri ne se laisse pas faire et sans peur il s'arme d'un Kunai, quand un visage amical pose une main sur son épaule.

— Bon boulot Kamakiri, mais je prends le relais si tu veux bien, lance Saeko avec un sourire amical.
— Akimichi Saeko, j'aurais dû m'en douter, s'amuse Orino qui connait les liens qui l’unissent à Mae. Tu seras le bourreau de ta bien aimée, c'est si théâtral !
— Orino… tu parles trop.


Parmi les plus puissants ninjas de Konoha, même Orino et sa maîtrise particulière du Ninjutsu ne viennent pas à bout de l'héritier des Akimichi. Saeko se montre sans pitié et écrase son ennemi avec une seule et unique attaque devant un Kamakiri impressionné. Mae de son côté est apparue plus en forme, Saeko se dirige vers elle avec son jeune protégé et en oubli Orino qui parvient à s'éclipser avant qu'il puisse finir le travail.

— Espèce de crétin, peste Mae qui peine à se relever aidée par Saeko. Tous les deux !

An 716.


Konoha retrouve un véritable leader en la personne d'Inuzuka Taka, après plusieurs années de régence. La première initiative du fraichement nommé Hokage fut d'organiser un examen chûnin. Un événement qui avait pour vocation de prôner la paix dans le monde shinobi et c'est dans cet optique que plusieurs pays reçoivent une invitation. Nombreux sont ceux qui déclinent et parmi ceux qui acceptent les craintes demeurent. Si Suna et Konoha entretiennent des rapports cordiaux, on ne peut pas en dire autant de Kiri qui sort tout juste de la période la plus sanglante de leur histoire. La Mizukage a elle-même destituée son prédécesseur et Inuzuka Taka ne sait pas quoi en penser, mais il veut faire le premier pas vers un monde en paix. Parmi les participants on trouvait ainsi : Iwa, Kiri, Suna et bien sûr Konoha. Certains comme Kumo, Ame ou encore Yuki ont décliné l'invitation, par peur de croiser le fer avec Kiri et ce qui reste de la jeunesse de la Brume Sanglante. Les villages proposaient de deux à cinq équipes et certaines représentaient l'avenir radieux que tous cherchaient à apercevoir. Néanmoins des favoris se distinguait même aux yeux de certains grands dirigeants. La Team 7 de Konoha par exemple, dont les exploits n'avaient pas tardé à faire leur renom. C'était pourtant du côté d'Iwa qu'on trouvait l'équipe la plus redoutables, composée de ninjas expérimentés qui ont à leur actif bien plus de missions périlleuses que les autres. Le Tsuchikage est un homme énigmatique, mais il est connu pour entraîner lui-même plusieurs de ses jeunes genins et les envoyer en mission de Rang B ou A pour les former au plus vite aux difficultés du monde shinobi. Méthodes que ne conçois pas l'Hokage, mais heureusement pour tout le monde ce n'est le sujet, ce serait plutôt de savoir laquelle de ces "génération dorée" va l'emporter. Toutes les consignes rappelées, il est maintenant plus que temps de lancer officiellement les festivités.
L'examen chûnin. Kamakiri en a fait du chemin depuis ses premières missions de genin à courir après les chats perdus et les querelles de marchands. Parmi toutes les missions qu'il a effectuées, une seule lui revient en mémoire alors qu'il écoute le discours de l'Hokage. Il a d'ailleurs été inspiré ce jour-là par le dévouement de sa sensei. Mae n'a pas reculé devant un ennemi qu'elle savait trop puissant, alors qu'elle n'était pas sûre de trouver la force de le tuer. Une chance que Saeko soit intervenu, sans lui Kamakiri aurait pu partager le même destin qui attendait sa sensei. Tout le monde va bien aujourd'hui… à l'exception de leur prisonnier. Enfermé aux prisons de Konoha et sous étroite surveillance, il a quand même succombé à un poison dont les effets ont rappelé des souvenirs au jeune Senju. Sans jamais avoir eu le temps de révéler ses secrets alors qu'il avait négocié un juteux accord avec le village. Tout ça c'est loin maintenant. Kamakiri a grandi et a gagné en maturité depuis cette mission, ce n'est d'ailleurs plus auprès de coéquipiers qu'il s'apprête à passer l'examen chûnin, mais des amis. Junko s'est vite remise de ses blessures pour être toujours plus insupportable. À l'instar de Nobu qui a vite retrouvé son arbre et ses siestes, sans oublier le bol de nouille que lui devait Kamakiri. Tous les trois sont passés du statut de "pire équipe de Konoha" à "favoris pour l'examen". Un revirement de situation flatteur, mais ça ne leur montait pas à la tête pour autant. Comme aimait à leur rappeler leur sensei : aucun excès de zèle tant que la mission n'est pas terminée. Examen ou mission, même combat. La Team 7 n'avait plus rien à prouver, mais elle devait tout de même se montrer à la hauteur de la réputation qu'elle s'était taillé.
En réalité cet événement n'avait d'examen que le nom, car cela se rapprochait plus d'escarmouches et de situations semblables à des missions à haut risque. C'est donc dans un environnement spécialement conçu pour l'occasion que les jeunes genins de chaque pays s'élance. Une vaste jungle où l'on trouve des pièges et des animaux aussi dangereux que n'importe quel Nukenin de Rang A ou plus. Au cours des deux dernières semaines la Team 7 avait doublé les entraînements, gonflés à blocs ils étaient tous les trois prêts à en découdre. Principalement Junko qui affichait toute sa confiance.

— Quatorze équipes pour trois rouleaux… facile !
— À condition qu'on évite Iwa, je te rappelle qu'ils ont deux équipes en lice,
s'inquiète Nobu qui préfère rester prudent. Et je ne parle même pas de Kiri.
— Je ne vois pas où est le problème, on va tous les éclater,
rétorque Junko qui surévalue allégrement les capacités de leur équipe.
— Nobu a raison, lance soudain Kamakiri qui descend du perchoir où il était. Trois zones : Terre, Forêt et eau, ce qui veut dire qu'il y a potentiellement un rouleau par zone… concentrons nous sur la forêt, c'est un environnement qu'on connait bien.

Junko n'était pas là pour faire de la figuration et encore moins récupérer l'un des précieux rouleaux sans se frotter aux ninjas les plus prometteurs. Suna, Kiri et même Iwa, personne ne lui faisait peur. Plus inquiet, Nobu ne voulait pas que l'enthousiasme de sa partenaire gâche leur chance et pour ça il s'en remettait à Kamakiri. Le jeune Senju avait une âme de leader bien qu'il prétende le contraire, en tous cas il avait toute la confiance de son camarade – pas toujours celle de la kunoichi qui complète leur trio en revanche. En réalité Kamakiri n'est pas certains que tout le monde respecte cette logique. Jouer sur ses points forts implique dans ces conditions de se confronter à des ninjas potentiellement aussi à l'aise dans cet environnement. C'est là tout le but de cet endroit, mais pour ceux qui oseraient s'aventurer en terrain inconnu c'est à double tranchant. Pour Kamakiri nul doute que certains vont tenter leur chance en dehors de leur zone de confort, c'est pour ça qu'il presse le pas. Trouver le rouleau est la première étape, la seconde sera de le protéger tout le reste de la journée et jusqu'au lever du soleil.
Les premiers bruits de combats ne tardent pas à se faire entendre et très vite Kamakiri et ses camarades sont confrontés ce qui se fait de plus dangereux : un serpent géant. Sortant de nulle part le monstre se dresse devant eux pour leur barrer le passage. Haut de plusieurs mètres il va être difficile de lui échapper, première épreuve donc pour les favoris de Konoha.

— Depuis quand on a des serpents géants à Konoha ? S'inquiète Nobu quand il voit la taille de ce monstre.
— Un peu d'action ! S'enthousiasme Junko qui sort déjà son kunai.
Attend une seconde… c'est quoi au niveau de sa tête ? On dirait…
— Un rouleau !
Reprend Nobu à la remarque de Kamakiri.

Étrange cachette pour un rouleau, mais au moins ça leur évitera de chercher toute la journée. Junko fanfaronne, mais voit Kamakiri lui rappeler que ce monstre qui leur fait face doit être puissant pour protéger le rouleau. Il en fait plus pour faire peur à la kunoichi qui s'élance sans attendre ses camarades. Seul face à ce serpent géant elle ne fait pas un pli, la créature donne un simple coup de queue rapide et la renvoie au sol. Accusant le coup, Junko se relève et grimace.

— Bon ok… Kamakiri si tu as plan, on peut en discuter.

Pour cela il aurait fallu ne pas énerver la créature qui fend sur leur cible avec la même vitesse affichée qui précédemment. Les trois ninjas l'évitent in extremis pour se percher en hauteur et avoir un peu de répit. En l'état, Kamakiri n'a pas de plan miracle, hormis peut-être subtiliser le rouleau et courir aussi vite que possible. Le problème c'est que même si à trois ils parviennent à atteindre ce monstre, Junko effleure d'ailleurs le rouleau à cette occasion, le serpent révèle ce qui fait de lui un être si dangereux en crachant du poison. Heureusement personne n'est touché, car lorsqu'il s'étale sur plusieurs arbres, ceux-ci se rompt et s'écroulent lourdement. Au final tout ce qu'ils parviennent à faire c'est frôler la mort plusieurs fois et brûler du chakra inutilement. Près d'une heure de combat est nécessaire pour toucher au but grâce à l'environnement qui permet à Kamakiri de briller, mais il ne parvient qu'à défaire le rouleau et voit celui-ci être subtilisé par un ninja ennemi qui rejoint son équipe.

— Il est à nous ce rouleau ! S'exclame Nobu à l'attention des trois ninjas de Kiri.
— Venez le chercher dans ce cas.

Les trois ninjas tentent de s'enfuir avec le rouleau, mais c'est contre eux que l'imposant animal tourne sa colère. Le poison qu'il crache touche même l'un d'eux, les mettant ainsi en mauvaise posture. Pour Junko c'est une occasion, mais Kamakiri à d'autres plans. Plutôt que de les voler à leur tour et les abandonner à leur triste sort, il s'élance pour les défendre. Dressant d'abord un mur de bois entre eux et le monstre, il fait sortir des lianes du sol pour le retenir et offrir à Nobu et Junko une ouverture. Propulsée par le naginata du garçon, cette dernière insuffle une grande quantité de chakra dans son bras et met un terme aux mouvements du serpent qui est sonné. Les trois ninjas de Kiri n'en reviennent pas et peine encore à croire ce qu'il voit quand le jeune Senju s'enquière de l'état de leur camarade.

— Tout va bien pour vous ? C'est une sacrée blessure…
— Maintenant donnez nous le rouleau !
— Junko ! On a foncé tête baissée dès qu'on a vu le rouleau, eux ont attendu une opportunité, ça n'a rien de déloyal,
explique Kamakiri qui se montre beau joueur.
— Depuis notre arrivée ici on nous crache dessus, confesse le genin du Pays de l'Eau. Moi c'est Kinnari et voici Fuusaki et Akeno, merci le Senju, vraiment.
— Mouai, n'empêche que sans nous…
— C'est bon Junko, il reste encore deux rouleaux.
— Je crois que vous êtes restés trop longtemps dans votre forêt,
répond Fuusaki alors qu'il tente de soigner son camarade. Les équipes d'Iwa possèdent les deux autres rouleaux et ils ont déjà éliminé six équipes.

Tour de force qui fait réfléchir, mais Kamakiri ne compte pas en rester là. Il aurait été facile de le reprendre aux ninjas de Kiri maintenant qu'ils ont un blessé, mais ce n'est pas ce genre de ninja qu'il veut devenir.

— Et si on reprenait celui-là ? Demande Junko qui fait craquer ses poings.
— Moi qui pensais que tu voulais te frotter aux génies d'Iwa, réplique Kamakiri avec un sourire malicieux.
— Sérieux ? Ce n'est pas une blague ?! Ok, on va leur botter le cul ! S'enthousiasme Junko devant un Nobu désespéré.
— Vous allez vraiment affronter les six ninjas d'Iwa ? C'est du suicide, ils sont sans pitié, j'en ai vu un briser le bras de son ennemi…
— Oui, ils sont sérieux,
soupir Nobu qui désespère.
Un peu d'enthousiasme Nobu, on est là pour se surpasser, non ? Bon courage les amis, vous en aurez certainement autant besoin que nous, conclu Kamakiri qui s'apprête à partir.

Junko ne pensait pas que Kamakiri prendrait une telle décision, elle se serait contentée du rouleau arraché par Kiri. Trop facile pour l'héritier des Senju qui s'était promis de montrer tout son potentiel, pour enfin espérer gagner sa place au sein du clan.
Fort de leur réussite jusqu'ici les six ninjas d'Iwa affichent leur confiance en ayant installé leur clan à découvert dans une partie désertique. L'environnement est clairement à leur avantage, mais ce n'est pas ce qui fait leur force, plutôt la maîtrise du ninjutsu de l'un des genins. Disciple du Tsuchikage, il a appris auprès du meilleur et maîtrise, à un si jeune âge, déjà les cinq affinités. La Team 7 de Konoha a fort à faire, mais Kamakiri repère plusieurs bonnes nouvelles après avoir espionner ses ennemis pendant une poignée de minute.

— Alors Kamakiri, ça se présente comment ? Demande Nobu qui voit enfin revenir son camarade.
— Pas trop mal, dit-il avec calme avant de donner plus d'explications. On a un élément fort au sein de chaque équipe, les autres sont soit épuisés, soit là en soutien.
— Mais ?
S'inquiète Junko qui voit bien que son camarade hésite.
— Mais c'est ce qui fait leur force, il y a une véritable complémentarité, c'est pour ça qu'ils sont intouchables… jusque-là.

Iwa est peut-être intouchable jusqu'à présent, mais c'est parce qu'ils affrontent des ninjas et non l'environnement lui-même. C'est là toute la subtilité du plan de Kamakiri qui veut cette fois-ci utiliser le même environnement qui a bien failli les tuer pour désorganiser leur ennemi. L'eau, la terre, la forêt, toutes ces zones possèdent leurs propres dangers. Tout en fouillant les alentours en tentant de trouver une faille, Kamakiri est tombé sur quelque chose d'intéressant : un nid de scorpions.

— D'abord des serpents, maintenant des scorpions, soupir Nobu qui ne saisit pas la bonne nouvelle.
— Attends une seconde… comment ils ont fait pour les éviter ? S'interroge Junko à juste titre.
— Excès de confiance tout d'abord, mais parce que c'est une espèce nocturne, dévoile Kamakiri qui dresse ainsi une esquisse de son plan. J'ai vu des baies amères en bordure de forêt, ces scorpions en sont dingues, ça devrait les attirer.
— Kamakiri… tu es diabolique ! Je suis bien content de t'avoir dans notre équipe !
— Mouai, je serais d'accord avec Nobu quand on aura un rouleau dans les mains !
Ajoute Junko qui va devoir attendre deux bonnes heures pour avoir un peu d'action.

Les connaissances de Kamakiri ne surprennent plus personne, c'est un gargçon curieux et sans cesse en quête de nouvelles choses. D'ailleurs ce grade sera pour lui l'occasion de partir au-delà des frontières du Pays du Feu et découvrir de nouvelles choses. Un rêve qu'il nourrit depuis longtemps maintenant.
La moitié du temps était passé avec la nuit qui tombait et bientôt la Team 7 de Konoha allait se lancer dans une bataille décisive pour le succès de cet examen. Mené par un Kamakiri confiant, l'équipe attendait que les dernières lueurs du soleil disparaissent. Grâce à l'ingéniosité de Nobu le plan avait été quelque peu amélioré. Maintenant ils ne se contentait plus de simples baies, ils avaient leur attente à profit en fabriquant des sortes de boules puantes qui se répandront sur une large surface par le biais d'un kunai explosif. Bien évidemment il y avait fort à parier que les ninjas d'Iwa s'était préparé à un assaut nocturne, Kamakiri les soupçonnait même d'avoir placé des pièges et il en remarqua quelques-uns. Tout ce qu'ils avaient à faire, c'est s'approcher suffisamment pour lancer les kunais et laisser la nature faire le reste, en espérant que celle-ci soit au rendez-vous. Dès que le dernier rayon de soleil disparait, les trois ninjas s'élancent chacun dans une direction pour couvrir plus de terrain. Très rapidement, trop peut-être, les ninjas d'Iwa remarquent cette attaque et se place déjà en formation de combat. Le premier réflexe lorsqu'ils voient les kunais c'est de se protéger grâce à des esquives ou des techniques Doton. Sauf qu'à leur grande surprise l'explosion ressemble plus à un pétard mouillé.

— C'est tout ce que vous avez ? Fanfaronne l'un des ninjas qui rompt la position pour passer à l'offensive.
— Dai, non ! C'est un piège ! Tente l'un de ses comparses en vain.

Kamakiri s'est volontairement mis en avant, avec ses techniques Mokuton il est plus à l'aise pour se défendre et c'est ce qu'il fait face à ce ninja imprudent. La suffisance est parfois le pire ennemi que l'on puisse trouver et pour le jeune Senju c'est du pain béni. Un premier combat éclate et celui-ci tourne rapidement à l'avantage de Kamakiri qui maîtrise son adversaire. Hélas la joie est de courte durée, il se retrouve vite entouré par les camarades de son adversaire encore au sol.

— Pas mal pour l'un de ces crétins de la feuille, mais toi et tes petits copains vous feriez bien de renoncer, je vous ai vu nous observer depuis deux bonnes heures déjà, avoue le ninja qui se distingue le plus parmi ses camarades.
— Vous pensez être intouchable, pas vrai ? Mais vous avez négligez un aspect fondamental : l'environnement, rétorque Kamakiri qui se montre confiant alors que rien ne se passe.
— On a grandi dans les montagnes d'Iwa, c'est autrement plus difficile que les jolies forêts que vous avez au Pays du Feu, répond le même ninja.

L'heure tourne et toujours rien, Kamakiri manque de temps et les ninjas d'Iwa s'impatiente une fois leur camarade sur pieds… puis soudain, un grondement sourd. Tout juste perceptible, mais de plus en plus insistant. Un sourire anime le visage du genin de Konoha qui saisit sa chance pendant la confusion de l'ennemi. Sifflant pour alerter ses camarades, il sort de sa poche trois bombes qu'il fait exploser sur le sol. La fumée est rouge et l'odeur est fruitée, personne ne comprend réellement ce qui se passe jusqu'à ce qu'un bruit étrange les alertes.

— Des scorpions !

Le temps que les ninjas d'Iwa réagissent, Nobu et Junko en retrait envoient de nouveaux kunais qui explosent et projettent cette fois une pâte visqueuse sur les ninjas. Plus réactif, celui qui s'adressait précédemment au jeune Senju se protège sans vergogne avec l'un de ses camarades avant de se mettre à la poursuite de Kamakiri qu'il rattrape non loin de leur campement, là où il pensait trouver les rouleaux.

— C'est ça que tu cherches ? Lance le ninja d'Iwa qui sort le précieux rouleau. Je dois avouer que c'était plutôt bien vu, mais c'est terminé les jeux de gamins… j'ai hâte de mettre à l'épreuve la réputation des Senju.
— Alors tu es tombé sur le mauvais Senju,
s'amuse Kamakiri qui compte bien arracher le rouleau maintenant qu'il est parvenu à sortir le plus fort du groupe. Moi c'est Kamakiri.
— Nakahira.


Les présentations faites le ninja d'Iwa passent à l'offensive et on peut dire qu'il ne fait pas dans la demi-mesure, comme le pressentait Kamakiri il maîtrise à la perfection le ninjutsu. Tandis que lui maîtrise à peine le Suiton et le Doton, cependant il se montre comme toujours à la hauteur de combat et rivalise même avec son adversaire.
L'audacieux plan de Kamakiri semble fonctionner alors que d'énormes scorpions sortent de leur cachette pour se ruer sur l'odeur alléchante. Les ninjas d'Iwa, maintenant réduit à cinq, tente de se défendre, mais ça parait plus difficile que quelques ninjas isolés. Créatures prodigieusement résistantes avec leur carapace, elles ont aussi des atouts offensifs non négligeable comme leurs grandes pinces et leur queue et son poison. Là où le plan pèche c'est pour la suite, si Kamakiri est parvenu à isoler le plus fort, Nobu et Junko ne parviennent pas à atteindre leur cible eux aussi aux prises avec les scorpions. Par chance ils se débrouillent beaucoup mieux que leurs adversaires, mais brûle du chakra en quantité. Débarrassé des scorpions ils retrouvent un ennemi décimé et aussi épuisé qu'eux. Au nombre de trois maintenant, ils ont perdu un camarade qui se tord de douleur à cause de poison et un autre qui est inconscient, déjà bien mal en point après l'attaque de Kamakiri.

— C'est de votre faute tout ça ! On va vous éclater ! S'emporte l'un des ninjas d'Iwa inquiet pour ses camarades.
— Attends… il est où Nakahira ? Demande un second qui réalise seulement maintenant l'absence de son chef.
— En train de se prendre une raclée par notre ami, crois-moi ça ne va pas être joli à voir, lance Nobu pour les provoquer.

Forcer l'ennemi à porter le premier coup permet de les surprendre et visiblement sous le coup de la colère, les ninjas d'Iwa foncent sans réfléchir. Seulement il ne s'attendait pas à tomber sur une force de la nature comme Junko, qui décoche une droite monstrueuse au premier qui s'approche d'un peu trop près. Maintenant averti de la force de leur adversaire ils font tout pour mettre de la distance, mais Nobu et Junko sont devenus très rapide et parviennent à s'approcher suffisamment de leurs adversaires pour placer leurs attaques. Sans leur chef et désorganisés les ninjas du pays de la terre peinent à retrouver le rythme, un temps seulement, car ils retrouvent vite les bons réflexes et équilibrent les forces alors qu'ils viennent de perdre un nouveau camarade. Junko se retrouve larguée devant la synergie et le ninjutsu de ses ennemis, au contraire de Nobu qui brille et se donne à fond lorsqu'il est aussi motivé. Usant de son naginata avec aisance, il parvient à en mettre un au sol et s'offre même le luxe de maîtriser le second assez longtemps pour que Junko lui assène le coup fatal. Épuisés, mais victorieux, la bataille est loin d'être terminé et au loin le combat fait rage.
Kamakiri et Nakahira joue jeu égale dans cette escarmouche, avec un avantage pour le second grâce à sa grande polyvalence. L'héritier des Senju se défend et tient le rythme, mais la zone est complètement déformée par les attaques déployées par mes deux ninjas. Nakahira doit bien l'admettre, il ne pensait pas trouver un adversaire à sa taille.

— Pas mal, vraiment pas mal, lâche-t-il en reprenant son souffle.
— Ce n'est pas facile en un contre un, hein ? Répond froidement Kamakiri qui pointe du doigt leur attitude. Tout ça pour subtiliser tous les rouleaux.
— Qu'est-ce que tu veux dire ? On a toujours combattu à la loyal ! Et on a qu'un rouleau !
Proteste Nakahira.
— On a croisé des ninjas de Kiri, ils nous ont donnés votre position et nous ont dit que vous aviez éliminé cinq équipes déjà, reprend le jeune Senju qui ne sait plus qui croire.
— Cinq équipes ? Désolé, mais à part une équipe de Suna et une équipe de Konoha, c'est tout ce qu'on a rencontré et les deux sont repartis sur leurs deux jambes, on n'est pas comme ça !

Alors quoi ? Les ninjas de Kiri auraient menti ? Et dans quel but. Kamakiri ne sait plus quoi penser et pour tout dire il se fiche bien de qui a fait quoi, il a l'occasion de récupérer un rouleau et ne va pas s'en priver. Le combat reprend tambour battant. Nakahira est peut-être à son âge déjà un grand utilisateur de ninjutsu, mais il trouve sa limite à brûler du chakra à cette vitesse. Au contraire de Kamakiri qui prend alors le dessus et envoie au tapis son adversaire avec une attaque Mokuton. Au-dessus de lui, le garçon affiche un sourire satisfait, ce combat aura eu le mérite d'être intense et alors qu'il ramasse le rouleau il félicite son adversaire.

— Je dois admettre que c'était un sacré combat, dit-il en tendant une main amicale à son adversaire.
— Kamakiri tu es vraiment un drôle de personnage, rétorque Nakahira qui saisit la main tendue et se relève difficilement.

L'intéressé ricane à ce drôle de compliment, mais voit alors le ninja d'Iwa le repousser et prendre une attaque au sabre de plein fouet à sa place. Gravement blessé par cette attaque sournoise, il s'écroule au sol et sombre dans l'inconscience. Un nouvel ennemi se dresse devant Kamakiri et il l'a rencontré quelques heures plus tôt : Akeno et derrière lui son équipe.

— Oups, on dirait que celui-là était pressé de mourir, s'amuse l'épéiste qui voit le corps sans vie au sol.
— Espèce d'enflure ! À quoi tu joues ?! S'énerve Kamakiri qui a peur de saisir la manœuvre du ninja de Kiri.
— Écoute Kamakiri, ce n'est pas contre toi, vraiment, tu as été super avec nous… mais si je ne ramène pas les trois rouleaux… c'est ma seule chance tu comprends ! S'emporte Akeno qui parait sincère.
— Et après ?! On a tous quelque chose à prouver !
— Tu as grandi à Konoha, en sécurité, tu ne peux pas comprendre…


Kamakiri ne répondra même pas à cette remarque et passer à l'attaque alors qu'il est au bord de la rupture physique avec toute cette énergie dépensée. Face à trois ennemis il peine à faire bonne figure, mais se défend plutôt bien compte tenu de la situation. Heureusement il peut compter sur le retour de ses camarades, eux aussi dans un sale état, mais ça équilibre les forces. Les retournements de situations s'enchaînent, mais la Team 7 savait à quoi s'attendre en s'engageant dans la mêlée et tous les trois savaient qu'ils auraient à affronter de nombreux ennemis. Le combat est nettement en faveur de Kiri, mais Konoha n'a pas dit son dernier mot avec un Kamakiri au sommet de sa forme malgré la fatigue. Redoublant d'effort il parvient à se défaire d'un premier adversaire avant de sortir Nobu et Junko d'une situation épineuse. Le sol se soulève sous les pieds des ninjas de Kiri pour couper court à leur tentative.

Tout va bien ? S'inquiète Kamakiri qui perd le fil du combat et se fait surprendre.
— Kamakiri attention !

Nobu est le plus rapide, mais s'il parvient à briser la lame de son adversaire avec son Naginata, le mal est déjà fait. Planté à seulement quelques centimètres de sa poitrine ce qui reste de la lame. Le courageux ninja s'écroule dans les bras de Kamakiri qui le rattrape.

— Nobu ! Bordel Nobu ! S'inquiète-t-il alors que son ami affiche un sourire amusé.
On dirait bien que c'est moi qui te sauve la mise pour une fois, dit Nobu d'une voix faiblarde.
— Espèce d'ordure ! Hurle Junko pleine de rage et qui réexpédie le ninja de Kiri encore sous le choc quelques mètres plus loin.

La situation vire au drame avec une telle blessure, mais il reste encore Akeno et il ne semble pas décidé à en rester là malgré les pertes tragiques qui se succèdent. C'est la stratégie et la cohésion d'équipe qui doit être mise en avant dans cet examen, certainement pas ce genre de scène. Détail que le ninja du brouillard ignore, lui qui a eu des consignes spécifiques de la part de son sensei.

— Désolé pour ça, maintenant remettez moi le rouleau et je vous laisse tranquille, annonce Akeno en tentant de faire bonne figure.
— Je vais te le faire bouffer ce pu…
— Junko, occupe-toi de Nobu, lâche calmement Kamakiri qui prend soin d'allonger doucement son camarade sur le sol.

Junko l'a toujours su, Kamakiri n'est pas comme tout le monde et elle s'est souvent demandé s'il était vraiment fait pour être ninja. Toujours à s'inquiéter pour ses camarades et même ses ennemis alors que ceux-ci lui auraient bien ôté la vie pour ces maudits rouleaux. Poussé jusqu'aux recoins les plus sombres de sa personnalité, c'est un Kamakiri métamorphosé qui se dresse devant un Akeno terrorisé par le regard noir du garçon.

— Nobu est mon ami. C'est un gentil garçon qui aime faire la sieste après un bon repas. Moi… je ne suis que l'héritier maudit des Senju, un paria récupéré dans un bordel.
— Kamakiri, ce n'est pas vrai,
soupir Junko les larmes aux yeux.
— Tu vois Akeno, tu te plains de tes conditions de vie, tu juge ton ennemi avant même de l'avoir affronté… je ne suis pas un gentil garçon comme Nobu ou un ninja dévoué comme Junko.
— Qu'est-ce que tu veux que ça me foute tout ça ? Tu en as bavé ? Ce n'est rien à côté de nous !
— Tout ce que je veux… c'est que tu saches pourquoi je dois faire ce que je vais faire.


La pauvre Akeno n'a pas l'ombre d'une idée sur le monstre qu'il vient de libérer. Kamakiri est peut-être digne des Senju quand on connait son aisance avec le Mokuton, mais il aussi hérité de la sombre personnalité de sa mère. Hanako aurait été prête à brûler le monde entier pour son fils et ça il ne l'oubliera jamais, aujourd'hui c'est à lui d'en faire autant pour protéger ses amis. Puisant dans ce qui lui reste de chakra, Kamakiri dévoile tout son potentiel en surpassé de loin l'épéiste prometteur qu'est Akeno et le met sans mal à terre. Incapable de bouger avec un corps qui le fait souffrir, il ne peut que prier pour que ce soit rapide lorsque l'héritier des Senju se dresse au-dessus de lui avec un regard sombre.

— Kamakiri, ça suffit, prends-lui le rouleau et on en reste là, s'inquiète Junko qui imagine le pire.
— Tu prétends avoir eu une enfance difficile ? Et alors, on est des ninjas, pas des pantins, on peut dire non, on peut se révolter… Kiri en a donné la preuve.
— Ferme-la ! Tu ne sais rien de Kiri !
— J'ai compris une chose grâce à toi, je ne veux plus être un outil, c'est terminé.


Faisant référence à la fois à son passé et à sa condition de ninja, Kamakiri conclu en reprenant le rouleau qu'il lui avait volontairement laissé un peu plus tôt. Il rejoint ses camarades le visage grave, tout à la fois peiné et déçu par tout ce qui vient de se passer. Les autres équipes de Kiri arrivent bientôt en renfort pour soutenir Akeno qui se relève avec toutes les peines du monde. Pas moins de trois équipes composent les forces engagées par le Pays de l'Eau. Bien décidé à reprendre ce qui leur est dû, ils ne s'attendaient certainement pas à devoir faire face à autant d'adversaire. Les six ninjas d'Iwa, avec un Nakahira dans un sale état et d'autres mal en point, se dressent pour faire front commun. Contre toutes attentes ils sont rejoints par d'autres ninja de Konoha encore en lice qui ont assisté à la scène en pensant saisir une occasion, mais inévitablement touché par les paroles de Kamakiri. C'est maintenant près d'une quinzaine de ninjas qui s'opposent à Kiri.

— Kiri va devoir se contenter d'un seul rouleau, lance Kamakiri en aperçoit un à la ceinture de l'un des ninjas.
— Et toi tu en as deux, alors que vous êtes bien plus d'équipes, tu vas gérer ça comment ? Hein ? Répond Akeno qui pense provoquer une dispute.
— Tu parles de ces rouleaux ? Rétorque Kamakiri qui sort les deux rouleaux en sa possession. L'un revient à Iwa, parce que je n'ai jamais rencontré d'adversaire aussi investi et dévoué que Nakahira et l'autre, je le laisse à mes camarades, moi je ne veux pas devenir un chunin dans ses conditions.
— Kamakiri…
— Non Junko, rien ne me fera changer d'avis… nous sommes des genins et regardent à quoi nous en sommes réduits, c'est comme ça qu'on va éviter des guerres ? Moi ça ne me plait pas, je refuse de participer à ça.


Le discours de Kamakiri a le mérite de faire réfléchir tout le monde. Nakahira sonde le regard de ses camarades et jette finalement le rouleau au sol, refusant à son tour de jouer à ce jeu pervers. Inspirée, les autres ninjas en font autant alors qu'il y a encore quelques années certains faisaient partis de ceux qui se moquaient de Kamakiri. Blessé et tout juste sur ses deux jambes, Nakahira tient à s'avancer et à son tour tendre une main amicale à son adversaire du jour.

— Qu'on se le dise Kamakiri, tu es un crétin et tu fais un piètre ninja… mais tu es le meilleur d'entre nous, sois-en sûr.

An 718.

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♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Vide
MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeDim 12 Avr - 10:34


HISTOIRE (SUITE)
Konoha n'avait plus rien du village plein de promesses que Kamakiri avait imaginé lors de son premier jour à l'académie, plus maintenant en tous cas. Pour les Kages qui avaient fait le déplacement cet examen était une réussite et avait permis à plusieurs ninjas de s'attribuer le grade de chûnin. Une réussite. Voilà tout ce qu'on pouvait retenir du discours pompeux et dégoulinant de bons sentiments de l'Hokage, applaudit et soutenu par de nombreuses voix pour son initiative. Étonnamment la joie ne semblait pas être partagée par les nouveaux promus, au contraire même. Face aux Kages ils tentaient de faire bonne figure, mais ça paraissait impossible après les événements survenus au cours de cet examen. Tout ceci n'était qu'une exhibition, rien de moins qu'un vulgaire petit jeu de pouvoir. Certains étaient marqués à vie par cette mise en scène de guerre et pour beaucoup d'entre eux c'était le début d'un chemin long et tortueux dans la machine infernale qu'est un village caché. Comment Kamakiri et Junko pouvaient se réjouir de devenir chûnin quand leur camarade est à l'hôpital entre la vie et la mort. Aucune mention n'a été faite dans un discours trop long et ennuyeux, destiné à de jeunes shinobis éreintés par les escarmouches de la veille. Les jours suivant furent pires, entre officialisation et félicitions Kamakiri en avait la nausée. Seul moment de réconfort, les quelques minutes qu'on lui accordait pour voir son ami plongé dans le coma. Junko relativisait et préférait voir le positif, maintenant que ce sont des chûnins ils peuvent laisser leur emprunte et changer les choses pour offrir un avenir meilleur aux générations futures. Un discours qui soulageait à peine la déception de son camarade, même leur sensei ne trouvait pas les mots.

— Je sais à quel point c'est dur Kamakiri, soupirait Mae à son jeune élève pour tenter de le rassurer. Tu n'es pas comme n'importe quel ninja et tout au long de ta vie tu vas devoir te battre contre tout et tout le monde, c'est épuisant, mais tu seras resté fidèle à toi-même.
— Et comment je peux faire ça ? On n'est que de la viande qu'on envoie au charbon,
répond Kamakiri sur un ton las et blasé. Je n'ai plus envie de participer à ça…
— Inuzuka Taka est ce qui pouvait arriver de mieux à Konoha, laisse-lui du temps,
ajoute Mae sans convaincre. On ne fait pas tout ça pour les honneurs ou quelques secondes de gloire, mais pour le village, pour ses habitants.

Pour l'héritière des Aburame c'était peine perdue, pour le moment Kamakiri était en plein doute. Tout ce qu'elle espérait maintenant c'est qu'il ne prenne pas une mauvaise décision sur un coup de tête. Mae est convaincu d'une chose, plus encore après cet examen : Kamakiri est un leader en devenir, peut-être même le futur Hokage.
Un mois après ces événements traumatisants, le verdict tombe pour Nobu. Sortie du coma et hors de danger, il apprend qu'il ne pourra plus être un ninja. C'est douloureux, mais il surprend tout le monde en se montrant enthousiaste pour l'avenir. La vie de ninja ce n'est pas seulement les missions, c'est aussi un long travail de logistique. Nobu a prouvé son ingéniosité et ses connaissances, il tient à mettre tout à profit et c'est pour ça qu'il tient à poursuivre sa carrière de ninja d'une autre façon. En outre il s'inquiète pour Kamakiri, plus que pour lui d'ailleurs. Le jeune Senju est aux abonnés absents depuis sa sortie du coma et personne n'a pu mettre la main dessus. Pourtant Nobu est persuadé de l'avoir aperçu roder dans les couloirs et une fois devant sa chambre, comme s'il s'en voulait et qu'il n'osait pas venir voir son ami. Il aurait pu rester en retrait ce jour-là, mais c'est Kamakiri qui se serait retrouvé dans ce lit d'hôpital et ça Nobu n'aurait pas pu se le pardonner. Tout le monde l'a jugé avant de le connaitre, lui le premier, mais comme l'a si bien dit le ninja d'Iwa c'est le meilleur d'entre tous. Un revers ne veut pas dire que tout est fini, il ne doit pas abandonner aussi vite, il doit se battre. Nobu aimerait lui dire tout ça, mais il ne voit que sa sensei et Junko.

— J'ai parlé à quelques amis, dès que tu sors de là tu intègre une branche spéciale des forces armées, révèle Mae avec enthousiasme. Tu auras moins de siestes et plus de boulot, mais la Stratégie Militaire est un domaine tout aussi important que ce que nous faisions jusqu'à présent.
— Merci sensei, si je peux continuer à aider mon village, je le ferais,
répond Nobu qui se veut positif. Puis je ne veux pas manger et dormir tout le reste de ma vie, je vais perdre ce corps de rêve.
— Parce que tu crois que ça fait tout ?


La réplique de Junko ne manque pas de faire rire tout le monde quand timidement, Kamakiri se montre enfin à la porte. Tout le monde est ravi de le voir, principalement la jeune kunoichi qui s'inquiétait plus que de raison. Mae lui fait signe qu'elles doivent sortir pour que ces deux-là soient un peu tranquilles. Content de revoir son ami, Nobu se montre pourtant intransigeant avec lui et le lui fait savoir sans détours.

— Tu en as mis du temps, tu avais mieux à faire peut-être ? Dit-il sèchement avec un regard sévère. Je me suis inquiété tu sais, la moindre des choses auraient été que tu passes me voir.
— Je sais, mais je…
— Quoi ? Tu quoi Kamakiri ? Tu es mon coéquipier, mon ami, mon frère même,
reprend Nobu avec ferveur. Tu crois sincèrement que je t'en aurais voulu ? Et puis de quoi d'abord ? Si c'était à refaire je le referais, parce que les choses auraient pu être bien pire.
— Désolé Nobu, c'est juste que tout ça c'est beaucoup pour moi, je ne suis pas sûr d'être capable de continuer.
— Oh la ferme, épargne-moi ce genre de discours !
S'emporte Nobu malgré la fatigue. Tu vas relever la tête, serrer les dents et reprendre ta place, pour moi, pour Junko et pour notre sensei, tu le dois à ce village.
— Si j'avais su que je me ferais engueuler en venant…


Réponse qui met à mal le sérieux de Nobu, qui rigole de bon cœur avec son ami. Parfois Kamakiri est trop buté pour voir les choses et dans ces moments-là il faut savoir être ferme et lui rappeler les réalités. Bien sûr que Nobu est déçu de se retrouver dans cet état, plus jamais il ne pourra tenir son naginata et il va devoir oublier les aventures avec son équipe. Seulement il ne veut pas se laisser abattre, il tient à se rendre utile malgré cette nouvelle condition.
Initiative et leadership furent les qualités qui permirent à Kamakiri de se voir récompenser par un grade qu'il désirait ardemment. Au début en tous cas, quand il pensait que ce serait une preuve de loyauté envers le village et les Senju. Insuffisant pour satisfaire son clan et le village se fichait bien d'un énième chûnin. Incapable de trouver sa place donc, il en était à se demander ce qu'il pouvait bien lui manquer pour être enfin heureux. Au moins les missions qu'il menait avec Junko, et parfois avec leur ancienne sensei Aburame Mae, lui offrait quelques rares instants de légèreté. Cela était peut-être dû à ses sentiments pour son amie et coéquipière, mais il n'avait pas le courage de le lui avouer, par peur de gâcher cette synergie si particulière entre autres choses. Très doué pour enfouir profondément ses émotions, Kamakiri n'avait aucun mal à poursuivre son devoir aux côtés de la kunoichi. Un sujet qu'il abordait souvent avec Saeko, au fait de la situation par le biais d'une Mae un peu trop bavarde.

— Alors Kamakiri, tout va bien entre toi et Junko ? Demande-t-il innocemment alors qu'il s'installe au restaurant de nouilles.
— Oui, pourquoi cette… Mae, soupir Kamakiri qui esquisse malgré tout un sourire amusé. Rappelle-moi de ne plus rien lui dire.
— Mae s'inquiète, c'est tout, elle n'en a pas l'air comme ça, mais elle tient beaucoup à toi et Junko tu sais, elle ne parle que de vous.


La Team 7 a quand même suivi un drôle de chemin, mais lorsque l'on regarde les épreuves qu'ils ont affrontés et tout ce qu'ils ont accompli, on ne peut que les félicités. Au début c'était loin d'être gagné avec une sensei aux méthodes incertaines face aux genins du "fond du panier" comme elle aimait le dire. Finalement, et contre vents et marrées, la Team 7 s'en sort plutôt bien. Nobu est le grand perdant, mais il a appris la résilience et se montre à la hauteur de l'équipe en poursuivant ses efforts. Tout ceci est de bons augures pour la suite, mais il est encore trop tôt pour s'emballer et c'est ce qui justifie les inquiétudes incessantes de Mae.

— Vous parlez tant que ça de moi ? Je ne sais pas si je dois le prendre comme un compliment ou être complètement flippé, ironise Kamakiri pour se moquer de Saeko.
— La ferme et commande tes nouilles.

Le jônin peine à croire que le petit garçon braillard et en colère qu'il a ramené à Konoha soit devenu un jeune chûnin plein de promesses. Pour Saeko, peu importe que les Senju ne l'aient toujours pas reconnu ou que le village ne soit pas derrière lui, car pour lui Kamakiri est un ninja de Konoha et quiconque prétendra le contraire subira sa colère, Senju ou non.

— Tu n'as pas invité à manger des nouilles pour parler de Junko j'espère ? Sinon je te préviens je me tire, vraiment, reprend Kamakiri qui perd vite son sérieux pour un sourire.
— Parmi tant d'autres choses oui, répond Saeko qui fait durer le suspense. Peut-être aussi pour savoir si ça t'intéressait de partir en mission avec moi.
— Quoi ?! Sérieusement ?! Quand ? Où ?


Un enthousiasme qui faisait plaisir à voir, mais pas autant que l'immense sourire dont Kamakiri ne pouvait pas se défaire. Depuis qu'il est chûnin il ne rêve que d'une chose : partir en mission avec le grand Akimichi Saeko. Bien sûr il n'en a jamais parlé à l'intéressé, mais cette fois-ci il ne se plaint pas des confidences de Mae.

— Doucement, je pars en mission à la frontière du pays et je devrais en avoir pour cinq jours, peut-être six, mais à mon retour j'ai un projet dont j'aimerais te parler.
— Un projet ? Alors c'est officiel on va partir à l'aventure ? Toi et moi ?
S'enthousiasme un peu plus Kamakiri au bord de la rupture faciale avec son sourire.
— Je pense que tu es prêt, reprend Saeko qui pose une main sur l'épaule du Senju. À vrai dire j'y pense depuis quelques temps déjà, mais j'avais deux trois choses à régler.

Point sur lequel le jônin se montre énigmatique et dont le sérieux, qui ne dure qu'une seconde, interpelle Kamakiri. Heureusement bien trop content pour relever. La soirée se poursuit donc sur une note positive et même bien au-delà de l'heure prévue, alors que Saeko doit se lever à l'aube.
Tout Konoha était à pied d'œuvre pour améliorer les relations entre les pays et ainsi amener le Pacte de Non-agression en toute quiétude. Une tâche colossale quand certains faisaient tout pour saboter les efforts de paix. Les missions diplomatiques se multipliaient, une chance que Kamakiri et Junko en étaient dispensé. C'est aux plus fidèles représentant de Konoha que ce genre de mission revenait, on préférait envoyer les deux chûnins sur des missions on ne peut plus dangereuses. Pour leur nouvelle mission c'était à la frontière qu'ils étaient envoyés, pour enquêter sur d'étranges disparitions. Disparitions qui s'apparentaient plus à des désertions, en effet un groupe d'individus peu scrupuleux faisaient payer habitants du Pays du Feu et ninjas pour rejoindre d'autres terres. Le prix, en plus d'être exorbitant, ne proposait aucune sécurité et pour une solution de dernier recours c'était plus que limite. Meurtriers, voleurs ou simple famille endettée, les profils étaient très hétéroclites. Une pratique commune depuis la guerre, mais cette fois-ci ce sont les ninjas d'un poste frontière qui étaient mêlés à cette affaire. C'est un jeune ninja posté là pour quelques semaines qui a révélé la vérité à ses supérieurs, dans la plus grande discrétion. D'ailleurs c'est un ninja que Kamakiri connait bien, puisqu'il se battait souvent avec celui-ci à l'académie.

— Botan ? Lance le chûnin avec surprise.
— Kamakiri ? Nom d'un chien tu as bien grandi ! S'exclame le garçon avec surprise. Je ne pensais pas que c'est toi qu'ils enverraient, mais je suis content.
— Attends une seconde,
interpelle Junko avec un sourire malicieux. Vous ne pouviez pas vous piffer à l'académie, je me trompe ?
— C'est loin tout ça maintenant, on a grandi… enfin j'espère,
ironise Kamakiri avant de rire.
— J'étais surtout très con à l'époque, conclu Botan avec une étonnante sincérité.

Tout comme Kamakiri et Junko, Botan a eu son lot de mésaventures et de succès, mais si on lui a accordé le grade de chûnin il y a peu c'est pour le placer en surveillance à la frontière. Une tâche qui n'a rien de glorieux, mais qui a son utilité et il en a fait la preuve en découvrant une opération savamment orchestrée. C'est d'ailleurs leur sujet de discussion lorsqu'il s'éloigne un peu du poste pour en parler plus calmement. Comme tout bon ninja, Botan s'est investi dans sa mission même si celle-ci ne l'enthousiasmait pas. Une attitude qui a ravi ses supérieurs sur le poste frontière, si bien qu'ils l'ont invités à rejoindre leurs plans.

— Je ne te cache pas que j'ai été tenté, c'est que l'offre est intéressante, avoue Botan qui ne s'en cache pas.
— Et qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Demande Junko intriguée par cette soudaine révélation.
— L'enquête a été confiée à l'ANBU, mais tout ce que peux vous dire… c'est que certaines des personnes qu'ils son passés en douce disparaissent réellement, ils n'atteignent jamais leur destination.
— L'ANBU à une piste sur le sujet ? C'est bizarre tout de même,
s'inquiète Kamakiri à raison.
— Tout ce qu'ils m'ont dit c'est qu'ils avaient du monde sur le coup, mais qu'ils avaient besoin de moi pour faire la lumière sur l'implication des gardes en poste ici.

Kamakiri se souvient alors de sa discussion avec Saeko il y a seulement quelques jours, lequel indiquait avoir une mission à la frontière du pays. Il n'est pas impossible que l'ANBU l'ait envoyé enquêter sur ces personnes qui n'arrivent jamais à destination. Une raison de plus pour le jeune Senju de démanteler ce trafic à la source. Gonflé à bloc, il prend sa très à cœur et ne tarde pas à lever le voile sur les sombres manigances du poste frontière.
Observateur avisé, Kamakiri n'a pas besoin de longtemps pour trouver réponses à ses questions. Les gardes ont beau jouer leur rôle à la perfection il met à jour leur plan en moins de vingt-quatre heure. Un tour de force qui impressionne Botan, beaucoup moins Junko qui est habituée maintenant et connait les immenses qualités de son camarade. C'est d'ailleurs leur sujet de discussion alors qu'ils sont seuls postés le mur du poste.

— Raconte, comment tu as fait ? Fini par demander Junko qui même si elle est habituée est toujours bluffée.
— Je dois admettre que c'est très astucieux, mais c'est quand j'ai vu les stocks de nourriture que j'ai compris, explique Kamakiri qui brille par son intelligence. Beaucoup trop de patates pour une dizaine de gardes.
— Et ? Aller crache le morceau !
— Ils se servent des sacs en toile pour faire passer les Ryos et si j'en juge par ce qu'ils ont en stock, un transfert est bientôt prévu.
— Donc, on doit faire vite et trouver des preuves, les Ryos ne suffiront pas.
— On est là pour trois jours et on en a déjà passé deux.


Il apparait évident que le transfert n'aura pas lieux dans que les espions de Konoha seront là. Les ninjas qui occupent le poste frontière sont plutôt malin et ce n'est pas difficile de comprendre comment au village on a appris la vérité. La situation dérape d'ailleurs rapidement quand Botan sort en trébuchant du dortoir. Précédé par plusieurs de ses camarades qui l'accusent d'avoir extorqué de l'argent aux marchands qui passent la frontière. Faisant aussitôt bondirent Kamakiri et Junko de leur perchoir.

— Botan, ça va ? S'inquiète le jeune Senju qui retrouve le garçon dans un sale état.
— J'ai connu mieux, lâche-t-il difficilement.
— Je sais pourquoi vous êtes là tous les deux, à cause de lui, s'emporte le chef des gardes pour parfaire son plan. Mais tout est faux, ce cafard vous a menti parce qu'on le soupçonne depuis deux semaines d'extorquer de l'argent à ces pauvres marchands.
— Et vous avez des preuves ?
Demande Junko qui glisse un regard complice à Kamakiri.
— Évidemment ! Il a caché les Ryos sous sa couchette et nous avons des marchands prêts à témoigner.
— Je veux le nom des marchands avant le lever du soleil, j'emmènerais Botan à Konoha pour faire la lumière sur cette affaire,
assure Kamakiri qui joue le jeu de Junko.
— Bien entendu, messieurs conduisiez cette raclure en…
— Fujii-san, sauf votre respect vous n'êtes pas habilité pour emprisonner qui que ce soit, nous nous chargerons nous même de la surveillance du prisonnier,
rétorque Junko avec sévérité.
— Comme il vous plaira.

Les deux chûnins réquisitionnent le réfectoire qu'il ferme à double tour pour garder un œil sur leur prisonnier. Silencieux jusque-là, Botan s'impatiente et demande des explications à Kamakiri en espérant que tout ceci fait partie de son plan.

— Kamakiri, à quoi tu joues ? Tu ne vas pas croire ces enfoirés quand même ? S'inquiète Botan qui n'est plus sûr de rien.
— Botan, tu as toujours été de la mauvaise graine, déjà à l’académie tu passais ton temps à me rabaisser, maintenant c'est terminé, répond sèchement Kamakiri avec un clin d'œil avant de le bâillonner.

Certainement sur écoute, Kamakiri et Junko n'ont pas le choix de se montrer convaincant jusqu'au bout. Un plan élaboré en quelques secondes par la kunoichi et parfait par son coéquipier, un duo qui détonne une nouvelle fois.
Dès l'aube le petit groupe quitte le poste frontière avec la précieuse liste, certainement des marchands menacés ou soudoyé pour soutenir la version des gardes. Seulement en réalité Kamakiri se fiche bien de la liste, même s'il la vérifiera par acquis de conscience et s'occupera de ces marchands plus tard, pour l'heure il a plus important : semer l'espion qui les colle depuis leur départ. Pour cela rien de plus simple, au moment d'une halte dans un village ils en profitent pour créer des clones. Pendant que ces derniers reprennent la route à leur place, les autres patientent jusqu'au départ de leur poursuivant. Un fois certain qu'ils ne reviendront pas il retourne au poste, laissant tout le loisir à Kamakiri et ses camarades de faire demi-tour.

— Vous pensez vraiment que Fujii est assez stupide pour effectuer le transfert ? S'inquiète Botan enfin libéré de ses liens.
— Il a certainement des obligations et des délais à respecter, ce n'est pas le cerveau de l'opération, répond Junko qui a longuement étudié la question.
— Puis il y a les Ryos, c'est mauvais pour les affaires les clients mécontents, rajoute Kamakiri qui n'a aucun doute sur la réussite de son plan.
— Je dois bien l'admettre, vous êtes surprenant tous les deux, mais… il y a quelque chose entre vous ?

La question met mal à l'aise les deux concernés, ce qui fait bien rire Botan. Le moment gênant passé, le trio rebrousse chemin pour rejoindre le poste frontière et s'assure une fois sur place que l'espion délivre l'information à son supérieur. Satisfait par son plan, Fujii s'active pour rattraper le retard et distille ses ordres. Tout le camp s'active et se démène pour préparer le passage. Sous le regard curieux de Kamakiri et ses coéquipiers qui depuis leur observatoire ne manque rien du spectacle. La nuit tombée les premières caravanes arrive et leurs occupants sont traités comme du bétail, parqués par groupe et parfois même séparé de leurs familles. C'est suffisant pour une arrestation en bonne et due forme. Tandis que Botan et Junko se place en retrait pour éviter toutes fuites, Kamakiri retourne au poste pour confronter Fujii avec une joie non dissimulée.

— Eh bah, ça en fait du monde, c'est combien par tête déjà ? Demande le Senju à l'attention du chef des gardes.
— Toi ici ? Mais Siki m'a assuré qu'il vous avait vu rentrer à Konoha…
— Siki est un crétin alors,
rétorque Kamakiri qui s'amuse de la situation. Bon, tu te rends sans discuter ou je vais devoir te ramener de force à Konoha ?
— Imbécile, tu n'as aucune preuve !
— J'ai toutes les preuves qu'il me faut,
révèle le chûnin qui tourne le regard vers les personnes qui devaient passer la frontière cette nuit.

Très peu parlerons, mais est-ce que Fujii peut réellement prendre le risque ? Probablement pas, mais un simple signe de tête à ses gardes et Kamakiri se retrouve en mauvaise posture. La plupart se retrouve là pour avouer échouer à l'examen chûnin ou bien parce qu'ils n'ont pas ce qu'il faut pour être ninja, autant dire que ça n'impressionne pas le chûnin qui lui mérite amplement son grade. Seul Fujii est une menace crédible, mais il sent alors un kunai se glisser sous sa gorge. Junko réparait grâce à sa technique de camouflage Suiton. Kamakiri plante le décor avec une technique Mokuton, mettant fin au suspense. Rien de plus simple pour dissuader quiconque de jouer les héros. Une escouade de Konoha fait son entrée dans le poste frontière au lendemain de cette nuit mouvementée. Certains prennent en charge des pauvres âmes qui allaient être vendu, alors que d'autres récupèrent les coupables de ce complot. Un nouveau succès pour le duo Kamakiri Junko, qui se voit être félicité par le jônin en charge des opérations. Seul bémol, la disparition de Botan qui est introuvable. Les deux chûnins espéraient le retrouver à Konoha, mais rien.
Retour triomphant pour Kamakiri et Junko qui ont surpris tout le monde avec ce joli coup de filet, mais ce succès est de courte durée, car une triste nouvelle touche tout le village. Moins de deux jours après cette arrestation qui a fait grand bruit dans le Pays du Feu, on apprend la mort d'Akamichi Saeko au cours d'une mission. Son corps a été retrouvé par une escouade de Suna et rapatrié dans la foulée à Konoha sur ordre de la Kazekage elle-même. La réputation du jônin allait bien au-delà des frontières et au Pays du Vent tout particulièrement, grâce notamment à de nombreuses missions menées conjointement avec Suna, dont celle qui lui a valu une fin prématurée. Le rapport de l'escouade est sans équivoque, Akimichi Saeko s'est battu jusqu'à son dernier souffle, en témoigne le terrain complètement déformé par la bataille et le sang. En revanche il était le seul encore sur les lieux, sans doute que les survivants ont préférés ramasser leurs hommes plutôt que le corps de leur ennemi. Un message, voilà comment le traduisit l'Hokage qui avait le plus grand respect pour l'Akimichi, un ninja pour qui il avait la plus grande estime. Il n'était pas le seul d'ailleurs et si Saeko avait marqué de son emprunte le monde shinobi, ce sont ses proches qui sont le plus affectés par sa disparition. Tout le Clan Akimichi partage le deuil de son épouse Aburame Mae. Laquelle apparait affaiblie à l'enterrement de celui qui hérite du titre de "Héros de Konoha" pour ses exploits. Un titre qui n'a que peu de valeur maintenant qu'il est mort, mais un bel hommage tout de même. Le visage fermé et inexpressif, Kamakiri est lui aussi présent à l'enterrement, mais il ne trouve aucun mot pour exprimer la peine qui lui ronge le cœur à cet instant précis. Il aurait aimé avoir le courage de discuter avec Mae, sauf que c'est au-dessus de ses forces. Tout ce qu'il veut là tout de suite ce sont des réponses, mais tout ce qu'on a pu lui dire c'est que la mission de Saeko s'est mal passée et qu'à l'heure actuelle, personne ne sait vraiment ce qui s'est passé. Personne ? Le jeune Senju ne parierait pas là-dessus, il est persuadé que son intervention au poste frontière et la missions secrète de Saeko sont liés. Pour en être sûr une seule façon de le savoir.
L'enterrement tout juste terminé que Kamakiri est déjà en route pour les prisons de Konoha avec une idée précise en tête. Sauf qu'il tombe face au jônin qui gère la prison depuis maintenant vingt-trois ans et il reconnait une situation désespérée quand il en voit une.

— Kamakiri tu ne devrais pas être là, retourne auprès de tes amis s'il te plait.
— Visite de routine, je voudrais voir Fujii, répond simplement Kamakiri qui contient admirablement bien ses émotions.
— L'Hokage a interdit toutes visites, alors si tu veux le voir il va te falloir une dérogation que tu n'auras jamais, surenchérit le jônin pour se faire comprendre.
— Vous avez connu Saeko, pas vrai ? Évidemment, tout le monde le connaissait, reprend le chûnin qui peine de plus en plus à se contenir. Je veux juste poser quelques questions à Fujii, cinq minutes et je pars, c'est important, s'il vous plait.
— Et en quoi est-ce si important, hein ?
— Je ne sais pas comment, ni pourquoi, mais je suis sûr qu'il est mêlé de près ou de loin à… la mort de Saeko,
révèle Kamakiri avec difficultés et la voix serrée. Cinq minutes, pas une seconde de moins.

Le jônin a bien connu Akimichi Saeko, c'était un ninja investi dans le village et il avait à cœur de s'inquiéter de tous les habitants. D'ailleurs il n'avait pas hésité une seconde à aider le fils du chef des gardes quand celui-ci avait raté l'épreuve finale de l'académie et aujourd'hui ce dernier est lui aussi un chûnin du village. Un jônin comme Saeko il y en a peu de sa trempe et il aurait amplement mérité de devenir Hokage, alors s'il existe une possibilité que Fujii détienne des informations, il ne peut pas rester là sans rien faire. Personne n'est encore venu l'interroger, puisqu'Inuzuka Taka se réserve ce droit. Pour Kamakiri, il veut bien faire une exception car il connait les liens qui l'unissaient à Saeko.

— Tu as cinq minutes et pas de conneries sinon tu finiras avec ma botte au cul, prévient le jônin qui sait être convaincant.

La joie qu'aurait dû provoquer la décision du jônin n'a pas sa place sur le visage de Kamakiri, impassible. Il a cette étrange impression au fond de lui que tout ceci cache quelque chose de plus vaste et de plus dangereux. Tout est lié, tout à un sens, voilà ce qu'aimait lui rappeler parfois sa mère et sans surprise dans pareille situation c'est à elle qu'il pense. Principalement parce qu'il s'apprête à faire pourrait se rapprocher des méthodes employées par cette dernière pour arriver à ses fins. Hélas la violence et les mensonges ont fini par avoir la fin de la Rose Noire.
Une fois à l'intérieur de la cellule Kamaikiri reste froid comme le marbre et ne dévoile aucune intention à travers son regard. Au contraire du prisonnier qui lui affiche toute sa satisfaction de voir le chûnin en ces lieux. Aveux de sa part ? Ou simple jeu malsain. Le jeune Senju va vite le découvrir, il ne perd pas une seconde et s'approche assez près de Fujii pour que celui-ci l'entende sans qu'il soit inquiété par les propos qu'il pourrait dire. Pourtant c'est bien ce dernier qui mène la danse et il se délecte de la situation, sans se douter une seconde qu'il joue avec le feu en provoquant ainsi le chûnin.

— C'est sympa de me rendre visite, mais tu perds ton temps, assure Fujii qui pense connaitre les raisons de la présence du Senju. Si je parle, je meurs, alors autant te le dire tout de suite : c'était mon plan et je suis le seul responsable.

Paroles qu'il prononce à voix haute et distincte pour qu'on l'entende en dehors de sa cellule. Rien ne filtre sur le visage de Kamakiri qui fixe longuement le prisonnier avant de répondre enfin. Surprenant ainsi Fujii qui se demande si ce n'est pas là un nouveau coup de bluff, domaine dans lequel le garçon excelle.

— Et si tu me parlais plutôt de Botan ? Je dois avouer qu'il était plutôt convaincant dans son rôle, révèle Kamakiri qui saisit l'incompréhension chez le prisonnier. C'est quoi l'histoire Fujii, tu as été trop gourmand ? Ou laisse-moi deviner, Akimichi Saeko était sur le point de tout découvrir et tu as été sacrifié sur l'autel.
— Alors c'est pour lui que tu es là ?
Murmure Fujii qui s'offre les paroles de trop. Saeko aurait peut-être dû y réfléchir à deux fois avant de fouiner partout, il n'a que ce qu'il mérite.

Fujii ne pensait pas une seconde que le Senju était crédible dans le rôle du méchant, mais finalement il se trouve qu'il a tort. Kamakiri l'attrape par le cou et le fait basculer en arrière alors qu'il est encore sur sa chaise. Faite de bois, cette dernière devient l'instrument de torture et des lianes de bois en sorte pour s'enrouler autour du corps de Fujii. Le pauvre bougre tente bien de prévenir les gardes, mais la douleur le fait hurler.

— Et maintenant, tu es un peu plus bavard ? Lui demande Kamakiri avec une colère méconnue.
— Bordel tu es complètement taré, s'écrit Fujii qui hurle à nouveau de douleur alors que les liens se resserrent. Tue-moi si tu veux, ça ne sera pas pire que ce qu'ils me feront !
— Qui "ils" ?!
S'impatiente le Senju qui poursuit ses efforts pour le faire parler.
— Ils sont partout ! Personne ne peut leur échapper ! Pas même toi !

Tout ceci n'aura servi à rien, si ce n'est confirmé les soupçons de Kamakiri et sans l'intervention in extremis du chef des gardes Fujii aurait surement fini par succomber. Lorsque le jeune Senju est interrompu il laisse derrière lui un corps lacéré et en sang, un spectacle qui fait peur à voir. Conduit jusqu'à une prison dans laquelle il refuse d'entrer et hurle à qui veut bien l'entendre que Fujii connait la vérité, il retrouve son calme quand Mae rejoint les prisons. Un silence pesant s'empare des lieux alors que la jônin prend dans ses bras Kamakiri qui perd instantanément sa colère et voit les premières larmes couler sur ses joues.

— Tout va bien Kamakiri, je suis là, lui murmure Mae à son oreille.

Le chef des gardiens doit absolument faire un rapport, lequel la jônin ne contestera pas, mais elle lui demande de rappeler les conditions dans lesquelles s'est passé cet événement. Compréhensif, il n'en reste pas moins déçu par l'attitude du garçon, mais daigne le laisser entre les mains de Mae pour qu'elle le fasse quitter la prison sans tarder.
Silencieuse jusqu'à enfin rejoindre la maison qu'elle partageait avec Saeko lorsqu'il n'était pas en mission, Mae doit prendre une chaise pour s'assoir. L'émotion est palpable chez la kunoichi et si elle doit souligner l'investissement de son ancienne élève pour lever le mystère sur la mort de son époux, elle pointe du doigt son imprudence. Difficile de lui en vouloir étant donné qu'il n'a pas toutes les cartes en mains, mais jusqu'à présent elle se refusait à le mêler à cette histoire. Maintenant qu'il s'est donné en spectacle il a une cible sur le dos, mieux vaut pour sa sécurité qu'il sache de quoi il en retourne. C'est la voix lourde et tremblante que Mae lui dévoile les semaines qui ont précédés la mort de Saeko, certainement la chose la plus difficile qu'elle ait eut à faire de toute sa vie.

— Kamakiri, sache une chose avant d'entendre ce que j'ai à dire : Saeko avait pour toi une affection toute particulière et ça lui coûtait de ne pas pouvoir te parler de tout ceci, il comptait le faire d'ailleurs…
— Le projet,
soupir Kamakiri qui réalise trop tard les inquiétudes affichées par le jônin récemment.
— Au début j'ai cru que ça n'avait aucun rapport, puis plus j'y pense et plus j'ai l'intime conviction que tout a commencé à Ta no Kuni, avec toi.

Surpris par les révélations de Mae, Kamakiri ne sait pas comment il doit réagit. Colère ? Tristesse ? Tout se mélange dans sa tête et il se lève brusquement pour faire les cent pas et tenter de faire taire les informations qui tournent en rond dans son esprit.

— Si Saeko s'en est toujours voulu, c'est parce qu'il a été trahi et qu'en plus de n'avoir rien vu, il ne pouvait rien y faire, révèle Mae qui se montre assez éloquente dans ses paroles. La mort de ta mère n'est pas un accident, mais un assassinat.
— Tu veux dire que… Tenshi.
— Saeko n'avait aucune preuve bien sûr, mais il avait toujours noté un comportement étrange chez son partenaire,
explique la jônin qui se rappelle des nombreuses fois où son époux a fait mention de ce comportement. Mais Tenshi est intouchable, il est très intelligent et dangereux.

Là tout de suite, Kamakiri se fiche bien de savoir à quel point il est dangereux tant il a envie de le tuer. Sauf que Tenshi n'est qu'un des pions du vaste complot qui touche Konoha. Saeko menait sa propre enquête depuis les événements de Ta no Kuni, en s'assurant que Kamakiri bénéficie de toute l'aide et de la protection dont il avait besoin. C'est d'ailleurs la seule raison pour laquelle Tenshi n'a jamais rien tenté à son encontre, car sans ça il aurait été à coup sûr démasqué par son ancien partenaire. En revanche lorsque Saeko a commencé à fouiller un peu trop loin et qu'il s'est fait repérer, Tenshi est vraisemblablement passé à l'action. Mae est convaincue que son époux avait mis la main sur quelque chose, mais il n'a pas eu le temps de mener son enquête à terme.

— Kamakiri, tu dois absolument faire profil bas, j'ignore quels sont les plans de Tenshi, ni même pour qui il manœuvre dans l'ombre, prévient Mae qui ne cache pas sa peur. Tout ce dont je suis certaine c'est qu'ils sont prêts à tout pour mener leurs sombres desseins à exécution.
— Je sais ce que dois faire, assure Kamakiri qui retrouve son calme et son sérieux. Je vais reprendre les recherches de Saeko et découvrir ce que prépare Tenshi.
— Tu n'as rien écouté ? Il est mort à cause de ça ! Et je m'en voudrais jusqu'à la fin de mes jours s'il t'arrivait la même chose ! Par pitié, épargne-moi ça, je ne supporterais pas un nouvel enterrement.
— Désolé Mae, mais je le dois à Saeko et je le dois à Konoha,
répond le chûnin avec une vibrante ferveur. Il a cru en moi pour une bonne raison et je refuse des rester là à regarder Tenshi et je ne sais qui d'autre se pavaner à Konoha sans être inquiété.

Les paroles de Kamakiri sont pleines de fougue et de passion, mais est-ce que ça suffira vraiment ? Mae a envie d'y croire et rien que pour ça elle veut bien lui apporter tout son soutien. Saeko a vu quelque chose chez ce gamin insouciant, quelque chose qui lui faisait croire en l'avenir et c'est pour cette même raison qu'il a refusé la place qui lui était dû.

— Tu me fais beaucoup penser à lui tu sais, confesse Mae avec émotion. Si seulement il avait accepté de devenir le nouvel Hokage, mais non, il voulait continuer à vous protéger toi et le village.

An 719.


Trois mois s'était écoulé et Konoha avait repris son quotidien, le deuil avait dû faire place aux responsabilités de chacun. Pas pour Kamakiri qui passait de moins en moins de temps au village et poursuivait la quête sans fin de Saeko. Tout au long de cette période il n'a pas ménagé ses efforts et dans le plus grand secret pour ne pas éveiller les soupçons. Parfois cela le ralentissait et lui demandait plus de prudence, mais au terme de ces trois mois de recherche il touchait enfin au but, seulement il ne s'attendait pas à démanteler tout un réseau d'information. C'est tout Konoha qui semblait gangréné par cette mystérieuse organisation et ses cellules dormantes. Jônins, chûnins et même parmi les plus jeunes, un énigmatique personnage semblait placer ses pions à travers tout le village. Rien de très rassurant. Heureusement au rayon des bonnes nouvelles on trouvait Mae qui était enceinte de Saeko, un dernier cadeau du jônin. Jamais elle n'était apparue plus heureuse qu'à l'annonce de cette nouvelle. Néanmoins, elle se montrait inquiète à l'idée de voir grandir son enfant dans un tel environnement. Tenshi avait toujours été un homme froid et pragmatique, mais là on parle de plusieurs dizaines de personnes. Kamakiri n'y arrivera pas seul, mais il refusait déjà il y a trois mois de mêler sa sensei à tout ça, ce n'est pas maintenant qu'elle est enceinte qu'il va commencer. Seul, il doit le rester pour limiter les risques. Personne n'est digne de confiance à Konoha hormis Mae, qui l'a toujours soutenu dans ses pérégrinations. Le problème restait toujours le même, le manque de preuves. Les témoins ne manquaient pas, mais aucun d'eux ne voulait témoigner, même parmi les ninjas les plus aguerris de Konoha on ne voulait pas se mettre à dos Tenshi. C'est comme si tout le monde savait que l'ennemi se cachait entre leurs murs, mais qu'ils avaient trop peur de le chasser. Comment c'était possible ? Comment un pays tout entier pouvait se retrouver paralyser ainsi ? Kamakiri devait agir, cependant avec intelligence et discernement.
La parole d'un chûnin ne pensait pas lourd contre un jônin de la trempe de Tenshi, quand bien même il apparaissait comme ingérable parfois ça n'enlevait rien aux succès qui garnissent sa carrière. Peu importe, Kamakiri ne voulait pas qu'on le croit, il voulait sauver sa peau. Tout au long de son enquête il a senti comme un ombre dans son dos, que ce soit à travers tout le Pays du Feu et même au-delà lors de son voyage au Pays du Vent. L'étau se resserrait pour le jeune Senju qui ne pouvait pas compter sur un clan qui avait définitivement fait une croix sur le garçon. Chercher la preuve irréfutable pourrait lui prendre encore des mois qu'il n'avait certainement pas, il finirait comme Saeko. Kamakiri avait un plan. Un plan stupide. Obtenir un entretien de gré ou de force avec l'Hokage et tout lui révéler. Bien sûr qu'on ne le croira pas, mais il sèmera le doute et assurera sa sécurité. C'est ce qu'il explique à Junko qui se dresse devant lui alors qu'il fait route vers le bureau de l'Hokage.

— Kamakiri, je ne peux pas te laisser faire ça, l'interpelle-t-elle sans se montrer vindicative pour le moment.
— Pourquoi ? Donne-moi une seule bonne raison et je fais demi-tour, assure le chûnin qui ne compte pas reculer maintenant.
— Tu vas te faire tuer et tu le sais, ça devrait suffire pour te dissuader.
— Et comment le saurais-tu ?
Demande froidement Kamakiri qui se montre intraitable avec sa partenaire. Depuis combien de temps Junko… l'examen ? Bien avant ? C'est fini, je sais tout.
— Kamakiri,
soupir la kunoichi qui apparait peiné avant de reprendre son sérieux. Tu n'es qu'un dommage collatéral, jamais tu n'aurais dû être mêlé à tout ça.
— C'est ce que Tenshi t'a dit ? Alors pourquoi quand j'ai regardé les registres de l'académie tu as intégré notre team sur demande exceptionnelle ?


Évidemment, Kamakiri a brillamment mené son enquête comme toujours, Junko avait presque oublié à qui elle s'adressait. Seulement elle ignorait qu'elle avait intégré la Team 7 de cette façon, elle pensait réellement que ce n'était qu'un coup du destin. Information sciemment cachée par son mentor, Tenshi, qui voulait absolument garder un œil sur le jeune Senju. Le jônin tenait à s'assurer qu'il ne représentait pas une menace et qu'au contraire de sa mère il ne savait rien des informations vendues par la Rose Noire. Junko tente de faire bonne figure, mais son soudain changement la trahi et elle a beau se montrer plus directe elle n'est pas crédible.

— Oubli tout ça Kamakiri, sans quoi on va devoir s'affronter et je suis prête à te tuer s'il le faut.
— Alors on en est là, hein ? Konoha n'a rien de la terre promise que j'avais imaginé,
murmure Kamakiri avec un sourire emplit de nostalgie. Tu es trop prévisible Junko, je te connais mieux que personne.

Surprise par les paroles la kunoichi lance un kunai et confirme ses craintes : un Clone Ligneux. Le vrai est en réalité déjà dans le bâtiment où siège l'Hokage, mais il avait besoin de temps. Dupée, Junko est folle de rage et s'empresse de rejoindre Kamakiri pour rattraper son erreur. Pourtant elle aurait dû le voir venir, cependant elle ne parvient pas à faire abstraction de ses sentiments. Tous deux ont un passif qui devait former un lien durable et ce dernier n'est pas si aisé à rompre.
Contourner les obstacles aura été le plus facile pour Kamakiri et son clone, le plus dur restait à faire. Il savait de source sûre que l'Hokage était présent aujourd'hui, mais on lui refusait un entretient. Trop occupé pour recevoir un chûnin soi-disant. Le jônin qui s'était présenté à lui n'a surement jamais parlé de la présence du garçon et c'est pour cette raison qu'il se passera de son autorisation. Prêt à tout pour délivrer son message, il fait croitre une racine avec son Mokuton pour gagner en auteur et rejoindre les étages. Suivit de près par plusieurs ninjas, Kamakiri parvient malgré tout à entrer dans le bureau en trombe avant de voir ses poursuivants le plaquer au sol sous le regard de l'Hokage.

— Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ?! S'impatiente Inuzuka Taka qui se lève et tape du poing sur la table pour avoir le calme.
— La situation est sous contrôle, assure le jônin qui pensait en rester là.
— Un gamin parvient à échapper à votre vigilance et monter jusqu'ici et la situation est sous contrôle ? Je crois qu'on va revoir la sécurité de ce bâtiment et promptement, s'emporte l'Hokage qui est intransigeant avec ce genre d'événement.
— Pardonnez-moi Hokage, commence par dire Kamakiri qui se débat en vain. Mais j'ai un message de la plus haute importance à vous délivrer, cela concerne la mort d'Akimichi Saeko.

Le jônin tente bien de faire taire Kamakiri en le frappant à l'estomac, mais il réplique avec un coup de tête en plein visage et avant qu'il le fasse taire définitivement, l'Hokage intervient.

— Stop ! Quittez mon bureau sur le champ et laissez parler ce garçon ! Ordonne Inuzuka Taka qui est curieux de connaitre la teneur des propos du protégé de Saeko.
— Sauf votre respect…

Un simple regard de l'Hokage suffit pour que le jônin ne finisse pas sa phrase et ordonne à ses camarades de se retirer. Dubitatif, Kamakiri ne sait pas ce qu'il doit penser de l'attitude du chef du village. Pourquoi accepterait-il un entretient avec lui alors qu'il vient de se donner en spectacle. La réponse ne tarde pas à venir lorsque le chûnin joue d'humour malgré la situation.

— Et si je suis là pour vous assassiner ?
— Toi ? Très drôle,
rétorque Inuzuka Taka qui esquisse un sourire amusé. Parle, tu as une minute et tu la dois à Akimichi Saeko pour qui j'avais le plus grand respect.

Délivrer le message est une chose, mais Kamakiri se sait espionner, il doit donc jouer le coup en finesse et se donner à nouveau en spectacle pour brouiller les pistes. Un jeu de rôle dans lequel il excelle. Très vite dès qu'on lui en donne l'occasion il se lance dans déballage de théories du complot plus fantasques les unes que les autres au premier abord. Konoha infiltré par une organisation secrète depuis des années ? Touchant toute la chaîne de commandement ? Et de surcroit, Akimichi Saeko l'un des plus puissants ninjas de Konoha aurait été tué pour son enquête ? Tout ceci parait un peu gros, même si c'est révélé par un garçon plein de bons sentiments qui croit dur comme fer à ce qu'il raconte. C'est brouillon, désordonné et parfois incompréhensible, cependant c'est le but de la manœuvre. Pendant qu'il réalise cette performance Kamakiri grave des coordonnées sur le bureau de l'Hokage. Un geste surprenant qui intrigue Inuzuka Taka, sans qu'il prenne ça au sérieux au début. Soudain Tenshi fait irruption dans le bureau de l'Hokage sans y avoir été invité.

— Hokage-sama, tout va bien ? J'ai appris que cette vermine avait forcé le passage et s'égosillait à déblatérer des mensonges sur nos camarades.
— Tenshi, je vous pensais en mission,
répond l'Hokage qui feinte la surprise.
— Bouclée et heureusement, car je dois vous avertir sur le danger que représente ce garçon, c'est bien le fils de sa mère, un traitre et un menteur, assure Tenshi avec colère.
— Espèce d'enflure ! C'est toi qui as tué Saeko !

Faisant volte-face, Kamakiri se jette sur le jônin avec la ferme intention de le faire taire à l'aide d'une technique Mokuton, sauf que sans surprise Tenshi le maîtrise sans mal. Pour cet acte de trahison il est prêt à l'exécuter, mais il voit l'Hokage intervenir avec autorité.

— Tenshi ! Vous vous croyez où au juste ? Si ce garçon doit subir une quelconque punition il doit d'abord être jugé, dois-je vous rappeler que vous êtes sous le coup de plusieurs avertissements.
— Pardon Hokage-sama.


C'est l'imposant compagnon de l'Hokage qui met définitivement un terme à l'agressivité de Tenshi avec un grognement bestial. Inuzuka Taka fait ensuite signe à des shinobis qui ont assistés à la scène et leur demande de placer le jeune Senju en détention. Le temps pour lui de faire la lumière sur cette affaire. Un affront pour Tenshi qui ne pensait que Kamakiri serait assez stupide pour se jeter dans la gueule du loup. Si seulement il s'était chargé lui-même de ce gamin, jamais ça ne serait arrivé. C'était sans compter l'intervention de Saeko quelques années plus tôt et maintenant l’Hokage en personne. C'est à croire que celui-là est né sous une bonne étoile.
Mener un combat perdu d'avance est épuisant et depuis sa cellule Kamakiri ne pouvait que se battre avec ses regrets et ses incertitudes. C'est pourtant Saeko qui lui a inspiré ce plan lorsqu'il l'a pris sous son aile à son arrivée à Konoha. Sans quoi le jeune Senju n'est pas sûr qu'il serait arrivé jusqu'ici et même sans tout ça, il serait probablement encore un genin médiocre s'il n'avait pas renoncé. Le garde qui lui apporte ses deux repas par jour n'est pas très bavard, mais c'est la seule distraction pour Kamakiri qui est enfermé là depuis deux semaines. C'est le temps qu'il aura fallu à Tenshi pour se défaire de la surveillance de l'Hokage et venir voir l'indomptable Senju qui ne cesse de se dresser devant lui. Le jônin n'est pas seul, Junko l'accompagne, sans doute imagine-t-il ainsi faire pression sur Kamakiri, alors que la kunoichi s'attend à une leçon de la part de son mentor et elle n'est pas déçue.

— Décidément Saeko a eu beaucoup trop d'influence sur toi, soupir Tenshi une main sur le pommeau de son sabre. Je pourrais te tuer ici et maintenant tu sais, aucun garde ne lèvera le petit doigt, tout le monde pense que tu es un traître.
— Tu es plus intelligent que ça Tenshi,
répond Kamakiri qui se lève de son lit. Tout le monde m'a vu ce jour-là et ça fait quoi… deux semaines ? Je suis sûr que tout le pays est au courant maintenant.
— Alors c'était donc ça, une garantie, astucieux,
reconnait Tenshi qui se montre bon joueur. Seulement il existe bien des façons de te faire abandonner.

Joignant les actes à la parole, Tenshi dégaine son katana et place sa lame sous la gorge de Junko. À sa grande surprise Kamakiri reste calme, toujours aussi impassible. Pourtant il avait montré tellement de fougue dans le bureau de l'Hokage ou bien cela faisait aussi parti de son plan ? Impossible que ce gamin improvise à ce rythme.

— Parce que tu pensais vraiment que ça me ferait quelque chose ? Tout n'est que mensonge, elle m'a manipulé et trahi, alors vas-y, ouvre-lui la gorge devant moi, fait moi ce cadeau.

Les paroles de Kamakiri sont glaciales et d'une crédibilité saisissante. Étonnamment Tenshi se voit dans ce garçon. Intelligent, pragmatique et capable de faire preuve d'une insensibilité sans faille. Si quelques années plus tôt il avait su ça, il aurait fait de ce gamin son élève plutôt que cette incompétente de Junko. Tenshi ôte son katana à la hâte et le tranchant de la lame entaille légèrement la gorge de la kunoichi, mais Kamakiri ne bronche toujours pas.

— Nous ne sommes pas si différent toi et moi Kamakiri, assure Tenshi qui range son katana. Saeko était trop sentimental, mais je dois admettre que c'est ce qui m'a sauvé la vie lors de notre dernier combat.
— J'ai hérité ça de ma mère, je suis bien obligé de faire avec,
soupir Kamakiri en guise de réponse. Onze contre un et Saeko a bien failli avoir ta peau, tu l'as mauvaise pas vrai ?

La réaction de Tenshi ne se fait pas attendre, dégainant à nouveau son sabre il s'élance en un éclair et empale le pauvre Kamakiri dans l'épaule. Le Senju grimace, mais affiche sa satisfaction. L'imperturbable Tenshi touché en plein cœur, voilà un tour de force qui lui mériterait une récompense. Les doutes s'envolent et il sait maintenant que son plan à marcher à la perfection.

— Tu sais quoi petit, je vais te faire une fleur, révèle Tenshi qui fait tourner le sabre dans la plaie. Je vais te faire sortir de ce trou, mais sache que tu ne seras jamais en sécurité à Konoha, toutes les personnes que tu aimes je leur arracherais la vie, fuis à l'autre bout du monde et je te retrouverais. Tu ne sauras ni où ni quand, mais la prochaine fois cette lame sera don ton cœur.
— Un conseil, tue-moi tout de suite,
grogne Kamakiri qui grimace de douleur. Parce que si je m'en sors je te jure que j'aurais ta peau.

Une menace qui fait ricaner Tenshi alors qu'il retire son sabre d'un coup sec et voit le garçon s'écrouler sur le sol. Derrière lui Junko tente de rester impassible, mais elle n'a pas le don de son ancien camarade dans ce domaine, d'autant plus lorsqu'elle croise son regard. Préférant quitter les lieux sans tarder, ils abandonnent là le pauvre Kamakiri qui ne verra pas d'aide venir avant plusieurs jours.
Les mois passent et Konoha a déjà oublié les déboires de l'héritier maudit des Senju, si bien que plus personne n'en parle. Tout comme les accusations qu'ils avaient proférées et qui avaient fait tant de bruit dans une période où la prudence est de mise. C'est tout le monde shinobi qui se préparait pour un grand bouleversement : le Pacte de Non-agression. Plus que quelques détails à régler et celui-ci serait officialisé par les Kages qui apposent leur signature. Tout ceci ne concerne plus Kamakiri qui a définitivement quitté le village. Pas de son plein gré on l'y a néanmoins vivement encouragé. Peu importe que ses accusations soient avérées ou non, Konoha ne tenait pas à voir éclater un tel scandale au grand jour. Simple erreur de timing pour l'ancien chûnin ? Probablement, mais il allait vite être rattrapé par un passé qui ne cessera jamais de le poursuivre. On ne peut pas dire qu'il se cache, puisque c'est au fond d'un débit de boisson choisi au hasard qu'il émerge d'une soirée bien arrosée. La vie de vagabond à la solde du plus offrant ça rapporte, même après une soirée comme celle-là il a encore la bourse pleine. Un mal de crâne en prime, mais pour oublier une soirée que Konoha l'a sacrifié pour un maudit pacte, ça valait le coup. Le quotidien de Kamakiri se résumait à peu de chose : lorsqu'il n'est pas en train de travailler il est en train de boire ou de récupérer. Certains le reconnaissent, d'autres non, tous partagent la même peine en le voyant dans cet état. Tout juste sur ses deux jambes il rejoint une rivière non loin de là pour faire un brin de toilette avant de trouver un nouveau contrat. Cela peut aller d'une aide pour les récoltes, à quelques bandits à corriger ou encore simplement surveiller un troupeau de bétail. Le genre de mission que Konoha ne prend pas, mais qui rapporte pour celui avec un peu de courage. Rien de mieux que l'effort pour oublier un passé qu'on veut fuir.
Rafraichi par l'eau de la rivière encore douce et agréable à cette saison, Kamakiri a rendez-vous avec un marchand qu'il doit escorter vers Ta no Kuni. Souvenirs en perspective, mais le destin est parfois capricieux. Au milieu du sentier il aperçoit au loin quatre shinobi, l'un d'eux est un visage familier – pas nécessaire agréable à revoir. Fuir ? Certainement pas, Kamakiri s'avance d'un pas décidé et fait face à ce qui s'apparente à un traquenard.

— C'est toi qu'il envoie Botan ? Et ça, c'est tout ce que tu as emmené ? S'amuse le jeune Senju qui baille bruyamment.
— Vu dans l'état que tu es ce sera bien suffisant, réplique Botan qui joue les durs devant son escouade.
— Laisse-moi une seconde, répond Kamakiri qui prend une lampée de saké. Je suis peut-être un peu rouillé, alors ne m'en voulez pas les gars.

Cheveux en bataille, cernes sous les yeux et des vêtements qui sentent la bassecour, on pourrait penser que Kamakiri attendait sagement la mort que lui avait promis Tenshi. Bientôt six mois et rien à l'horizon, il commençait presque à désespérer. Seulement depuis tout ce temps il n'espérait qu'une chose c'est voir Tenshi lui faire face. Au lieu de ça il a préféré envoyer ce lâche de Botan. Officiellement il avait disparu, une aubaine pour Kamakiri qui n'avait ainsi pas besoin de retenir ses coups. Dès le premier jutsu lancé il retrouve toutes ses sensations, comme si ça ne l'avait jamais quitté. C'est grisant au point qu'il se laisse submerger par cette émotion et terrasse son ennemi sans une goutte de sueur. Botan n'a jamais été le meilleur élève de l'académie, c'est pour ça qu'il jouait toujours les durs et c'est certainement pour ça qu'il a changé de camp quand l'occasion s'est présentée. Un lâche voilà tout ce qu'il est, dernier debout et salement amoché on peut lire la peur dans ses yeux. Tenshi lui avait promis un combat facile, sauf qu'il se fichait bien que le ninja revienne ou non, tout ce dont il avait besoin c'est du temps. Le jeune Botan compris trop tard qu'il n'était qu'un pion sacrifiable. Face à lui il avait un adversaire qui avait contenu sa colère durant les six derniers mois. Une colère qu'il faisait taire à s'éreinter le dos et s'égratigner les doigts ou avec de l'alcool, mais une colère toujours là. Botan n'avait aucune chance, pas sûr en revanche que Tenshi est au courant du niveau affiché par Kamakiri.

— Fini le travail, lâche finalement Botan qui baisse les bras.
— Pourquoi Botan ? Qu'est-ce qu'ils ont bien pu te promettre pour que tu les suives aussi aveuglément, s'interroge Kamakiri qui retient sa colère un bref instant pour avoir des réponses.
— La puissance que je n'ai jamais eue, avoue le ninja qui a honte de lui-même. Tenshi va mettre la main sur les jutsus interdits de Konoha, tu ferais bien de te dépêcher… Inari.
— Désolé, six mois plus tôt j'aurais peut-être eu de la pitié pour toi, mais pas aujourd'hui.


La rédemption du méchant est un classique de la littérature, mais pas cette fois. Kamakiri a perdu cette flamme qui le différenciait des autres et qui l'empêchait de sombrer dans les ténèbres. Sans l'ombre d'une hésitation il achève brutalement la vie d'un ennemi qui accueille la mort comme un soulagement. Une exécution en bonne due forme.


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MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeDim 12 Avr - 10:35


HISTOIRE (SUITE)
Tout Konoha est mobilisé, une mutinerie a éclaté à la prison et c'est le chaos. Plusieurs prisonniers se sont déjà échappés tandis que d'autres sont restés sur place pour prendre leur revanche. En déplacement, l'Hokage ne peut même pas gérer la situation et c'est à son bras droit qu'incombe cette responsabilité. Plusieurs escouades sont dépêchées aux quatre coins de Konoha pour endiguer la fuite des prisonniers. Occupés, les forces armées ne s'inquiètent de l'absence de Tenshi.

— Tenshi, vous êtes sûr de vouloir faire ça ? On devrait prendre les rouleaux et partir, s'inquiète Junko toujours aux côtés de son nouveau mentor.
— Qu'est-ce qui te fait le plus peur au juste, que je tue ton ancienne sensei ? Ou quitter définitivement Konoha ? Réplique Tenshi qui poursuit sa marche vers la maison d'Aburame Mae.
— Tout ce que je veux dire, c'est qu'on n'est pas là pour ça, c'est un écart qui n'était pas prévu, s'ils apprennent ça…
— Alors ils n'ont pas à l'apprendre.


Toujours attachée à Konoha, Junko a du mal à se réjouir de la mort future de son ancienne sensei et d'autant plus lorsque Mae apparait affaiblie et toujours enceinte. Femme intelligente elle avait prédit la venue de Tenshi dès que l'alarme à retentie. Jamais elle n'a parlé jusqu'à présent, car elle l'avait promis à Kamakiri et avant ça à Saeko, mais l'épéiste va trop loin cette fois. Plusieurs camarades de Mae sont déjà morts ce soir ou encore blessés. La kunoichi n'est certainement pas en état de se battre à quelques jours de l'accouchement, mais elle fera tout ce qu'elle peut pour résister.

— Alors c'est comme ça que ça se termine ? Je me suis toujours méfié de toi, mais si j'avais su, soupir Mae avec déception.
— Tu penses vraiment pouvoir m'arrêter ? C'est ça ? S'amuse Tenshi qui doit bien reconnaitre le courage de la kunoichi.
— C'est à Junko que je m'adressais, reprend la jônin en portant son regard sur l'intéressée. Si tu avais vu Kamakiri… je sais qu'il n'aura jamais le courage de te tuer, mais moi, si.

Soudain une nuée d'insectes se manifestent et se déploie, forçant un sourire sur le visage pourtant si impassible de Tenshi. Persuadé qu'il peut éliminer tous les témoins en une soirée et récupérer les précieux rouleaux, il présume de ses forces et voit vite les craintes de son élève se réaliser. Impossible d'approcher sa cible pour l'épéiste qui doit se débattre contre ses insectes redoutables et Junko n'est d'aucune utilité. Une opportunité s'offre à eux quand Mae montre des signes des faibles, le médecin lui avait pourtant refusé tout effort inutile et risquer de perdre l'enfant. Incapable de rester assise à attendre dans un lit d'hôpital pendant que tout Konoha est à feu et à sang, elle fait front même si elle ouvre malgré elle une brèche dans sa défense si parfaite. Mae peut sentir le souffle glacial de la mort sur son cou quand Tenshi s'élance vers elle avec rage. Sauf que celui-ci est freiné dans sa ruée sauvage par un mur de bois. Usant de l'affinité Fûton, il fend l'obstacle d'un coup de lame, mais Mae a déjà disparue.

— Je t'avais dit de me tuer tout de suite Tenshi, lâche un Kamakiri qui vient de sauver la vie de sa sensei. Tout va bien Mae ?
— Pas vraiment, je crois que je suis sur le point d'accoucher…


Un dilemme se pose pour Kamakiri : tout faire pour conduire la kunoichi à l'hôpital au risque de voir leur ennemi les poursuivre ou affronter ce dernier au risque de mourir. La mort fait partie intégrante des deux options, mais l'ancien chûnin préfère encore se battre. Ne jamais reculer, c'est ce que lui a appris sa sensei.

— Kamakiri tu n'as aucune chance contre lui, souffle-t-elle entre deux contractions avant de réaliser les intentions du garçon. Et tu le sais…
— J'ai juste besoin d'un peu de temps.


Kamakiri aurait-il un plan ? Comment Mae a pu oublier à quel point ce garçon était prodigieux, il lui rappelle tellement Saeko que s'en est troublant. Face à un adversaire trop puissant il se tient debout et affiche toute sa confiance. Il se permet même le luxe de laisser un Clone Ligneux auprès de la jônin au cas où les choses déraperaient. Un risque inconscient face à un ennemi comme Tenshi.

— Laisse-moi deviner, Botan s'est dégonflé ? Soupir l'épéiste renégat qui perd patience.
— Tu lui demanderas lorsque tu le verras, une fois que je t'aurais tué.

Tenshi affiche sa surprise avec un sourire amusé, alors que c'est l'horreur qui se lit sur le visage de Junko. Kamakiri aurait-il réellement tué Botan ? Le garçon souriant et plein de vie qu'elle a connu et appréciée n'est plus là ce soir. Le moindre petit acte à ses conséquences et la jeune fille l'apprend à ses dépens, une leçon douloureuse quand elle voit Tenshi surpasser son ancien coéquipier. Junko ne peut s'empêcher de tourner le regard vers Mae qui est de plus en plus faible. Toutes ces années à Konoha ont émoussé l'enseignement que lui a prodigué Tenshi. Incapable de choisir entre sa loyauté envers ce dernier et celle envers Konoha, elle reste là immobile et laisse l'épéiste réaliser ses sombres desseins. L'inaction est une forme de choix finalement et en ne faisant rien, Junko condamne son ancienne équipe à la mort.
Le combat est clairement déséquilibré et si Kamakiri tient tête à Tenshi c'est seulement grâce aux insectes de Mae qui peine à les manipuler convenablement. Insuffisant pour protéger son élève qui se retrouve projeté au sol après une nouvelle attaque. Le glas sonne pour le chûnin qui voit l'ombre de son adversaire au-dessus de lui alors qu'il tente de se relever. La lame de Tenshi brille sous le reflet de la lune avant de s'abattre, mais contre toutes attentes une nouvelle racine s'élève du sol pour le protéger et celle-ci, au contraire du mur de bois, ne se brise pas. Impossible à croire, mais c'est maintenant tout le Clan Senju qui protège Aburame Mae.

— Tenshi, qu'est-ce qu'on fait ? S'enquière Junko qui ne voit d'autre échappatoire que la fuite.
— Maudit gamin, c'était ça ton plan depuis le début, s'énerve Tenshi qui voit là tous ses plans s'envoler.

Les membres du clan passent rapidement à l'offensive et parviennent à faire reculer sans mal l'épéiste. Face à lui se dressent des shinobis dont certains sont parmi les plus puissants de Konoha et pourtant il hésite à reprendre le combat, c'est Junko qui doit le ramener à la raison.

— Tenshi ! Il faut partir, maintenant ! Sinon tout ça n'aura servi à rien !
— Je te retrouverais Senju Kamakiri et je le jure sur mon sang que j'aurais ta tête,
promet l'épéiste qui dresse un mur de Suiton pour couvrir sa fuite.
— JUNKO ! Hurle Kamakiri malgré la douleur qui parcours tout son corps. Jamais je ne te pardonnerais ça ! Jamais !

Un cri du cœur avant de sombrer dans l'inconscience, vidé de tout son chakra après un pareil combat. C'est finalement le plus improbable des ninjas qui se révèle être le plus loyal au village à l'emblème de la feuille. Senju Kamakiri, un nom qu'il a aujourd'hui pleinement mérité et dont il peut être fier. Il ne nourrissait pas de grands espoirs dans l'aide de son clan, mais compte tenu de la situation il espérait que ça fonctionne. Une chance qu'ils aient été contacté par Nobu qui arrive après la bataille sur les lieux et s'inquiète aussitôt de l'état de Mae et de son ami. Les Senju s'activent et conduisent ces deux-là à l'hôpital alors qu'en ville la situation est maintenant sous contrôle. Le chaos est maîtrisé, mais il a permis la libération de trop nombreux ninjas dont certains sont extrêmement dangereux. C'est à croire que c'était là le but caché de Tenshi, mais qui tenait-il à libérer ? Quelqu'un d'important s'il était prêt à tout risquer.
La situation retrouve peu à peu son calme et Kamakiri, après avoir tenu le lit pendant trois jours, retrouve enfin des couleurs et peut sortir de sa chambre – malgré les contrindications du médecin. Tout ce qui l'importe maintenant qu'il est tiré d'affaires c'est la santé de Mae et à sa grande surprise elle et sa fille se portent comme un charme. Le pauvre voit son cœur faire le plus haut et le plus bas quand il découvre le petit être dans les bras de sa mère.

— Kamakiri, dit Mae qui est soulagée de voir le garçon en pleine forme.

Timidement le jeune Senju s'avance et découvre le visage plein de vie de la petite Sae. Un prénom qui provoque une émotion particulière chez Kamakiri qui a les yeux qui brillent. Les surprises ne s'arrêtent pas là puisque Mae a une demande à lui faire et celle-ci prend de court le pauvre genin qui ne s'y attendait pas.

— Je me demandais si tu accepterais d'être son parrain, demande-t-elle en découvrant avec la même émotion la réaction de Kamakiri.
— Évidemment, ce serait un plaisir, répond-t-il au bord des larmes.
— Saeko aurait été le premier ravi, surenchérit Mae qui voit une larme couler sur sa joue. Si tu savais comme j'aurais tellement aimé qu'il assiste à la naissance de sa fille.

La scène est déchirante et c'est avec la plus naturelle des spontanéités que Kamakiri prend la jeune femme dans ses bras. Difficile de parler encore de sensei maintenant, il a toujours une estime incommensurable pour Mae, mais leur relation a mué en autre chose. Étonnamment il se prête à imaginer qu'il fait partie de la famille et c'est le cas maintenant qu'il est le parrain de la petite.

— Tu veux la prendre dans les bras ? Reprend la jônin pour couper court à la séquence émotion en déposant délicatement la petite dans les bras de Kamakiri. Je suis certaine qu'elle va devenir un grand ninja, comme son père.
— Moi j'espère qu'elle aura aussi hérité de sa mère,
ajoute timidement le jeune Senju sous le charme des grands yeux bleus de la petite.
— Je crois qu'elle t'aime bien, regarde comme elle souri dès qu'elle entend le son de ta voix.

Tout au long de sa vie Kamakiri aura vécu de véritable ascension émotionnelle. La Rose Noire, Konoha, tout ceci n'est qu'un éternelle recommencement. Incapable de trouver sa place et pourtant il trouve le moyen de créer des liens comme avec Mae ou Sae et même Nobu. Bien sûr dans une toute autre dimension il y a Junko, mais pour le moment il n'éprouve que de la haine pour la jeune femme. Kamakiri espère qu'avec le temps cette rancune s'atténuera et qu'il pourra lui pardonner, sinon il n'est pas certain de pouvoir l'épargner à leur prochaine rencontre. C'est d'ailleurs une menace qui pèsera à jamais au-dessus de sa tête, Junko et Tenshi, difficile à croire qu'ils vont en rester là. Le jeune Senju n'aime pas ce qu'il devient à leur contact, c'est comme si une part d'ombre qui avait toujours été en lui ressurgit. Pour l'heure il profite de ce moment de calme, demain peut bien attendre une journée de plus après tout.

An 720.


Finalement après toutes ces années Konoha n'avait pas tenu ses promesses et pourtant Kamakiri n'avait pas démérité et il avait consenti de nombreux sacrifices et d'efforts. Néanmoins il y avait du positif à tirer de tout ça, ses exploits lors de l'émeute avaient été mis en avant. Uniquement parce que ça n'avait pas entaché l'image du village qui pouvait pleinement se concentrer sur le Pacte de Non-agression. C'est précisément ce même pacte qui força Kamakiri à refuser de réintégrer le village avec un grade de jônin. Peut-être que pendant ses mois de vagabondage il sentait la poule faisandée et qu'il avait les cheveux gras, mais ce sentiment de liberté où aucune barrière ne saurait l'arrêter était grisant. Refuser l'honneur qui lui était fait à un si jeune âge provoqua une véritable incompréhension, certains l'accusaient même de ne pas mesurer la chance qui s'offrait à lui. Très peu ont compris son geste et parmi eux on trouve ceux qui ont eu la chance de le connaitre personnellement, comme Nobu ou Mae. La jônin encourageait d'ailleurs le jeune Senju à découvrir sa véritable place à travers le monde. En revanche elle ne pensait pas que celle-ci serait dans un temple, mais chaque chose en son temps. Les adieux à Konoha furent bien sûr larmoyants, principalement pour Nobu qui ne parvenait pas à imaginer le village sans ce diable de Kamakiri. Buté, têtu et parfois insupportable, mais il avait cette énergie si contagieuse qu'à son contact on ne pouvait que le suivre dans ses trépidantes aventures. Tout ça c'était terminé, mais s'il préférait une vie plus simple à travers les terres le vagabond n'oubliait pas pour autant Konoha et tout ce qu'il lui devait. Déçu par la politique du pays, il avait tout de même progressé énormément depuis son arrivé, tant psychologiquement que physiquement. Entraînement, mission et les épreuves qu'il avait enduré, tout ceci l'avait forgé et lui avait fait prendre conscience de son plein potentiel. Comment pourrait-il oublier tout ça du jour au lendemain ? Impossible. Puis il avait encore des responsabilités à Konoha, comme veiller sur Mae et Sae. C'est peut-être ce qui a motivé sa décision d'embrasser une toute nouvelle vie.
Un jour, un moment d'égarement et voilà Kamakiri assis sur les escaliers qui se dressent devant l'immense porte du poussiéreux, mais majestueux, Temple du Feu, l'un des plus anciens monuments du Pays du Feu. La vie de vagabond avait ses bons côtés c'est vrai, mais après six mois de petit boulot et de débits de boisson, il avait envie d'autre chose. Puis d'un bar à un autre il a entendu parler de ces moines qui pratiquent la méditation et le ninjutsu. Un repère pour les âmes perdues, parfait pour Kamakiri qui ne trouvait toujours pas sa place dans un monde en plein changement. L'esprit un peu brumeux et la bouche encore pâteuse à cause de la veille, il se lève difficilement pour admirer le Tengu et le Yamabushi qui se font face de chaque côté de la porte. Une étonnante énergie émanait de ce lieu et c'était encore plus intense à l'intérieur.

— Bonjour mon garçon, vous êtes en visite ou vous vous êtes égaré ? Demande un moine bien portant dans sa toge soigneusement entretenue.
— Bonjour, répond timidement Kamakiri encore stupéfait par l'intérieur de l'édifice. Que diriez-vous à quelqu'un qui ne trouve pas sa place dans ce monde et qui aimerait faire plus.
— Qu'il a besoin d'un peu de réconfort.


La réplique pouvait porter à confusion, ce qui fit grandement rire le moine qui s'expliqua plus en détails en conduisant le jeune homme dans les cuisines. Une bouteille de saké et de la viande séchée de sa confection, voilà ce qu'il avait en tête. C'est peut-être ce lieu ou la chaleur et l'hospitalité de ce moine, mais Kamakiri se sentait ici presque comme chez lui. Ici on se fiche bien de savoir que c'est un Senju ou bien si au fond de lui se cache une part d'ombre qui l'a en horreur et qui l'effraie. Sans le connaitre, sans le juger, on lui offre un accueille chaleureux et une discussion des plus banales, mais vivifiante.

— Vous êtes là depuis combien de temps Tonkatsu ? S'interroge Kamakiri avec un réel intérêt.
— Parfois j'ai l'impression que c'était hier, alors que d'autres fois que ça fait une éternité, confie le moine qui ricane de ses propres paroles. Cela fera onze ans dans quelques semaines, pas mal non ?
— Désolé, mais… j'ai du mal à concevoir qu'on puisse dédier sa vie à la prière et à la méditation.
— C'est pour ça que je fais de la viande séchée,
murmure Tonkatsu comme une discrète confidence.

Bien portant et souriant, ce moine s'attire rapidement la sympathie de Kamakiri et c'est réciproque. D'ailleurs Tonkatsu propose au jeune homme de visiter les lieux, une invitation qu'il accepte avec enthousiasme.
Comme le lui avait confié ninjas et vagabonds, le Temple du Feu n'est pas seulement un lieu de culte, c'est aussi un lieu d'entraînement. Une salle y est dédiée d'ailleurs, comme pour la méditation. Tonkatsu confit à son jeune visiteur que la paix intérieure qu'il recherche ne réside pas dans l'abnégation et la résilience.

— Je pense que le monde est fait de multiples couleurs et qu'il serait dommage de ne pas toutes les explorer, s'amuse le moine qui apprécie beaucoup cette image. Tu ne penses pas ?
— Moi je trouve ce monde un peu trop sombre, je ne partage pas votre optimisme.
— Alors pourquoi ne pas y ajouter un peu de couleur ?
Reprend Tonkatsu sur un ton enjoué. Il est vrai qu'à notre échelle de simple mortel on ne peut pas faire grand-chose, mais il ne tient qu'à nous de rendre ce monde plus coloré, parce que si on attend après les autres…

Inutile pour le moine de finir sa phrase, le regard de Kamakiri se suffit à lui-même. Homme tout à la fois avisé et plein d'humour, Tonkatsu est des plus surprenant. Le jeune Senju ne pensait pas trouver une telle personnalité dans un lieu comme celui-là. Plutôt le cliché du prédicateur coincé et obtus qui ne voit que par sa foi et rien d'autre. Il s'en veut presque d'avoir pensé ça, mais la légèreté de ce moine et son discours optimiste suffisent à Kamakiri pour se défaire de cette vision en noir et blanc.

— Imaginons que j'aimerais devenir moine, que devrais-je faire pour cela ?
— Oh, eh bien tout d'abord un entretien avec notre Moine en Chef, Jûro,
explique Tonkatsu qui est amusé par la question.
— Et ensuite ? Je vais devoir prier, méditer et tout le reste ?
— Vous savez ici on ne prie pas tous les mêmes divinités, une fois on a même eu un ancien partisan du Jashinisme, un homme étonnamment plein d'humour.
— Le Jashinisme ? Désolé, je suis complètement largué.
— En d'autres mots, notre travail ne consiste pas seulement à prier et méditer, mais vous devriez en parler avec le Moine en Chef mon jeune ami, je vous assure qu'il est d'excellents conseils.


Tout en répondant aux questions de son invité, le moine avait su conduire Kamakiri jusqu'au bureau du Moine en Chef. La porte est close, mais après avoir frappé à celle-ci Tonkatsu l'ouvre. Un homme est assis derrière son bureau le nez dans les papiers avant de lever les yeux avec un sourire chaleureux. Observateur, Kamakiri remarque les anciennes cicatrices sur le corps de ce moine, ainsi que le katana soigneusement rangé dans une étagère cadenassée.

— Une autre vie, répond Jûro alors qu'il n'y a aucune question. Frère Ainé Tonkatsu, puis je savoir qui est notre invité ?
— Kamakiri et il semble qu'il ne trouve pas sa place, je me suis dit que vous pourriez le conseiller.


Un sourire amusé se dessine sur le visage du Moine en Chef qui répond avec un signe de tête. Tonkatsu en fait autant avant de poser une main amicale sur l'épaule de Kamakiri et de quitter le bureau. Timidement le jeune homme s'avance et analyse sans vouloir cette pièce devenue exiguë à force de stocker rouleaux et parchemins. Peinture de maître, reliques du passé et tout un tas de vieilleries qui ferait la joie du marché noir. C'est néanmoins le dénommé Jûro qui attire l'attention de Kamakiri. Le Moine en Chef n'est pas du tout comme il l'imaginait.

— Croyez le ou non mon garçon, mais on a tous eu une autre vie avant celle-ci, on ne devient pas moine comme on devient ninja, dit-il pour engager la conversation.
— Une vie que vous avez choisi d'oublier ? Demande Kamakiri qui porte son regard vers le katana.
— Au contraire, Yoake est là pour me rappeler cette vie passée, révèle Jûro qui se veut rassurant. Les bons jours, comme les mauvais jours.
— Oublier les mauvais jours ça a du bon parfois…
— Il est vrai, mais ce sont les mauvais jours qui rendent les bons jours si intenses et inversement, poursuit le moine qui joue habilement avec les mots. Une vie heureuse serait ennuyeuse, nous serions fade sans nos cicatrices, c'est ce qui fait que nous sommes si complexes.


Dix-sept années à se battre pour survivre et voilà qu'après seulement une heure dans ce temple, Kamakiri remet tout en question. Il a plus appris auprès de ces moines qu'auprès de n'importe qui. La partie rationnelle de son esprit aimerait croire que c'est un Genjutsu ou tout autre stratagème de manipulation, mais il est juste séduit par ce lieu emplit d'une étonnante sérénité. Les moines ont eux aussi eu une autre vie, tout comme lui, et à en juger par les cicatrices de Jûro certains ont vécu des moments plus difficiles que d'autres. Pourtant ils sont là au Temple du Feu à méditer et s'entraîner, pourquoi ? Dans quel but ? Kamakiri aimerait se défaire de ces éternelles questions et simplement apprécier, mais là tout de suite ça lui parait impensable.

— Pourquoi cette vie ? Pourquoi tout ça ? J'ai du mal à saisir ce que représente réellement ce temple.
— Il y a de cela des siècles le Temple du Feu était l'épicentre du pays et ses moines en étaient les plus farouches protecteurs,
conte Jûro pour répondre à la question du Senju. Puis les années ont passées, les villages cachés ont fait leur apparition et le Temple du Feu a peu à peu sombrer dans l'oubli… je dirais qu'aux jours d'aujourd'hui, le temple représente quelque chose de différent pour chacun d'entre nous, mais qu'il est aussi et surtout le cœur de la Volonté du Feu.

Doucement, Kamakiri esquissait une toile dans son esprit qui représentait le Temple du Feu. Tout n'était pas encore très clair et il aurait surement encore un millier de questions, mais il a envie d'en apprendre plus. Sur lui tout d'abord, mais aussi sur le monde qui l'entoure. Les résidents du temple ont tous une histoire, un passif et c'est ce qui rend ce lieu si unique. Puis la réputation des Moine Ninja n'est plus à faire, s'il ne veut pas s'enliser dans une vie médiocre à courir après les contrats entre deux beuveries il va bien devoir se bouger. Ici on lui apprendra la maîtrise de soi et le ninjutsu, peut-être même saurât-il se rendre utile quand l’occasion se présentera. Le Temple du Feu n'a rien perdu de sa vocation : aider le Pays du Feu. Nombre de voyageurs et vagabonds viennent jusque là pour quérir l'aide précieuse des moines. Kamakiri a essayé de se battre pour survivre, il veut tenter une nouvelle approche et se laisser porter par le courant. Tout en acceptant, comme le lui a conseillé Jûro, qu'il y a parfois des bons jours et d'autres fois des mauvais jours, mais qu'ils sont indispensables l'un à l'autre. Celui qui était encore il y a quelques mois l'Héritier Maudit des Senju aimerait découvrir ce monde de couleurs dont Tonkatsu lui a vanté les qualités.

An 722.


Au plus loin qu'il se souvienne Kamakiri n'avait jamais ressenti ce sentiment de sérénité. Toujours pas à sa place dans le Temple du Feu, mais celui-ci lui avait apporté ce qu'aucun autre endroit n'avait su lui apporter, la paix avec lui-même. Durant ses jeunes années il a longtemps été l'instrument de sa mère, cependant à cette époque ça lui paraissait légitime étant donné qu'elle lui avait donné la vie. Pourtant une mère ne devrait jamais avoir à demander à son fils de menacer un mauvais payeur ou préféré le pouvoir à sa sécurité. Tout ça c'est loin et Kamakiri ne lui en veut pas ou plus exactement, il ne lui en veut plus, car c'est précisément ce sentiment qui a retardé son intégration à Konoha. Incapable de se détacher de ce passé qui le poursuivait, il a été repoussé par les Senju, par ses camarades et il a dû batailler ferme pour arracher sa place dans le village. Au prix de nombreux efforts et sacrifices il est parvenu à briller aux yeux de tous, mais il a émoussé son âme et il aurait pu se perdre définitivement dans les plus sombres recoins de celle-ci s'il avait poursuivi sur cette voie. Le Temple du Feu n'avait rien de la solution miracle à tous ses problèmes, mais Kamakiri avait tout le temps qu'il lui faut pour poser un regard nouveau sur une vie au cours de laquelle à toujours été instrumentalisé. Tantôt pour assouvir les ambitions démesurées de sa mère, tantôt pour servir une politique dans laquelle il ne se retrouvait pas. Jûro aimait lui rappeler qu'on est seul maître de son destin et qu'il est aisé de se trouver des excuses. Durant la guerre, certains provoquaient de véritables bains de sang sur les ordres de leurs dirigeants. Peu importe que ce soit justifié ou non, leur crédo était d'obéir aveuglément sous prétexte qu'on a juré fidélité à un village plutôt qu'à un autre. Sujet que maîtrisait particulièrement Jûro qui a servi de nombreux pays et parfois le plus offrant. Il a vu et vécu des choses qu'aucun homme ne devrait endurer, mais il a su se défaire de cette vie dans le sang et tirer le positif. Inspiré par le Moine en Chef, Kamakiri désirait ardemment tirer les leçons de son passé et avancer. Plus facile à dire qu'à faire quand les regrets s'invitent dans cette introspection.
La simple idée de savoir que Tenshi et Junko respiraient encore causait des insomnies à Kamakiri, une situation qu'il examina au cours de ses séances de méditation. Là était tout le but d'ailleurs. Pour se recentrer et ressentir l'énergie du temple il fallait voir les choses dans leur ensemble. Grandement affecté par la perte de son ami Saeko, Kamakiri a été aveuglé et il est passé à côté du plus important. Une sombre organisation conditionne de jeunes enfants à devenir des armes. Finalement est-ce si différent que ce que lui-même a vécu ? En synthèse oui, mais dans le fond on retrouve des similitudes. L'erreur de Tenshi lors de l'émeute a été de laisser ses sentiments prendre le dessus. Il aurait pu réaliser ses sombres desseins et laisser la vie à Kamakiri et Mae, mais non il voulait tout à moindre coût. Finalement il s'est retrouvé en si mauvaise posture qu'il a dû renoncer à une partie de ses plans. Offrant une courte victoire à Konoha et un répit bienvenu en cette période cruciale. Un exemple parfait de suffisance et d'un cruel manque de maîtrise. Fort des conseils de ses camarades et amis, Kamakiri vit sa rancœur s'atténuer et se muer en autre chose. Bien entendu il ne rêve que du jour où il se pencherait au-dessus du corps de Tenshi pour lui rappeler qu'il aurait dû le tuer quand il en avait l'occasion, mais ça ne se fera que si le destin est ainsi écrit. Protéger Konoha est la priorité du ninja qu'il était jadis, mais dans une moindre mesure c'est aussi celle des moines du Temple du Feu puisqu'ils doivent défendre le Pays du Feu. Sauf que ce n'est pas en restant entre quatre murs qu'il pourra faire quoi que ce soit, pas même en aidant les paysans démunis et autre malheureux qui frappent à la porte du temple.
Mieux vaut tard que jamais comme dit Tonkatsu, mais Kamakiri se demande comment ça a pu lui prendre autant de temps. Le jeune Senju ne trouve pas sa place pour une bonne raison : car il n'a pas sa place à un seul endroit. C'est un libre-penseur, un marginal, un excentrique… le monde est son terrain de jeu et il s'en serait rendu compte plutôt s'il n'avait pas été aveuglé par la haine farouche qui l'animait lorsqu'il menait l'enquête sur la mort de Saeko.

— Alors c'est décidé, tu pars à l'aventure ? Lui lance Jûro avec une pointe d'émotion dans la voix.
— Je dois voir les choses dans son ensemble, n'est-ce pas ce que tu me répètes ? Parcourir le monde me parait être idéal pour cela.
— Je le sais depuis le premier jour, mais je ne sais pas… tu as emplit ces lieux d'une énergie positive tout au long de ton séjour,
confesse le Moine en Chef qui ne parvient pas à décrire le sentiment qui l'anime.
— Tu sais Jûro, j'ai beau avoir quitté Konoha pour m’installer ici, mon cœur a toujours été là-bas, explique Kamakiri qui manie les mots avec la même aisance que Jûro. Mon esprit en revanche, c'est ici qu'il a trouvé sa place et ce temple sera toujours un refuge, un lieu où je me sens bien où je suis en sécurité.
— Et tu seras toujours le bienvenu en ces lieux.


Voilà tout ce dont avait besoin Kamakiri pour prendre la route le cœur léger. Le jeune moine qu'il est devenu est triste de partir, même si ce n'est que pour mieux revenir comme le lui a rappelé Tonkatsu, cependant il sait que ce n'est que le début du voyage. Un monde vaste et de fabuleuses aventures l'attendent et il se hâte de revenir au temple pour conter les péripéties de son voyage à ses camarades et amis. Ninja de Konoha, il le restera toute sa vie même s'il ne porte plus son bandeau. Moine du Temple du Feu il le sera toujours même s'il ne porte plus la toge. Tout comme il sera à jamais le fils d'Hanako, une mère compliquée, mais une mère comme on en a qu'une. C'est un jeune homme perdu et torturé par le passé qui est entré dans le temple. Aujourd'hui, c'est un jeune homme plein d'assurance et résolument tourné vers l'avenir qui descend les escaliers. Parce qu'au final on ne peut jamais fuir son passé, alors mieux vaut l'accepter et choisir d'avancer plutôt que de regarder sans cesse par-dessus son épaule.

An 724.


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MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeMar 14 Avr - 12:32


HISTOIRE (SUITE)
Parfois c'est le voyage qui compte et d'autres fois c'est la destination, comme lorsque Kamakiri est aller à Iwa ce fut pour lui une destination pleine de nostalgie pour un voyage inattendu. Coupé du monde par toute une chaîne de montagne, le Pays de la Terre est un pays bien à part. Les ninjas qui y sont formés deviennent de grands adeptes du Ninjutsu, parmi les meilleurs du monde shinobi. Le jeune Senju peut en témoigner puisqu'il a eu la chance rencontrer quelques-uns de leurs représentants lors de l'examen chûnin. Événement qui est tout à la fois sources de bons et de mauvais souvenirs, mais dont il préfère garder le positif. Comme par exemple cette étonnante rencontre avec Nakahira, le prodige du village caché par les roches. D'ailleurs il lui a fait parvenir une lettre pour prévenir de son arrivée dans l'espoir de pouvoir échanger autour d'un verre, il ne pensait pas que celui-ci l'accueille chaleureusement dès son arrivée au village. Aux côtés de certains de ses camarades, notamment Dai qu'il a aussi rencontré au cours de l'examen et d'autres ninjas, Nakahira se passe bien des habituels convenances et saisit fermement la main du Senju.

— Kamakiri, quel plaisir de te revoir, lance-t-il avec une émotion palpable.
— Je ne pensais pas avoir droit à un tel accueil, est-ce que je dois m'inquiéter ? Ironise Kamakiri qui n'est très loin de la vérité.
— Les gardes ont pour ordre de ne laisser entrer aucun étranger et je tenais à t'accueillir en personne, confesse Nakahira qui semble avoir quelques soucis à régler. Tu te souviens de Dai ? Laisse-moi te présenter les autres.

Nakahira en avait fait du chemin, aujourd'hui Jônin il faisait parti avec ses camarades de l'Escouade Personnelle du Tsuchikage. Autrement dit, ils sont en charge de la défense du pays, de sa sécurité et aussi des frontières. Un rôle majeur quand on connait l'importance de tous ces points pour Iwa. Quant au Tsuchikage il était réputé être un homme d'une puissance inimaginable, il aurait même transcendé l'art du Ninjutsu. Kamakiri aurait été honoré de le rencontrer, mais ça ne sera pas pour tout de suite. Tout le village est en état d'alerte, une menace d'envergure pèse sur celui-ci. Installé à une petite échoppe, Nakahira est ravi de savoir son ancien adversaire en pleine forme, cependant il s'interroge sur sa venue qui coïncide étonnamment avec la crise que subit le pays.

— Tu m'envoie ce mystérieux message, tu n'as plus ton bandeau… excuse-moi si je suis désagréable ou trop curieux, mais quel est la raison de cette venue ? S'enquière Nakahira qui tient à être rassuré.
— Ah ça, c'est une longue histoire, confesse Kamakiri qui sort de sa besace un bandeau intact avec l'emblème de la feuille. Sinon pour répondre à tes craintes, ma venue est une coïncidence, je tenais simplement à venir te voir et visiter Iwa, rien de plus, rien de moins.
— Si je comprends bien tu n'es pas là au nom de Konoha ?
Demande maintenant Nakahira presque avec soulagement.
— Absolument pas, même si je dois t'avouer que lorsqu'on a appris pour mon voyage à Iwa, Konoha m'a demandé de glisser deux mots au Tsuchikage sur le pacte.
— Le Tsuchikage est très occupé en ce moment, même nous nous avons du mal à avoir son attention,
soupir Dai qui apparait épuisé.
— Et de toutes façons je ne suis pas là pour ça, je laisse la diplomatie à Konoha, moi je suis là pour les galettes de riz et le saké, répond le Senju qui passe aussitôt commande.

Face à lui, Nakahira a toujours ce ninja plein de fougue qu'il a eu plaisir à affronter, mais il émane de lui quelque chose de nouveau : une certaine sérénité. Il apparait plus que jamais à l'aise dans cette vie de vagabond qu'il décrivait précédent. Offrant son aide à qui la lui demande, même s'il a avoué sans se cacher qu'il avait la fâcheuse habitude à se retrouver dans les ennuis jusqu'au cou. Détail qui n'a pas échappé à Nakahira, cependant il a peut-être pour lui un rôle à jouer dans la crise qui touche Iwa.

— Kamakiri, je sais que tu es là pour le tourisme, mais à vrai dire on aurait bien besoin d'un coup de main…
— Nakahira tu n'y penses pas ? Si Ônoki-sama apprends qu'on a demandé de l'aide à Konoha, il va encore nous punir et on va devoir s'entraîner deux fois plus,
désespère Dai qui met en lumière l'intransigeance du Tsuchikage.
— Tu l'as entendu, il n'a rien à voir avec Konoha, s'amuse Nakahira qui joue sur les mots.
— Crois-moi, dès que tu mentionneras mon nom Konoha niera en bloc toute implication.

Non pas qu'il n'est plus le bienvenu au village, au contraire, c'est plutôt qu'il a tendance à se faire des ennemis, notamment parmi les hautes instances de ce monde. Il se murmure d'ailleurs qu'il aurait eu une aventure avec la fille du Daimyo du Pays de l'Eau, ce qui l'aurait énervé à tel point qu'il aurait demandé que le Senju soit interdit dans le pays. Une rumeur qui amuse Kamakiri qui en joue avec plaisir lorsqu'on lui demande.
Protégé par les immenses montagnes qui entourent tout le Pays de la Roche, Iwa n'a jamais été directement touché par les guerres qui ont fait l'histoire des shinobis. Pour autant cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas subis de lourdes pertes et qu'ils ont leur lot de problèmes. Comme par exemple les récentes attaques sur des villages isolés ou plus récemment un odieux pillage de tombe.

— Pillage de tombe ? S'interroge Kamakiri avec surprise.
— Oui, ce sont des shinobis pour la plupart et pas les plus mauvais si on en juge par les archives, répond Dai qui compte parmi les victimes son père.
— C'est là le seul point commun, sinon ce sont des hommes et des femmes de tous les âges, ajoute Nakahira qui se fait plus pragmatique.
— Et les attaques alors ?
— Meurtres, enlèvements et quelques survivants pour témoigner de l'horreur,
répond Nakahira qui se souvient encore de la terreur dans le regard des pauvres survivants.
— Les enlèvements ciblent des personnes en particulier ?
— Jeune et en bonne santé, c'est tout ce qu'on a.


La manœuvre est inédite pour Kamakiri et pourtant il a la vague impression que ça n'est pas sans liens avec les événements survenus à Konoha quelques années plus tôt. Nobu avait bien voulu lui fournir, en toute discrétion et illégalité, la liste des prisonniers et parmi eux se trouvait plusieurs noms qui en avaient après des pays comme Iwa et Kumo ou encore Kiri. Restes de la guerre ou rancune plus personnelle, toujours est-il qu'ils ont été libérés et qu'ils ne seraient pas étonnant qu'il cherche à reprendre leurs sombres projets. Quant à savoir si Tenshi et cette sombre organisation sont liés ou non aux problèmes que rencontre Iwa, Kamakiri réserve son jugement, mais il a un mauvais pressentiment. C'est vrai qu'il est venu au Pays de la Roche pour visiter la région et revoir Nakahira après toutes ces années, profitant de son statut de Moine Ninja pour parcourir le monde sans être inquiété – jusqu'à une certaine limite bien sûr. Le destin sait être capricieux et il semble avoir pris en amitié le jeune Senju, qui après des années à travailler sur lui-même pourrait bien être mis à l'épreuve plus tôt qu'il ne le voudrait. Un objectif à la fois. Il doit garder en tête qu'il est là pour Nakahira et Iwa, en aucun cas il ne doit perdre cet objectif des yeux pour une quelconque quête personnelle.
Le tourisme attendra pour Kamakiri qui doit déjà se remettre en route, un village vient d'être attaquer et il n'est qu'à quelques heures d'Iwa. Sans tarder il se met en route en compagnie de Nakahira et son équipe. Au rythme où ils vont il ne leur faut pas longtemps pour rejoindre leur destination et constater qu'il est déjà trop tard. Une différence notable est tout de même relevée par l'escouade : les traces de combat.

— Une équipe était peut-être en mission dans le coin ? Demande Azami l'une des ninjas de l'escouade.
— Dans ces cas-là où sont les corps, désespère Nakahira qui ne voit rien d'autre que le silence et les toits encore fumant. Dispersez-vous et trouvez des indices, on a que quelques heures de retard.

Véritable leader, Nakahira prend son rôle très à cœur et n'est pas du genre à distiller les ordres et à attendre les résultats, il participe lui aussi aux recherches. Kamakiri en fait autant et dès son premier essai il fait mouche. Alors que le Senju entre dans une maison il croit entendre un bruit, mais le sol grince sous ses pieds et plus rien. L'endroit semble avoir été plutôt saccagé que réellement fouillé, comme si quelqu'un avait passé ses nerfs sur le mobilier. Avançant à pas de loup, Kamakiri cherche à définir d'où pouvait provenir les bruits quand un détail attire son attention. Le sol est différent à un endroit bien précis de la cuisine. Certainement une trappe oubliée par les pillards. Aucun doute que ça ferait une cachette idéale, mais qu'est-ce qui peut bien se cacher là-dessous ? Pour s'en assurer, Kamakiri préfère la jouer fine.

— Je sais qu'il y a quelqu'un, annonce-t-il avant de saisir une chaise pour s'assoir. Je sais que vous avez peur et que vous n'avez aucune raison de me faire confiance… mais je ne vous veux aucun mal, je suis accompagné par l'escouade du Tsuchikage, on est là pour vous aider.

La voix de Kamakiri est calme et le ton est léger, une attitude qui provoque des murmures presque inaudibles semblables à une dispute. Visiblement plusieurs sous le plancher, ils ne semblent pas tous d'accord.

— Vous savez, j'aurais très bien pu vous sortir de là de force, mais je préfère me dire que vous allez prendre la bonne décision et j'attendrais le temps qu'il faudra, donc prenez votre temps.

Au bout de quelques minutes seulement Kamakiri entend un loquet et voit la trappe s'ouvrir. Timidement, un garçon passe sa tête et observe le Senju avant de sortir, aidant ensuite son frère et sa sœur, plus jeunes, à sortir de là. Les deux plus petits se cachent derrière l'ainé qui affiche un visage sérieux et fatigué.

— Et si on faisait les présentations ? Moi c'est Kamakiri et je suis… c'est vrai ça, qu'est-ce que je suis ? Un Moine ? Un Moine Ninja ? Ou peut-être un vagabond, lance le ninja qui se perd dans ses pensées. Bref, Kamakiri ça ira.
— Je m'appelle Itsuki et voici Kenta et Tara,
répond timidement l'ainé des trois enfants.
— Ravi de vous rencontrer, répond Kamakiri avec un large sourire. Vous êtes courageux, vraiment, mais on se charge de la suite, ok ? Alors si vous avez vu quoi que ce soit, dite le moi.

Le plus jeune, Kenta, se cache dans le kimono abîmé de son frère, alors que Tara regarde le ninja avec ses grands yeux pleins d'espoir. Une nouvelle fois c'est Itsuki qui parle, faisant preuve d'un courage exemplaire face à la situation.

— Ils sont tous devenus fou, maman nous a caché là-dessous et nous a demandé de ne pas sortir.
— Ils ?
S'interroge Kamakiri qui craint de connaitre déjà la réponse.
— Les villageois… mon père… tout le monde sauf maman, confesse difficilement Itsuki qui retient ses larmes.

Esquissant un sourire qui se veut compatissant, Kamakiri se lève calmement et s'approche des trois enfants. Il pose une main sur l'épaule de l'ainé pour le rassurer.

— Tout va bien maintenant, ok ? Je vais veiller sur vous, plus personne ne vous fera de mal, vous avez ma parole.

Contre toutes attentes Itsuki se jette sur le ninja pour le serrer contre lui, laissant échapper les premières larmes. Kamakiri a toujours été doué avec les enfants, bien plus qu'avec les adultes d'ailleurs. La simple idée que ces enfants aient assisté au spectacle qui s'est joué ici le met hors de lui, mais l'enseignement des moines porte ses fruits. C'est avec la petite Tara dans les bras et en tenant la main de Kenta qu'il sort de là. La lumière extérieure aveugle légèrement les trois enfants, mais Itsuki est soulagé de voir des ninjas d'Iwa.
Autour d'un campement improvisé à la hâte, Itsuki se confit plus en détails sur ce qui s'est passé dans le village. Nakahira est surpris par les révélations, mais pas autant que par la réaction de Kamakiri qui se fait bien silencieux. En retrait, il écoute le récit du garçon et en même temps il semble perdu dans ses pensées. Plus tard il voit le jônin d'Iwa lui parler à l'écart, il a bien vu qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas chez l'improbable moine ninja.

— Bon, et si tu me disais ce qui ne va pas ? Je vois bien que tu tire la tronche depuis les explications du gamin, demande Nakahira sans détours.
— Je sais qui a attaqué ce village, enfin rien n'est certain, mais il se pourrait que j'aie déjà été confronté à cette méthode, explique Kamakiri qui n'est certain de lui. Orino, une nukenin de Konoha.

Un nom qui n'évoque rien au ninja d'Iwa, mais lorsque l'ancien ninja de Konoha se confit sur les aptitudes de cette Orino, il commence à faire le lien entre plusieurs détails similaires à chaque attaque. Personne n'avait plus entendue parler d'elle depuis la mission de la Team 7, si bien qu'elle était présumée morte. Visiblement elle est parvenue à rebondir et à trouver un nouveau terrain de jeu. Kamakiri pense que la mère des trois enfants est une kunoichi de type sensoriel et qu'elle est parvenue à résister à son ennemi, un temps en tous cas. Il va même plus loin dans ses craintes en avouant qu'elle était peut-être la cible de cette attaque. C'est loin d'être impossible étant donné que les attaques, dans leur globalité, concerne le plus souvent des ninjas aux capacités spécifiques.

— On avance, positive Nakahira qui définie les nouvelles priorités. Azami va reconduire les enfants à Iwa pour qu'ils soient pris en charge, Dai à découvert quelque chose qui pourrait nous intéresser.
— Je vais laisser un de mes clones avec Azami par sécurité.


Rattrapé par le passé, Kamakiri commence à imaginer le pire et peine à faire confiance à ses coéquipiers du jour. Un Clone Ligneux ne sera pas de trop pour rassurer les trois enfants, surtout que la route jusqu'à Iwa sera plus longue pour eux. Double précaution donc.
Le jeune Senju n'était pas le seul à faire une découverte dans ce village désert, Dai est parvenu à mettre la main une étoffe abandonnée à la hâte. Fait anodin, mais il reconnaitrait cet emblème entre mille, c'est celui d'un clan ninja installé dans les montagnes. Iwa a vue de nombreux clans quitter le village après la Troisième Grande Guerre Ninja, parmi eux les Chinmoku, un clan tout d'abord spécialisé dans l'espionnage puis l'assassinat. Soupçonné de plusieurs meurtres depuis leur départ, rien n'a jamais été prouvé. Piège grossier ou erreur maladroite, c'est là la seule piste qu'ils ont.

— J'imagine qu'ils ne seront pas faciles à trouver, s'inquiète Kamakiri qui présume bien.
— Il y a peut-être quelqu'un qui sait où ils se terrent, mais il ne sera pas facile à convaincre, soupir Nakahira qui partage son pessimisme avec Dai.
— Peut-être, mais c'est notre seule piste et maintenant qu'on a perdu Azami, on doit se dépêcher.

Paroles qui ont de quoi remotivé les troupes, Kamakiri n'a rien perdu de cette âme de leader qu'avait entrevue Nakahira au cours de l'examen. Le temps presse, car la prochaine attaque pourrait bien avoir lieu dans une semaine ou plus, sans jamais qu'ils puissent à nouveau suivre une piste fraiche. Seulement la personne qu'il s'apprête à rencontrer n'est pas du genre bavarde. Isolée dans les montagnes depuis une dizaine d'années maintenant, elle n'a plus de contact avec le reste d'Iwa depuis lors et elle ne compte pas s'y remettre de sitôt.

— Et c'est qui au juste cette personne ? Parce que présenté comme ça, c'est mal parti, s'enquière Kamakiri avec un semblant d'amusement.
— Sana, la fille du Tsuchikage, répond Nakahira qui échange un regard désemparé avec Dai.

Plus exactement la fille illégitime du Tsuchikage, puisqu'elle est née hors mariage et ça a bien failli coûter sa place à Ônoki Ichigo. Une histoire vieille de plusieurs dizaines d'années maintenant, mais qui est toujours d'actualité compte tenu des rapports qu'ils entretiennent. Sana ne sera donc pas ravie de voir débarquer des ninjas d'Iwa, particulièrement des proches du Tsuchikage. Le pauvre Kamakiri se jettera dans la gueule du loup et c'est peu dire, car la kunoichi n'est seulement réputée pour son caractère, mais aussi pour ses vastes connaissances dans les arts ninjas.
Trouver Sana est le plus facile et pourtant pour cela il faut arpenter des montagnes au relief escarpé en empruntant des chemins dangereux. Très étroits, ces passages sont le seul moyen de quitter Iwa sans être vu, mais ils sont si imprévisibles que plus personne ne passe par là. Sauf Kamakiri et ses coéquipiers d'un jour qui touchent au but en arrivant au sommet de la montagne, lequel est formé comme une vaste plateforme avec une grotte tout au bout. Nakahira demande à tout le monde de patienter sans faire un pas de trop. C'est peut-être un lieu difficile d'accès, mais Sana est du genre paranoïaque elle a donc surement placé des pièges. Les minutes s'écoulent et la patience des deux ninjas d'Iwa est mise à rude épreuve, alors que Kamakiri est adossé à un rocher et lit un bouquin. Finalement la mystérieuse femme qui se terre dans cet endroit si reculé daigne enfin sortir, sourire amuser sur le visage.

— Vous êtes bien courageux, lance-t-elle à l'attention des ninjas avant de leur faire face. J'imagine que si vous connaissez ce lieu vous êtes les petits protéger de mon crétin de père.
— Exact, mais nous ne serions pas venus jusqu'ici sans une bonne raison,
répond Nakahira avec beaucoup de respect.
— Et celui-là alors, pourquoi est-il là ? C'est un Senju de Konoha si mes sens sont encore affutés, s'amuse Sana qui voit l'intéressé refermer son livre et se lever avec lenteur.
— Kamakiri, répond d'abord le moine ninja qui tend une main amicale. J'aurais bien pris le thé avec vous, mais le temps nous manque, j'ai fait une promesse à trois gamins qui ont perdu leur mère.
— Voyez-vous ça,
reprend Sana qui affiche son amusement. Lui peut venir, vous deux vous attendez ici.

La fille du Tsuchikage est connu pour sa clairvoyance et sa sagesse, mais visiblement elle est plus intéressée par le Senju que par ce qui peut pousser des ninjas d'Iwa si loin dans les montagnes. Pour une personne comme Sana, le temps est une donnée qui ne la concerne plus. Voilà dix ans qu'elle est isolée de tout et tout le monde, se nourrissant de ce que veut bien lui apporter la nature. Survivre n'est pas toujours une question de ressources. Néanmoins la grotte dans laquelle elle s'est installée dispose de tout le confort qu'on serait en droit de trouver en ville. Soigneusement aménagé et décoré de bibelots anciens et poussiéreux.

— Souvenirs d'une autre vie, dit Sana lorsqu'elle voit Kamakiri regarder les étagères. Je ramenais quelque chose de chaque mission, ça pouvait être un caillou, un kunai, une fois j'ai même ramené un furet qui m'a tenu compagnie pendant douze ans.
— Vivre ici, seule, ça ne doit pas être facile tous les jours j'imagine, répond le moine ninja avec compassion.
— Il y a des hauts et des bas, mais je ne supportais plus la vie que j'avais, la foule et ce monde qui devient complètement fou, confesse la kunoichi qui prépare du thé.
— C'est vrai, mais c'est peut-être à nous de changer les choses, vous ne pensez pas ?
— C'est le discours que te servent les moines du temple ?
Rétorque Sana qui ricane. Je suis trop vieille pour ça, mais toi tu peux certainement soulager le monde de quelques maux.

Un simple regard suffit à cette femme pour tout savoir de Kamakiri, comme le sang des Senju qui coule dans ses veines ou encore son séjour au Temple du Feu. Pour ce dernier ce n'est pas bien difficile, le jeune homme porte encore une partie de la tenue traditionnelle qu'il a revisité à ses goûts. Cela n'enlève rien à l'exploit, Sana laisse cette étrange impression chez les gens, c'est comme si elle savait tout avant tout le monde.

— Je me contente d'un jour à la fois et aujourd'hui j'ai décidé de prêter main forte à Nakahira, confesse Kamakiri avec enthousiasme.
— Ne te méprend pas mon garçon, je n'ai rien contre lui personnellement, ni même contre Iwa, c'est le monde dans son ensemble qui m'a déçu, explique Sana qui sert deux tasses de thé.
— Pourquoi je suis là et pas eux alors ?
— Perspicace, j'aime ça,
s'amuse la kunoichi qui tend une tasse de thé au jeune homme. Tu es différent, tu n'es pas comme tous ces gamins qui pensent que tout leur est dû parce que ce sont des ninjas.
— Par le passé je me suis moi aussi senti invincible parce que j'étais un ninja, je ne fais pas exception.
— Oui, mais tu as su réagir à temps et c'est là toute la différence,
ajoute Sana qui souffle sur son thé avant de prendre une gorgée. Raconte-moi comment un ninja de Konoha rencontre un ninja d'Iwa.

Kamakiri n'a pas le temps de lui faire la conversation, mais il le prend quand même et raconte ce souvenir lointain et pourtant encore si frai dans sa mémoire. Pour la même raison qu'il a finalement accepté de boire le thé – même si elle ne lui a pas laissé le choix. Sana est seule ici depuis bien trop longtemps, un peu de compagnie doit lui faire du bien.
Contant les péripéties de son examen chûnin et de son combat avec Nakahira et les autres ninjas, Kamakiri surprend plusieurs fois Sana à hausser un sourcil. Volontairement ou non, il lui épargne le passage avec Nobu qui se précipite au-devant de la mort pour lui sauver la vie. Tout comme il oubli de nommer Junko, un nom que s'il n'a plus en horreur, ne parvient toujours pas à prononcer.

— Il faut un sacré caractère pour faire d'un ennemi un ami, répond Sana silencieuse jusque-là. Et qu'en est-il de cette équipe dont tu vantes les qualités ? Sont-ils toujours à Konoha ?
— Vous connaissez déjà la réponse n'est-ce pas ?
S'amuse Kamakiri qui joue le jeu de son hôte. Nobu a été gravement blessé durant cet examen, il s'occupe aujourd'hui de la stratégie militaire de Konoha et Junko… elle a choisi un tout autre chemin.
— Oh je vois, j'imagine que le jour des retrouvailles ne sera pas festif dans ce cas,
réplique la kunoichi comme si elle savait d'avance que ce jour était proche. Tu as été un invité particulièrement agréable, je vais te dire où trouver le Clan Chinmoku.

Kamakiri ne s'attendait pas à ça, bluffé par la perspicacité de Sana il s'en amuse plutôt que de lui demander son secret. Un atout qui fait partie du charme de cette femme bohème et mystérieuse, mais étonnamment de bonne compagnie. Le Senju a pris plaisir à converser avec elle et ce sans attendre quoi que ce soit en retour, cependant il est bien content de ressortir de là avec les informations tant convoitées. D'ailleurs ils poursuivent leur conversation en sortant de la grotte, léger et souriant ils échangent comme de vieux amis. Spectacle surprenant pour Nakahira et Dai, qui sont rejoint par Sana et Kamakiri.

— Alors ? S'inquiète Nakahira qui voit son ami de Konoha tout sourire.
— Le thé était super… oh, pour les Chinmoku ? Sana m'a donné leur localisation, fini par dire Kamakiri qui met fin au suspense.
— Mille mercis à vous, Sana, Iwa devrait compter plus de ninjas comme vous dans ses rangs, dit Nakahira avec un profond respect.
— Je suis persuadée que j'en ai déjà deux face à moi, répond l'intéressée avec un sourire amusé. Vous avez été sages les enfants, je vous autorise donc à partir sur vos deux jambes.
— Tu vois, je savais qu'il y avait des pièges !
S'inquiète Dai qui n'ose même pas faire un pas de côté.
— Des pièges ? Où diable allez vous chercher ça !

Le ricanement inquiétant de Sana n'est pas pour les rassurer, mais celui-ci s'explique lorsqu'elle lance un kunai hors du chemin qu'elle emprunte. Un ver répugnant avec plus de dents qu'un requin se jette dessus pour engloutir l'arme de jet. Si le Senju trouve ça très drôle, c'est bien différent pour les deux ninjas d'Iwa. Heureusement ils quittent ce lieu étrange et effrayant pour poursuivre leur mission, avec l'espoir de revenir victorieux au village ou au moins avec des indices.
Curieux, Nakahira et Dai tentent bien de savoir ce que Kamakiri a bien pu raconter à Sana pour qu'elle veuille bien les aider – où ce qu'il a pu faire. Rien de plus que discuter, mais ça ne semble pas satisfaire les deux ninjas. Au moins ça a le mérite de rendre le voyage plus léger et agréable, même si le danger qui les attends est bien réel. Le Clan Chinmoku était jadis redouté pour ses techniques de camouflage imperceptible et leurs techniques secrètes qui leur permettaient entre autres d'espionner l'ennemi. Il aurait été plus sûr de se renseigner sur eux auprès du Tsuchikage, sauf qu'ils n'ont pas le temps pour ça. Impossible de dire ce qu'ils vont faire des prisonniers ou même s'ils sont encore en vie. Face à cette fatalité ils pressent le pas et aperçoivent très vite le village du clan perché sur une petite falaise. Sana leur avait donné les bonnes coordonnées, cependant c'était le plus facile. Un clan comme celui-là ne laisse pas son village sans surveillance, Nakahira et Dai sont des visages connus au Pays de la Roche. C'est pour ça que Kamakiri se propose, après tout personne ne sait qui il est ici et quand bien même ce serait le cas il pourra toujours compter sur les renforts.

— Hors de question, c'est trop dangereux ! Répond Nakahira qui refuse de lui faire prendre un tel risque.
— Au mieux il n'y a que le clan et les prisonniers, au pire on tombe sur Orino et on va devoir être à notre meilleur niveau pour la battre, explique Kamakiri qui n'est pas plus convaincant. Je suis sûr que ça va le faire, pas de soucis.

Le détour dans les montagnes n'était pas prévu et maintenant ils n'ont plus le temps de monter un plan plus élaboré. C'est donc sur le Senju que repose tout le succès de la mission, à condition qu'Orino ne soit pas présente, sans quoi elle le reconnaitra. Durant leur première rencontre c'est lui qui coûte la victoire à la nukenin, elle aura à cœur de prendre sa revanche. Peu importe, Kamakiri est confiant et sort de leur cachette pour s'avancer jusqu'au village.
Tout un tas de choses passent dans la tête du moine ninja qui malgré son entraînement peine à trouver le calme dans son esprit. L'étonnante rencontre avec Sana, le regard qu'il porte sur son passé et sans oublier cette association avec les ninjas d'Iwa. Il retrouve sa concentration lorsqu'il constate que le village est plein de vie, mais à sa grande surprise il est composé de femmes et d'enfants. Les premières minutes tout du moins, car il se retrouve vite entouré de plusieurs ninjas qui réapparaissent armes à la main. L'un d'eux se distingue et fait face au Senju sans sourciller.

— Que fais-tu ici ? Et ne me ment pas, sinon ce sera tes derniers mots, annonce le membre du clan avec autorité.
— Vous voulez la vérité ? Je suis là pour les pillages et les enlèvements, j'aimerais bien parler à une certaine Orino et lui botter le cul proprement, répond Kamakiri qui fait la démonstration de sa fougue.

Les regards absents et cet état nerveux au bord de la rupture, si son interlocuteur est épargné par le Genjustsu, les autres sont sous son contrôle. C'est confirmé, Orino est lié à ce qui se trame à Iwa et de surcroit elle est au cœur des opérations. Kamakiri ne se laisse pas démonter et se montre très convaincant en saisissant le ninja face à lui avec rapidité pour lui glisser un kunai sous la gorge. Soudain, et sans surprise, Orino sort de sa cachette et applaudit la démonstration. Les ninjas reprennent une posture plus passive, alors que Kamakiri relâche sa prise et le repousse pour qu'il s'éloigne.

— Tu es vraiment le plus grand des crétins ma parole, Mae ne t'a donc rien appris ? Lance Orino avec un mépris dosé.
— Je n'étais pas son meilleur élève, confesse Kamakiri qui est toujours léger et décontracté. Alors Orino, c'est quoi le plan, hein ? Nouveau patron, nouveaux projets c'est ça ?
— Faut bien vivre,
répond la nukenin qui se joue de la situation. Et puis tant que ça paie bien moi tu sais, je peux faire à peu près n'importe quoi.
— Même piller des tombes ?
— Entre autres oui et tuer les petits curieux qui se croient plus malin que tout le monde.


Mêlant les actes à la paroles, quatre de ses pantins ramènent au camp Nakahira et Dai qui sont sous la menace d'une arme. L'effet de surprise en moins difficile de faire bonne figure. Sauf que c'est là l'erreur d'Orino qui n'a pas changé, même après sa défaite contre les forces de Konoha. Contre toutes attentes Kamakiri se jette sur elle avec rage, kunai à la main. Impatiente d'en découdre avec le Senju elle se prépare et riposte sans mal pour mettre au tapis son adversaire.

— C'est tout ce que tu as ? Relève-toi qu'on en finisse une bonne fois pour toute, s'écrit Orino avec colère.
— J'ai progressé tu sais et contrairement à toi j'ai appris de mes erreurs, rétorque Kamakiri qui révèle le clone au sol avant de surgir de terre. Et je ne suis plus ce gamin insouciant qui se jetait tête baissée.

Caché dans le sol grâce à une technique Doton, Kamakiri sort de sa cachette pour maîtriser les gardes qui retiennent ses camarades. Équilibrant un peu les forces face à un ennemi en surnombre. Pendant que les habitants, en pleine panique, se cachent dans leurs maisons, Orino manipule ses pauvres victimes pour les faire attaquer.

— Assommez-les, blessez-les, mais surtout ne les tuez pas, c'est elle notre cible, glisse Kamakiri qui cette fois-ci se jette pour de bon sur la nukenin.

Parmi les ninjas les plus prodigieux d'Iwa, Nakahira et Dai une fois libre sont à la hauteur de leur réputation et malgré le surnombre de l'ennemi il brille par leur supériorité. Kamakiri de son côté est bien moins à l'aise face à Orino, puisqu'elle n'a aucun scrupule à se servir de bouclier humain pour se protéger des attaques du Senju. Un combat perdu d'avance, mais il révèle une certaine faiblesse de la part de la nukenin qui refuse le corps-à-corps. Utilisant deux autres clones pour dissimuler ses intentions, Orino est cette fois-ci plus prévoyante et utilise une technique Doton pour révéler son adversaire enfoui dans le sol. Sauf qu'une nouvelle fois ce n'est qu'un clone et elle se fait prendre par surprise. Kamakiri lui porte l'attaque Katon la plus puissante qu'il a dans son répertoire et lui inflige un premier coup qui met à mal sa confiance. Pas suffisant pour la faire reculer, mais elle fait l'erreur de récupérer deux des ninjas déjà bien occupé pour affronter le Senju. Lequel, hésitant, prend quelques coups au passage. Pendant ce temps Nakahira et Dai prennent le dessus et termine le dernier ninja debout. Offrant une opportunité à Orino qui parvient à lancer son Genjutsu pour contrôler Dai et lui faire affronter son camarade. Plus difficile de porter des coups pour Nakahira cette fois-ci. Seulement combattre sur plusieurs fronts est difficile pour la nukenin qui voit Kamakiri se défaire de ses adversaires pour reprendre l'assaut avec plus de hargne. Orino réplique avec une attaque, mais le Senju à de la ressource et la bloque avec un mur Mokuton avant de passer au-dessus pour asséner une nouvelle attaque. Fondant sur sa cible, Kamakiri parvient à la saisir pour la plaquer au sol avec force et faire sortir du sol des racines qui emporte leur victime dans l'inconscience. Immobilisé et hors combat, le Genjutsu est ainsi levé, Dai commençait à prendre nettement le dessus sur Nakahira qui ne combattait pas à son maximum pour ne pas blesser son ami.
Le combat terminé, les trois ninjas ont vu les habitants sortirent timidement les uns après les autres. Inquiets d'abord de l'état de leurs familles et amis, ils furent soulagés de les voir sonné, mais en en vie. Chaleureusement remercié, les héros du jour sont récompensés de leurs efforts lorsque les habitants délivre les prisonniers eux aussi ravis de sortir de ce trou. Rapidement la vie reprend ses droits dans le village et le calme revient, mais une inquiétude demeure chez Kamakiri et c'est auprès de Nakahira qu'il trouve des réponses pendant que Dai interroge un peu tout le monde.

— Nakahira, éclaire-moi d'un doute, il ne va rien leur arriver, pas vrai ? On est tous d'accord pour dire qu'ils ont été forcés, s'enquière le Senju qui connait déjà la réponse.
— Tu sais que ce n'est pas aussi facile, le Tsuchikage va vouloir les interroger et s'assurer qu'ils ne sont plus un danger pour personne, répond Nakahira qui mesure les craintes de son camarade.
— Et ça pourrait durer des semaines, soupire Kamakiri qui voit encore la politique d'un pays entraver la liberté de chacun. Orino n'est pas à son premier coup d'essai, Konoha pourra le confirmer et j'aimerais éviter à ces gens un nouveau calvaire.
— Moi aussi Kamakiri, mais ça ne dépend pas de nous, je suis désolé.


Seuls témoins des événements ils peuvent influencer le verdict final et épargner des semaines difficiles dans les prisons d'Iwa à tous ces gens. Impossible d'être rationnel quand famille et amis sont pris en otage par une nukenin sociopathe comme Orino. Le problème c'est que la situation est réglée en surface seulement, ils n'ont fait que retarder les projets de cette étrange organisation qui se terre dans l'ombre. Au moins Iwa est pour le moment hors de danger, même s'il va être difficile d'obtenir quoi que ce soit de leur prisonnière, ce qui forcera le Tsuchikage à se pencher du côté du Clan Chinmoku. Étant donné leur passif ils ne partent pas gagnant. Kamakiri a vite d'autres choses à penser quand une jeune femme s'approche, visiblement blessée et soignée brièvement par les habitants.

— Excusez-moi jeune homme, mais je me demandais si…
— Oui, ils sont en vie et à Iwa en ce moment même, je peux même vous dire qu'ils ont été très courageux et que c'est grâce à eux si on est là,
affirme Kamakiri avec un grand sourire pour rassurer la mère de famille.

La réaction ne manque pas de surprendre le moine ninja qui voit la jeune femme se jeter dans ses bras, fondant en larmes. L'épreuve qu'elle a vécue est horrible et c'est à l'oreille attentive de Kamakiri qu'elle se confie. Tout s'est passé très vite, les premiers combats ont éclatés dans le village et son mari est sortie pour voir ce qui se passait exactement. Sauf qu'à son retour il n'était plus le même et Yuriko a dû commettre l'irréparable en tuant son époux. Une fois dans le village elle n'a pas été touché par le Genjutsu comme les autres habitants, mais eux sous l'emprise de ce dernier ont tout fait pour l'arrêter. Puis Orino est arrivée et elle a mis fin à la résistance avant de conduire tout le monde au village des Chinmoku. Dès lors Yuriko n'a fait que prier pour que ses enfants soient sains et saufs, prières entendues visiblement.

— Je ne vous remercierais jamais assez Kamakiri, vous êtes un véritable ange gardien, dit la jeune femme avec une émotion palpable.
— Ne soyez pas si sûre de vous, je ne peux rien faire pour tous ces gens, soupir Kamakiri qui repense aux paroles de Nakahira. Le Tsuchikage va les traiter comme des coupables, alors qu'ils ont été manipulé et utilisé.
— Comment le Tsuchikage pourrait faire ça ? Ces gens sont des victimes, j'ai vu la terreur dans leur regard et les larmes à chaque fois que l'un de leurs proches ne revenait pas.
— Ils ont besoin de réponse et surtout de coupables, c'est ainsi que marche le monde.
— Kamakiri, je n'ai pas le droit de vous demandez ça, mais… pouvez-vous faire quelque chose ?


On peut toujours faire quelque chose, mais est-ce que Kamakiri saura vivre avec ce choix ? Rien n'est moins sûr, mais s'il veut agir c'est maintenant. Yuriko sera bien sûr du voyage retour, mais avant celui-ci le Senju à une petite chose à faire, ce qui le met en retard. Nakahira s'impatiente, il aimerait conduire leur prisonnière à Iwa au plus vite, alors que Dai doit rester au village pour surveiller le clan.
Personne ne trouvait à redire sur le succès retentissant des nouveaux héros du Pays de la Roche, mais plus haut la méthode était loin de faire l'unanimité. Mêler Konoha à leurs affaires et demandé de le soutien à une exilée, voilà les deux erreurs qui ternissent ce triomphe aux yeux du Tsuchikage. Il ne ménage pas sa colère devant un Kamakiri amusé et qui se voit être affublé de plusieurs noms d'oiseau destinés au village qu'il est censé représenté. D'ailleurs il ne compte pas demeurer passif devant ce flot de haine gratuite.

— Sauf votre respect Tsuchikage, je ne suis pas ici au nom de Konoha et je me fiche pas mal des honneurs, assure Kamakiri qui peine à convaincre le dirigeant du village. J'ai vu une occasion de me rendre utile, rien de plus et si ça ne vous plait pas, alors effacez toute mention de mon nom.

Voilà une idée qui séduit de plus en plus le Tsuchikage, au moins comme ça Konoha ne viendra jamais fourrer son nez dans leurs affaires. Kamakiri s'en sort brillamment, mais il n'est pas au bout de ses peines quand Dai entre dans le bureau en trombe. À la surprise générale il décoche une droite monumentale au jeune Senju, qui accuse le coup, mais ne bronche pas. Le jônin est prêt à remettre ça, sauf que cette fois Nakahira s'interpose. Le Tsuchikage doit jouer de son autorité pour obtenir le calme.

— Dai, ça suffit ! Explique-toi ! Ordonne-t-il pour entendre de nouvelles révélations dans cette affaire.
— Le Clan Chinmoku s'est réfugié dans les montagnes et tout ça c'est de sa faute ! Je l'ai vu parler avec le chef du clan ! S'emporte Dai qui peine à garder son calme.
— Saisissez-vous de ce traitre ! Poursuit le Tsuchikage sur le même ton.

Kamakiri ne compte pas se laisser faire, mais avant de passer à l'offensive il répond aux accusations avec brio et semble avoir préparé la moindre de ses répliques.

— J'ai bien mieux que mon arrestation à vous proposer, rétorque le Senju qui garde une main sur ses kunais. Orino, la nukenin, elle est toute à vous pour le moment et si je ne dis rien, Konoha ne l'apprendra peut-être jamais.
— Si tu es en prison non plus, le Pays de la Roche est imperméable et le mieux protégé,
assure le Tsuchikage plein de confiance.
— Vous oubliez le Clan Chinmoku, qui sait ce qu'ils pourraient raconter ? Ou les prisonniers que nous avons libérés, vous êtes plus malin que ça Tsuchikage, réplique Kamakiri avec panache.
— Hors de ma vue ! Qu'on reconduise ce misérable à la frontière et qu'il ne remette plus jamais les pieds à Iwa ou je jure que ce sera son dernier voyage.

La menace est à prendre au sérieux, Kamakiri vient de sauver sa tête par deux fois et il ne compte pas pousser sa chance plus loin. Nakahira et Dai le raccompagnent, esquissant un sourire complice à l'attention du Senju. Un plan de son cru, même s'il ne s'attendait certainement pas à prendre une droite aussi violente. Adepte du Taijutsu, Dai n'a pas lésiné sur le réaliste.
Trop occupé avec sa prisonnière et la paperasse qui s'accumule, le Tsuchikage regarde ailleurs et permet à Kamakiri de faire une brève halte auprès de Yuriko et sa mère. Les trois enfants se jettent sur lui pour le remercier chaleureusement, la scène est touchante et leur mère lui est éternellement redevable.

— Merci Kamakiri, merci à vous deux aussi, insiste une nouvelle fois Yuriko qui tient à remercier les deux ninjas d'Iwa.
— Vous allez faire quoi maintenant ? Vous installer à Iwa ? Demande Kamakiri avec une certaine empathie.
— Pour le moment, mais je pense qu'on va rejoindre le Pays du Vent le plus tôt possible, j'ai de la famille là-bas et avec le Pacte de Non-agression nous y seront plus en sécurité.
— Bonne nouvelle, on aura l'occasion de se revoir alors, parce qu'il semblerait qu'Iwa et moi se soit déjà fini.


Kamakiri prend ça avec humour, mais lui qui se faisait une joie de rencontrer le Tsuchikage vient de se le mettre définitivement à dos. Mieux vaut ne jamais rencontrer ses idoles, même s'il avait là l'occasion de parfaire ses connaissances du ninjutsu. Une autre fois car l'heure du départ a déjà sonné et le jeune Senju n'a pas le droit de trainer plus longtemps. Iwa et le Pays de la Roche auront réservés leur lot de surprise, mais le meilleur reste à venir car une fois à la frontière il aperçoit un visage familier : Sana.

— Que… qu'est-ce qu'elle fait là ? S'inquiète Dai qui ne pensait pas la revoir un jour.
— Peut-être qu'elle est là pour nous tuer ? Répond Kamakiri avant de rire.

En réalité si elle est là c'est pour le Senju, sans quoi jamais elle n'aurait quitté sa montagne et son repère. Un soulagement pour Dai qui imaginait déjà le pire, c'est que les rumeurs sur Sana sont nombreuses et parmi elles ont trouve le cannibalisme, entre autres choses.

— À ce que je vois ça ne s'est pas très bien terminé pour toi Kamakiri, pas trop déçu ? S'amuse Sana qui sait déjà ce qui conduit le moine ninja jusqu'ici.
— Un moindre sacrifice quand on regarde la situation dans son ensemble, positive Kamakiri qui est étonnamment enthousiasme. Et vous alors, que faites vous ici ?
— Disons que je me suis demandé si je ne pouvais pas changer les choses moi aussi,
répond Sana qui se fait comprendre du Senju uniquement.
— Faisons un bout de route ensemble dans ce cas, seul je commence à chopper la cerise, rétorque le moine ninja qui rigole de bon cœur.

Décidément Nakahira ne comprendra jamais Kamakiri, mais c'est ce qui fait le charme de cet imprévisible personnage et il apprécie énormément cet aspect de sa personnalité. Les au revoir sont d'ailleurs plein d'émotion, car le ninja d'Iwa à pour son homologue de Konoha la plus haute estime et une dette incommensurable. Kamakiri se veut énigmatique, mais il assure que ça ne sera certainement pas leur dernière rencontre. La vie est pleine de surprises après tout, une de plus ou une de moins, c'est ce qui fait tout l'intérêt de l'aventure.

An 725.


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MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeMar 14 Avr - 12:36


HISTOIRE (SUITE)
Le monde ninja change d'une année à l'autre et les amis d'hier deviennent parfois les ennemis de demain, mais il est toujours bon de garder à l'esprit que rien n'est jamais perdu. La diversité peut-être une force, comme une faiblesse. Suna, Konoha, Kumo ou encore Iwa et Kiri, on trouve une grande variété de coutumes et de traditions à travers les différentes populations. Un atout que les villages cachés tentent de préserver, cependant c'est très souvent la source de conflits. C'est là le point commun entre chaque pays : la peur de ce qui est différent. Au cours de ses voyages Kamakiri en a été témoin et pourtant il n'a jamais cessé de croire qu'il y avait encore de l'espoir. Pas même lorsque le chaos s'apprête à toucher le monde shinobi. Sana ne partageait pas cet optimisme à toutes épreuves et d'ailleurs elle avait du mal à y croire, elle avait raison. Un homme, ou une femme, ne peut pas sauver ce monde. La tâche est colossale même avec une volonté inébranlable et un héritage digne des plus grands noms de l'histoire. Seulement ce que n'avait pas saisi l'ermite c'est que Kamakiri ne voulait pas sauver le monde dans son intégralité, il tenait à sauver ceux qui méritaient d'être sauvé. Comment juger qui peut l'être ou non ? Et qui est-il pour ça ? Personne. Le Senju ne veut pas être un héros, il ne veut pas non plus être un sauveur, il veut être libre et agir là où il peut encore agir. Les villages cachés par exemple, tant qu'ils feront passer leurs intérêts personnels avant le bien commun ils continueront de s'enliser un peu plus. Le Pacte de Non-agression est une bonne chose, mais il a aussi été la source de divergences majeurs. La fin de la Brume Sanglante à Kiri est un exemple parfait des avantages et inconvénients de rompre brutalement les diktats profondément ancrés chez toute une population. Le plus simple des choix à toujours ses conséquences et bonnes ou mauvaises il faut savoir les accepter. Sana a tenté de lui inculquer ce savoir, pouvoir choisir est un droit, cependant il ne doit pas en abuser. Auprès de l'ermite d'Iwa Kamakiri aura beaucoup appris avant que leurs chemins se séparent au Pays de la Foudre.
Kumo est un village magnifique et possède des ninjas exceptionnels, en cela il est très semblable à Iwa et d'ailleurs face au Pacte de Non-agression un lien durable s'est construit entre les deux villages. Conséquence inattendue et imprévisible, mais c'était le risque depuis le début de ce grand projet. Un monde complètement unifié ne verra certainement jamais le jour, c'est ce qui a valu quelques problèmes à Sana et Kamakiri dont leur réputation les précédait. L'ermite pour ses liens étroits avec le Tsuchikage et leur passif, le moine ninja pour cette liberté qu'il s'est attribué sans demander l'avis à personne. Pour beaucoup personne ne devrait jouir de tels privilèges, pas même si cet héritier des Senju est le plus humble et le plus honorable d'entre tous – ce qui est loin d'être le cas après ses déboires dans les débits de boisson locaux. Kamakiri attirait toujours les regards de la garde qui n'était jamais très loin, la population elle se fichait bien qu'il était de Konoha ou d'ailleurs vu qu'il était de bonne compagnie. Toujours prêt à aider quiconque requiert son aide, quitte à s'attirer de nouveaux ennuis au grand désespoir de Sana. L'ermite lui avait confié ses connaissances en Ninjutsu et en Senjutsu, arts qu'il aurait dû acquérir auprès de son clan, mais pour le reste elle ne pouvait rien faire de plus. Les bases du Senjutsu acquises Kamakiri n'avait plus qu'à les développer et s'entraîner, ce n'est pas les maîtres en la matière qui manque et c'est là la raison de leur présence. Un ermite se cacherait dans les montagnes de Kumo, lequel partagerait un lien puissant avec la nature. C'est pour le trouver qu'ils étaient là, sauf que Kamakiri avait eu vent d'une autre rumeur et celle-ci était plus divertissante qu'un nouvel ermite perché dans les montagnes.

— Alors c'est décidé, tu vas à Oni no Kuni ? Désespère Sana qui pensait tirer quelque chose de ce garçon.
— Oui, je trouverais bien des réponses à mes questions plus tard et puis comme tu dis, qui sait ce que me réserve le destin ? S'amuse Kamakiri avec son éternel légèreté.

Tout prendre avec philosophie et humour est un art qu'il a développé auprès des moines ninjas, mais pas seulement. Kamakiri est un drôle de personnage que le destin a pris en affection et Sana ne croit pas si bien dire, car sur la route d'Oni no Kuni le jeune Senju va finalement trouver ce qu'il cherche. Une chance insolente qui force le respect et qui tant qu'elle dure lui est profitable, jusqu'à ce qu'elle se détourne de lui. Tôt ou tard cette fatalité arrivera, Sana en est persuadée, pour l'heure elle préfère le voir défier sa propre destinée avec le panache dont lui seul a le secret.
Par le plus grand des hasard Kamakiri croisa la route d'un homme qui lui aussi se rendait à Oni no Kuni, un certain Manzo. Il lui confia durant la traversée qu'il était à la recherche d'une fleur très rare que l'on trouvait que dans cette région du monde et dont les propriétés étaient exceptionnelles. Évidemment il n'en fallait pas moins pour que le jeune Senju embarque dans une nouvelle aventure. Quel ne fut pas sa surprise lorsque ce mystérieux voyageur lui révéla être un ermite, le même dont on lui avait parlé à Kumo. Décrit alors comme un homme excentrique aux lubies changeantes et qui ne tient pas en place, Manzo correspondait parfaitement à la description. La traversée et le voyage en "terre des démons" furent à eux seuls une aventure, il faut dire que l'ermite avait le sens de la fête. Le saké qu'il possédait dans sa besace était selon ses dire une recette ancestrale et oubliée, cadeau de l'un de ses voyages à l'autre bout du monde. Kamakiri se retrouvait beaucoup dans cet homme qui à l'aube de sa centième année avait vécu d'innombrables aventures à travers toutes les terres et les mers. Un homme que plus rien ne surprenait, pas même les mythes et coutumes d'Oni no Kuni.

— Il se pourrait bien qu'il existe encore quelques démons, confesse Manzo autour d'un feu de camp. Seulement j'ai bien peur que ceux-là aient été créé par les hommes pour entretenir le folklore.
— Mince, moi qui me faisais une joie d'en ramener un à Konoha,
ironise Kamakiri qui voit son compagnon de route le rassurer.
— Rassure toi, il y a des choses plus surprenantes encore que les démons à Oni no Kuni, as-tu déjà entendu parler du Ninjutsu Vaudou ?
— J'ai aidé une vieille femme une fois qui prétendait qu'on lui avait jeté une malédiction, mais rien de comparable non.
— Fait un tour à l'ouest du pays dans ce cas, là où l'on trouve encore quelques tribus qui utilise cet art ninja plus redoutable que n'importe quel démon.


Kamakiri se ferait une joie de découvrir ce Ninjutsu Vaudou, mais avant il tient à aider Manzo à trouver cette mystérieuse fleur. Enfin ça c'était avant qu'il connaisse les priorités de cette dernière, car en réalité elle fut jadis utilisée dans les poisons ninjas et c'est ce qui causa sa disparition. L'ermite était mourant, mais ce n'est pas la vieillesse ou la fatigue qui l'assaillait, plutôt la maladie. Bientôt il allait perdre une partie de sa motricité, peut-être même l'esprit et il s'y refusait. Kamakiri avait trouvé un maître dans le Senjutsu, sauf qu'il était mourant, si ce n'était pas un coup du destin. Heureusement Manzo consenti à lui enseigner ce qu'il savait durant leur quête, une chance que Sana ait amorcé le travail. Méditation et communion avec la nature rythmaient des détours alcoolisés dans les débits de boisson. Hors de question pour l'ermite de quitter ce monde le cœur lourd et le regard triste, il voulait une dernière aventure.
Trouver la fleur était synonyme de fin du voyage pour Manzo et Kamakiri ne put hélas l'en dissuader, un matin il avait tout simplement disparu. Le Senju demanda aux clients du bar avec qui il avait partagé un verre la veille s'ils avaient vu le vieil homme, mais tout le monde assura qu'il était seul. Certains affirmaient que c'était peut-être un mauvais esprit qui lui avait joué un vilain tour. Une nouvelle fois on lui conseilla l'ouest du pays, s'il est tourmenté par ce genre de démons mieux vaut qu'il trouve une solution avant de devenir fou. C'était à la fois perturbant et excitant de découvrir une population qui croit encore à ces choses-là et qui est pourtant bien ancrée dans son époque. Kamakiri entamait un nouveau voyage la tête pleine de question et plus il repensait à son voyage, plus il se demandait s'il n'avait pas tout inventé. D'ailleurs ce Manzo semblait avoir vécu mille vies à travers le monde shinobi, un coup il était le protecteur d'un Daimyo, un autre fois il sauvait le monde de la folie des hommes. Tant d'histoires qui racontées avec une rare intensité étaient des plus crédibles. Seul moyen de s'en assurer, trouver l'un de ces adeptes du Ninjutsu Vaudou, cependant c'est plus facile à dire qu'à faire. Certains prétendent que c'est eux qui vous trouvent, d'autres assurent qu'ils sont introuvables et d'autres encore pensent que c'est un mythe. Finalement Kamakiri met tout le monde d'accord lorsqu'il découvre l'une de ces tribus reculées dont lui parlait ce mystérieux ermite, laquelle possède ce qu'ils appellent un chaman – les adeptes du Ninjutsu Vaudou sont appelé ainsi. Un homme grand à la peau sombre couvert de tatouages et de piercing, il en impose par le simple charisme qu'il dégage.

— Otondo ? Désolé de vous déranger, mais on m'a indiqué votre tente si j'avais des questions, demande timidement Kamakiri qui se montre très respectueux.
— Entre mon ami, entre, ne reste pas planté là j'allais justement me servir un petit verre.

Tout naturellement le chaman sort deux verres et une bouteille, poussiéreuse et dont le contenu est un alcool très foncé, Kamakiri ne sait pas ce qu'il s'apprête à boire. Invité par Otondo il s'assoie sur une paillasse et saisit le verre tendu. Trinquant comme deux personnes lambdas, ils boivent cul sec cet étrange breuvage. Un léger goût de fruit fermenté, mais c'est bien l'alcool qui prend tout le dessus. C'est très fort et pourtant le Senju n'est pas sa première expérience dans le domaine, il grimace, mais laisse Otondo lui resservir un verre.

— Toi mon ami, je t'aime bien, dit-il avec sincérité alors qu'il trinque à nouveau. C'est un saké bouilli et vieilli, une recette de Mama, elle buvait ça toute la journée et elle a vécue plus de cent-cinquante ans.
— Je ne sais pas qui était cette Mama, mais ça devait être une sacrée femme,
répond Kamakiri qui boit cul sec et voit déjà la pièce tourner.
— Tu aimerais la rencontrer ? Je suis sûr que tu lui plairas et puis qui sait, elle pourrait peut-être répondre à deux ou trois questions.

Plus tôt Otondo annonçait que Mama avait vécu plus de cent-cinquante ans, ce qui laissait sous-entendre qu'elle était maintenant décédée. C'est peut-être le saké, mais Kamakiri curieux de voir comment il va faire venir Mama ici et en même temps il imagine le pire.
Trois verres de saké sont servis cette fois, l'un d'eux est placé sur rebord d'une table ronde avec d'étranges symboles gravés dans le bois. Otondo murmure ce qui ressemble à une incantation incompréhensible alors qu'il allume de l'encens dans un crâne étonnamment réaliste. Ensuite il sort une boite en bois cerclé de métal qu'il pose soigneusement devant lui avant de l'ouvrir. Kamakiri ne voit le contenu que lorsqu'Otondo le sort et il croit halluciner en découvrant un cœur humain. Il aurait dû fuir ou au moins s'inquiéter pour sa sécurité, mais en réalité il est fasciné. Le cœur est posé au centre et le chaman verse le saké sur l'organe humain puis se met à marmonner de nouvelles incantations. L'ambiance est posée, la lumière des bougies se met à trembler et la fumée de l'encens s'enroule avant de s'élever. Au sein d'un monde comme celui-ci il est impossible d'avoir tout vu et tout entendu, mais ce jour-là Kamakiri assiste à un spectacle tout droit sorti d'un cauchemar. Sous ses yeux le cœur se remet à battre à un rythme normal.

— Mama est parmi nous, murmure Otondo qui indique au Senju de boire son verre de saké. Mama j'ai un ami à te présenter, il a des questions pour toi.

D'abord c'est un murmure inaudible qui se fait entendre, il est comme porté par un courant d'air qui traverse la tente. Puis la voix se fait plus audible et elle semble émaner du crâne et son encens dans la bouche. Le spectacle, si c'est une blague, est des plus réaliste, mais Kamakiri à l'étrange impression que c'est réel et il en a des frissons.

— Une question à la fois et parle distinctement, explique Otondo qui garde cette même légèreté.
— Quel est la suite de mon voyage ? Demande d'abord Kamakiri pour jouer le jeu.

Un nouveau murmure, mais on peut comprendre des mots assez distinctement comme "Daimyo" ou "Feu", mais aussi "Passé" et "Serpent". C'est assez énigmatique, cependant si Mama n'est pas très clair dans sa réponse, Kamakiri est stupéfait par l'exactitude de quelques mots. Quelques semaines plus tôt alors qu'il était encore à Kumo on lui a fait parvenir une missive. Le cachet de cire était celui du Pays du Feu, c'était là une invitation de la part du Daimyo. Quant au passé et au serpent mentionné, il n'avait pour le moment aucune idée de la signification.

— Je poursuis une organisation qui se cache dans l'ombre et œuvre pour le chaos, comment puis-je les arrêter ?

La réponse est cette fois-ci bien plus clair : Junko. Définitivement convaincu par la scène qui se joue sous ses yeux, il voit Otondo lui accorder une dernière question. Kamakiri a bien une idée, mais il hésite.

— Mon destin, quel est-il ? S'interroge finalement le Senju qui n'a d'abord que le silence comme réponse.

Au terme d'une poignée de secondes qui semblent être des minutes, Mama lui répond. Plus vague cette fois-ci puisqu'elle prononce les mots "Ombre", "Indépendant" et "Inari". Un prénom qui ne peut être connu de cette Mama ou même d'Otondo. Le crâne relâche un dernier soupir d'encens, puis plus rien, le cœur cesse de battre.

— Mama est repartie parmi les esprits, murmure le chaman qui saisit le cœur pour le ranger dans sa boîte.
— C'était… intéressant, effrayant et dérangeant, mais intéressant, avoue Kamakiri qui peine à trouver ses mots. C'est ça le Ninjutsu Vaudou dont on m'a parlé ?
— Cela fait partie de ces propriétés oui, mais cela requiert de longues années de pratique,
explique Otondo qui sert un nouveau verre. La plupart des gens qui viennent dans ma tente on droit à des maléfices, exorcismes et autres malédictions, pour un invité aussi spécial, il fallait quelque chose de spécial.
— Et en quoi je suis si spécial ? Je n'ai pas cette impression moi.
— Pas encore mon ami, mais ça viendra, Mama ne se trompe jamais.

Tout ceci était assez troublant, Kamakiri en a encore des frissons, mais pour rien au monde il aurait voulu passer à côté de cette expérience. Au moins il est rassuré, pas d'esprit que le tourmente.
Plus tard Otondo offre l'hospitalité à son invité pour la nuit, pour le convaincre il affirme que ça vaut le détour la forêt d'Oni no Kuni la nuit. Plusieurs membres de la tribu les rejoignent la nuit tombée autour du brasero. Au centre de l'attention, Kamakiri dévoile quelques-unes de ses aventures et expériences. Rien de comparable à ce qu'il vient de vivre, cependant son récit fait son office et les membres de la tribu sont conquis. Une nouvelle bouteille de ce saké infernal et quelques herbes hallucinogène roulées dans une feuille de tabac et les voilà partie pour une longue soirée. Autour d'eux la forêt s'anime et c'est comme si on pouvait voir des esprits flotter dans les airs. Spectacle qui plait beaucoup aux touristes, mais qui cette fois-ci s'explique facilement.

— En réalité ce ne sont que des lucioles qui se nourrissent du chakra tout autour de nous, c'est ce qui les fait briller de cette lumière bleutée, explique Otondo qui d'un geste de la main parvient à les faire virevolter en harmonie.
— Oni no Kuni tient toutes ses promesses, Manzo avait raison, répond Kamakiri fasciné par ces lucioles qui sont en parfaite symbiose.
— Manzo dis-tu ? S'interroge le chaman qui voit les murmures s'élever parmi ses camarades. Mon ami, je crois que tu as fait la rencontre du Oni des morts.
— Comment ça ? Non, ce n'était qu'un ermite et ses aventures aux quatre coins du monde…
— Tu as saisi, n'est-ce pas ?
Demande Otondo qui ricane. Manzo est un des Onis qui protège le pays, mais il ne se montre pas à n'importe qui et je paris cette bouteille de saké que celui qu'il t'a montré n'est autre que toi-même…

Maintenant qu'il y pense le dénommé Manzo avait un air familier et surtout son histoire pouvait aisément s'apparenter à celle de Kamakiri. Tout ça, ça commence à faire beaucoup, le Senju reprend un verre et un peu d'herbe pour se détendre. Oublier tout ça, hors de question, mais il y a des choses que le cerveau humain ne peut pas traiter. Comme une Mama revenue d'entre les morts, les Onis ou les prédictions. Aux premières lueurs du jour il sera bien temps de s'inquiéter, pour l'heure il profite de l'hospitalité de la tribu, un peu trop même. Les filles d'Otondo, des jumelles, se montre très réceptives aux aventures de ce moine ninja.
Oni no Kuni n'était qu'une escale de plus pour Kamakiri, une quête pour assouvir sa curiosité et poursuivre les rumeurs qu'on lui a servi à Kumo. Finalement ça s'est avéré être un voyage des plus spirituels. Jamais auparavant il n'avait vécu pareille expérience et il ne la revivra surement jamais avant sa mort. Difficile de dire si Mama a vu juste ou si Manzo n'était qu'un ermite un peu fou ou, comme le prétend Otondo, un Oni des morts. La tête comme une pastèque et le corps tout endolori, aux premières lueurs du jour Kamakiri n'a pas pensé à tout ça, mais plutôt à faire le tri dans les souvenirs brumeux de la nuit. Vite revenus en mémoire lorsqu'il s'aperçu qu'il avait partagé sa couche avec deux jolies femmes. Les herbes hallucinogènes c'est fini pour lui. Le saké en revanche, Otondo lui en a donné une bouteille avant son départ. C'est un homme plein de mystère, cependant il y a fort à parier que peu de ninja sur cette terre pourrait lui tenir tête. Kamakiri a vu les pouvoirs de ce Ninjutsu Vaudou et il est persuadé qu'entre de mauvaises mains il pourrait semer la mort et le chaos. Mieux vaut qu'il reste à Oni no Kuni, il faudrait plus de personnes aussi sage qu'Otondo – peut-être un peu moins flippants. Le monde se porterait bien mieux. Comme prévu, Kamakiri reprend la route et quitte Oni no Kuni en navire pour une traversée de plusieurs jours qui le conduisent jusqu'au Pays du Feu. C'est à bord d'un navire pirate qu'il fait le voyage, un équipage aussi surprenant que chaleureux et avec lequel il a volontiers partager son saké pour une soirée endiablée. C'est ce monde là que veut protéger Kamakiri, mais pas au nom d'un Kage ou d'un Daimyo. Il ne veut plus être catégorisé et jugé pour son affiliation, dès son arrivée au Pays du Feu la première chose qu'il fait c'est de se débarrasser de son bandeau de Konoha. Au début il s'est demandé pourquoi, puis une fois que ce fut chose faite c'était comme se libérer d'un poids sur les épaules. Maintenant c'était officiel, il choisissait la voix des Ermites et se consacrerait pleine au Senjutsu et au Ninjutsu. Pour protéger le monde qu'il a découvert au fil de ses voyages, mais surtout pour former les générations futures et peut-être leur inculquer un peu de son insouciance.

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MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitimeMar 14 Avr - 20:52

Hey ! Coucou toi ! Very Happy Re bienvenue parmi nous !!


*S'étire. Baille. Se grattent les yeux après 5h de lecture...*
huuum

Que dire franchement ? Plein de choses et... Strictement rien. Cette histoire est magnifique. J'ai souri, pleuré, et ressentit une frustration pesante à certains moments. J'ai été surprise, triste et en colère. Et aussi joyeuse. Ah. Ce fut long, ça m'a occuper depuis 11h20. Et je ne regrette pas. Ça s'est lu d'une traite. Je suis ravie de ce moment plein d'émotion. Merci Kamakiri pour cette histoire !


Bon, tu connais la suite, je crois. Fiche technique, suivis, toussa..


Je te valide donc dans le groupe des indépendants, jeune moine ninja. Hâte de connaître la suite de tes péripéties.


Ayame 

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MessageSujet: Re: ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ?   ♫ Senju Kamakiri, le premier Moine Ermite de l'histoire ? Icon_minitime

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