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 Propagande Ninja } Mission

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MessageSujet: Propagande Ninja } Mission   Lun 30 Juil - 21:47


Propagande Ninja


Feat Moi-même



Rappel de la mission:
 

Pour quelqu'un de très peu matinal, se lever avant le soleil (en imaginant que ce dernier pointe le bout de son nez au pays de l'eau) est un exploit. Un exploit justifié par une visite au bureau du Mizukage la veille. Kosei n'avait pas rencontré à proprement parlé la nouvelle Ombre de Kiri, un simple conseiller. Ou un subordonné. Ou un collègue. Bref, quelqu'un à même de lui confier une tâche digne de son rang : une mission de rang D. En soit les tâches de ce genre ne gratifient pas d'une grande réputation, ne confèrent pas un honneur à faire pâlir les anciens héros. Mais elles conviennent parfaitement au gamin. Nettoyer les bains, désherber un terrain, aider à dégorger un terrain plein d'eau, faire des courses pour les viocs … rien de bien palpitant, mais rien de bien contraignant non plus. Des corvées éreintantes pour certaines, mais toutes avaient un point commun : Kosei restait libre de s'évader. Plier du papier pendant sa courte pause, rêvasser à des histoires banales, débattre intérieurement sur des sujets sensibles … et laisser son corps accomplir la besogne.

C'est donc tout naturellement que le morveux s'était rendu au cœur du village pour trouver de quoi s'occuper. Aucune équipe ne lui avait encore été attribuée, ses entraînements en solitaire commençaient à lui foutre la gerbe et tourner en rond n'était pas dans son habitude. Non, Kosei il tourne en carré lui, et dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Il était donc motivé, gonflé à bloc, ce qui n'arrivait pas tous les jours. Était-ce pour se jouer de lui, ou par un pur hasard, le destin lui-même n'aurait su dire, mais la mission donnée le priva instantanément de tous ses élans. Le binoclard l'avait regardé de bas en haut, puis de haut en bas, en marmonnant un vague "oui, … oui ça suffira.". Un papier tendu, quelques menaces sur l'importance de la tâche et il avait aussitôt tourné les talons pour disparaître.

Le Sakurada avait senti l'angoisse lui tordre l'estomac. Les recommandations, les encouragements, l'insistance sur la qualité de la prestation demandée … lui demandait-on d'escorter un notable ? De négocier une trêve ? Mieux encore : l'envoyait-on dans un pays dangereux ? Oui, et non. On l'envoyait effectivement dans la merde, mais dans son propre village : à l'académie. Récurer les toilettes aurait probablement été plus simple que de rallier ces jeunes à sa cause. Débattre et convaincre, Kosei n'avait clairement pas ça dans le sang. Une journée d'orientation, une occasion de rallier du sang neuf à la cause de Kiri. Bien que les conditions de vie du village aient considérablement été améliorées, le gosse n'avait aucune idées des arguments à avancer. Cette histoire l'avait torturé toute la nuit. Si bien que ce matin il était parti s'entraîner aux aurores, dés fois que la fée des mots lui susurre quelques pistes.

La première question avait été de décider dans quel accoutrement se rendre à la petite école : bien paré de ses plus beaux atours, ou au contraire dans un état parfaitement hideux pour appuyer ses récits ? Finalement il s'était contenté d'y aller tel quel, juste après ses exercices. Bien fringué, mais les tissus un peu sales. Sa mère lui avait conseillé de s'appuyer sur des récits épiques, des histoires de héros, pour amadouer les mômes. Une idée qu'il s'était empressé de noter dans un coin de sa tête pour ne pas l'oublier. Le trajet jusqu'à sa destination lui permis de réfléchir au choix de ses mots, à la tournure de ses phrases. A nouveau gonflé à bloc, il pénétra dans le bâtiment. Alors qu'il s'attendait à se retrouver submerger par une bande de morveux, personne ne vint à sa rencontre. La mission semblait plus complexe encore qu'imaginé. Voila donc qu'il avait de la concurrence, en plus !

Un pêcheur, un riche commerçant du pays de l'eau, un mercenaire happé par son propre gosse visiblement, un diplomate, un constructeur de bateau … Décidément, plus que l'embarras du choix ! Un gros poids venait de prendre place sur les frêles épaules du manipulateur de Ranton. Un chahut sans nom déferlait devant ses yeux, semblable aux houles de l'océan les soirs de tempête. A cet instant précis Kosei pesait encore le pour et le contre : après tout, la désertion, c'est pas si mal ? Il se nourrirait de racines, s'hydraterait de la pluie, et prendrait la foudre deux trois fois avant de rendre l'âme ? La maîtresse tapa discrètement dans ses mains, une seule et unique fois, et les morveux vinrent s'aligner dans le silence. Un miracle. Un exploit. Rien que pour ça, le Sakurada l'aurait immédiatement nommé Mizukage.

" - Un peu de silence. Merci à ses Messieurs d'avoir accepté de se présenter à nous aujourd'hui pour la journée des Métiers. Sachez que rien n'est encore joué, mais les récits de chacun des intervenants peut susciter des vocations chez nos chères têtes blondes. Ne faites pas de choix avant d'avoir écouté tout le monde. Monsieur Hiro, la parole est à vous. "


Kosei se demandait si ce petit discours était réellement destiné aux gamins avec un répertoire linguistique si élevé. A moins qu'il ne s'agisse de surdoués ? Le Genin s'avança légèrement pour se mettre à hauteur des autres intervenants, pendant que le "Monsieur Hiro" s'avançait vers son public. Choisir de se placer à côté du mercenaire n'avait pas été des plus judicieux : ainsi le Sakurada avait l'impression de mesurer à peine 30cm. Le  jeune homme prit finalement la parole.

" - Bonjour tout le monde, je suis Monsieur Hiro et je suis pêcheur ! C'est un métier exigeant mais qui requiert un savoir jalousement gardé par notre peuple. Nous nourrissons le village et nous sommes la fierté du pays de l'eau ! "


… Sois Kosei était devenu aveugle, soit l'autre était devenu muet. C'était tout ? Les marins avaient donc choisi de la chaire fraîche pour les représenter … un choix bien étrange. D'un côté, l'idée n'était pas si mauvaise, et pouvait redonner un coup de jeune à la profession. Le choix des termes était aussi bien trouvé, même si le mot "fierté" associé à la profession de pêcheur avait fait rire le Mercenaire. Ou bien peut-être que ce type était aussi empoté pour se vendre que pour flairer le poisson, et que les anciens y avaient simplement vu l'occasion de s'en débarrasser. Les premières questions commencèrent à fuser : "T'as déjà attrapé des baleines ?", "Tu l'as vu le Léviathan ?", "T'as déjà vu des marins se faire manger ?". Les réponses négatives successives entamèrent la motivation des morveux, qui commencèrent à huer l'intervenant. La maîtresse le remercia et Monsieur Hiro laissa place à Monsieur Sato. Le vieil homme se déplaça lentement, sous le regard admiratif des petits. Apparemment, le métier de diplomate en motivait plus d'un. Cette fois les interrogations trouvèrent réponses, et le vieux maître des mots n'eut aucun mal à bercer son public avec des promesses de richesse, d'aventure et de jolies filles. La partie s'annonçait mal pour le Genin. Puis vinrent tour à tour les autres visiteurs. Le Mercenaire, qui se contenta d'aligner les termes "Combat", "Argent", "Femme", "Force" en compagnie de ses muscles luisants, pour la plus grande fierté de son môme. Le commerçant, dont les statistiques donnèrent des maux de crâne à l'avenir du village et le constructeur de bateau, qui su séduire son public.

Ce dernier avait bien préparé son spectacle : il avait ramené diverses petites pièces de navires, de bois multiples, afin de les faire toucher aux petiots. La sensation arrachait un sourire à chaque marmot. Le bruit d'un coquillage qui circulait dans les rangs firent s’écarquiller les pupilles. Les différents outils créèrent la curiosité. Bref, à la fin, tous avaient choisi leur voie : ils construiraient le bateau qu'ils venaient de dessiner avec le charpentier. Un long soupir s'échappa des lèvres blasées de Kosei. C'était clairement foutu. Il ne maniait pas les mots aussi bien que le diplomate, et ne pouvait promettre la richesse comme le commerçant. Il ne pouvait vendre du rêve comme le charpentier, et n'avait pas la carrure du Mercenaire. Quand à faire toucher ses outils à lui … autant trancher immédiatement les mains des morveux. Il s'avança néanmoins, aussi lentement que possible pour tenter de gagner du temps.

Mais ce dernier n'était pas de ses amis. Ça faisait déjà un moment que les gosses restaient assis sagement à écouter les grandes personnes, et Kosei pu percevoir que leur attention leur faisait faux bond. Il commença donc son exposé d'une voix assez forte.

" - Bonjour à vous fine fleur de Kiri ! Je m'appelle Kosei et je suis un Shinobi de la brume. "


L'annonce ne suscita pas les applaudissements. Un nom renommé aurait probablement aidé au succès de la mission, mais Kosei n'était qu'un clébard des rues, pas un pédigré. Il réfléchit un instant.

" - Etre Shinobi c'est être dévoué à son pays, vivre des aventures aussi bien joyeuses que sombres, combattre au nom de sa patrie et … "


Il ne pu aller au bout de sa jolie histoire. Un gamin venait de lui envoyer un shuriken en plastique dans le bide.

" - Un ninja tu parles, t'es naze tu sais même pas esquiver ! "


Les gosses explosèrent de rire. Bien, au moins ils étaient réveillés. Pas plus décontenancé que ça par l'intervention, le Genin reprit son discours.

" - Protéger les êtres que vous chérissez, s'entraîner dur pour gagner le respect des autres. Rien n'est facile et cette voie n'est réservé qu'aux plus braves. "


" - C'est que des conneries. "


Ah. Un morveux s'était levé, et la colère se lisait sur son visage.

" - Mon père il dit que les Ninjas c'est tous des fiottes ! Que du temps du Troisième du nom c'était des loups féroces, des vrais guerriers, et que maintenant c'est des sardines en boîte pêchées dans les eaux douces des pays de lâches ! Moi quand je serai Mizukage je ferai des Ninjas des vrais hommes, ils tueront et toi tu mourras ! "


Décidément, une grande gueule. A qui pouvait bien appartenir ce petit fanfaron ? Les cris commencèrent à s'accroître, les gamins à se bagarrer pour savoir qui serait le chef, qui disait des mensonges, qui avait été le plus rapide à la course d'hier … un brouhaha sans fin qui finit par avoir raison du Genin. Les poings serrés, il laissa le chakra se déverser dans l'atmosphère avant de tout relâcher dans un "boum" strident. Tous les gestes se stoppèrent, les voix se tarirent, les yeux des gosses se dirigeaient vers le Genin.

" - Boum, vous êtes morts. Alors Mizukage cinquième du nom, tu es heureux ? C'était ce que tu voulais, non ? La mort de tes camarades. C'est chose faite. En une fraction de seconde un Shinobi peut te priver des tiens. Avec, ou sans arme. Juste avec son chakra, et sa volonté. "


Imposer le respect, check.

" - Mais à l'inverse … "


Kosei forma un petit dôme avec ses mains et un rat de foudre noir se faufila dans les rangs, semant parfois des petites décharges inoffensives au contact des mains curieuses.

" - Un Ninja peut également créer, protéger. Car il utilise la force que lui a attribué la nature pour défendre les faibles, et sa volonté propre pour préserver ceux qu'il aime. Et ce potentiel, vous l'avez tous en vous. Reste à voir si vous avez le courage de le découvrir et de le développer. "


Le Sakurada laissa peser un long silence avant de faire disparaître le rongeur, et de s'éloigner lentement.

" - Vous pouvez partir en quête de gloire, de poisson, de richesse. Vous pouvez user de vos mots et de vos manigances pour atteindre les sommets. Mais aucun de ces moyens ne vous protègeront face à des ennemis qui eux-mêmes cherchent à protéger leur patrie. Ce sont les Ninjas qui se dresseront contre eux. Pour vous. "


Sur ces mots Kosei quitta les lieux. A la fois pour donner un coup de théâtre, et aussi pour fuir. Car il n'était pas du tout convaincu de sa prestation. Avait-il suscité des vocations ou simplement la peur chez des morveux ? Serait-il puni pour avoir usé de ses talents sur des jeunes ? Étaient-ils déjà en train de rire de lui ? Et les histoires … Kosei avait finalement oublié les histoires épiques. Une catastrophe. Si bien qu'il parti ruminer près de la zone de détention, loin des cohortes de civils. C'est uniquement vers la fin d'après-midi qu'il se décida à repointer le bout de son nez aux alentours de l'académie. Quitte à être réprimandé autant garder un minimum de dignité et présenter ses excuses de lui-même. Et le spectacle qu'il vit fit renaître un peu d'espoir dans le cœur du jeune Shinobi. Deux marmots étaient en train de jouer à se battre, devant un petit public constitué de leurs camarades.

" - BADABOOOOOM TECHNIQUE DU TONNERRE QUI FAIT BOOM. "


" - AH AH MON LAPIN NOIR ABSORBE TOUT TON BADABOOM ! "


… Hum. Les techniques du "Tonnerre qui fait boom", et du "Lapin Noir". S'il balançait ça à ses adversaires il les battrait à coup sûr : crise de fou rire garantie. Mais bon, en soit il avait au moins laissé une trace dans les esprits des peut-être futurs aspirants !
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